François Hollande en 2016

Que va faire Hollande en 2016 ? Préparer l'élection présidentielle de 2017. Ce n'est qu'au début de 2017 qu'il jettera l'éponge s'il constate qu'il n'a aucune chance d'atteindre le second tour. Dans ce cas, il aura tout intérêt à préserver son capital de leader international reconnu : il pourra encore se représenter en 2022. Il ne serait, alors, pas impossible que Ségolène Royal remporte la primaire à gauche.

D'ici là, François Hollande va-t-il engager les réformes structurelles profondes dont la France a besoin ? Certainement pas pour trois raisons. D'abord, ce n'est pas du tout dans son tempérament. Ensuite, de telles réformes sont nécessairement impopulaires auprès d'une partie de la population. Enfin, de telles réformes ne portent leurs fruits qu'au bout de plusieurs années.

Va-t-il abuser des babioles et autres sucettes électorales ? Evidemment. Quelques gadgets pour les naïfs de la droite. Redisons, par exemple, que l'envoi du porte-avions Charles de Gaulle en face de la Syrie était militairement parfaitement inutile. Par contre, cela lui a permis d'effectuer une visite spectaculaire juste avant le premier tour des régionales. Coup de génie, machiavélisme ou cynisme à l'état pur ? à chacun de choisir selon son humeur. Sur le plan idéologique, cautionner la "déchéance nationale", techniquement parfaitement inutile, est un signe fort. Cela m'étonnerait qu'il s'agisse d'un "lapsus" : Hollande est un trop vieux routier pour cela. Même sur ce plan, Hollande prend le vent des sondages et vire partiellement à droite. Mais il n'oublie pas la gauche. Les hommages appuyés à François Mitterrand, puis à Charlie Hebdo, sont difficilement critiquables et électoralement rentables.

Sur le plan économique, François Hollande va sûrement octroyer quelques rallonges budgétaires aux chômeurs, aux revenus modestes et aux étrangers. Mais il est probable que François Hollande gardera le "cap Macron", c'est-à-dire un soutien mesuré du grand patronat : celui-ci est trop bien organisé pour qu'il soit opportun de l'affronter. Par contre, on l'a dit récemment, il ne prend aucun risque en écrasant un peu plus les patrons de PME : ceux-ci ne votent pas pour lui. Il en va de même des retraités des professions indépendantes : il lui suffit de ponctionner l'AGIRC et l'ARCCO.

Quant au chômage, il saura trouver des artifices et des écrans de fumée pour essayer de masquer le désastre et faire miroiter des fausses solutions "miraculeuses". Enfin, la lutte contre l'insécurité lui a donné la clef du coffre pour aggraver dramatiquement la dette. Soyons honnête, Nicolas Sarkozy avait pris le prétexte de la "crise" pour justifier exactement la même dérive. 

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