François Hollande peut gagner en 2017

Pour François Hollande, bashing et sondages prospèrent dans des gouffres abyssaux. Et pourtant, il croit encore à sa réélection, et il n'a pas complètement tort.

Il lui faudra d'abord atteindre le deuxième tour. Si la droite, à commencer par Alain Juppé, focalise trop tôt son artillerie lourde contre Marine Le Pen et si celle-ci ne sait pas renvoyer les balles, cet espoir est encore permis : on en reparlera.

Si deuxième tour il y a, il sera contre Alain Juppé : et, là, rien n'est joué. Alain Juppé va bien être obligé de préciser son programme, notamment à l'occasion des primaires. Sarkozy ne lui fera pas de cadeaux, qu'il se présente ou par personne interposée.

Suppression de l'ISF, retour aux 39 heures, retraite à 65 ans, suppression du statut de fonctionnaire "à vie" pour les employés des collectivités territoriales, "cadeaux au patronat", diminution du nombre de fonctionnaires, pouvoirs accrus pour les chefs d'établissements scolaires, etc. La coupe peut déborder et inciter les partisans du FN à se réfugier dans l'abstention.

Or, le clivage gauche-droite est encore puissant. De plus, même si François Hollande ne sait pas piloter un bateau comme la France, il sait parfaitement manoeuvrer un pédalo et cela peut suffire. Son programme est désormais à peu près limpide.

Affirmer qu'il a bien rempli son contrat et que la France va mieux en 2017 qu'en 2012. Rappeler que toutes ses décisions ont été celles d'un homme de gauche. Aller au plus près du centre mais sans rebuter la gauche. Faire semblant d'avoir une politique économique cohérente, même si celle-ci est, de fait, illisible et chaotique. Expliquer qu'il n'est pas responsable des blocages de la gauche de la gauche.

Faire vibrer la fibre "socialiste" et la flamme patriotique ; les anniversaires seront au rendez-vous : naissance de François Mitterrand, 13 novembre.

Distribuer les sucettes électorales : toutes les catégories de Français, sauf les supposés "riches", auront leur cadeau de Noël. Et, par-dessus tout, des promesses mirifiques pour 2018, promesses qui seront suffisamment engagées pour que leur suppression fasse très mal.

Enfin, il y a toujours la part du hasard. Un redressement économique de l'Europe avec quelques miettes pour la France. Un engagement militaire opportun. Un attentat permettant une réaction fédératrice. Une vente d'armes spectaculaire.

Ce qui, aujourd'hui, n'est pas encore une bouée de sauvetage  aura un tout autre impact  quand il suffira de prouver qu'on est moins mauvais que l'autre.

En vidéo sur le même thème : Présidentielle de 2017 : quand François Hollande ironise sur son éventuelle réélection 

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