Marine Le Pen, entre autres analyses de la décrépitude de l’équipe de football nationale, en est allé de sa propre explication : selon elle, de tels résultats sont majoritairement dus à l’"ultralibéralisme" appliqué dans le monde du ballon rond, ainsi qu’à un manque criant de motivation de la part des joueurs, qu’elle attribue à un manque de patriotisme mêlé à un criant appât du gain. 

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Même au sujet du ballon rond, Marine Le Pen n’arrondit pas les angles. Suite à la défaite (2-0) de l’équipe de France la semaine dernière face à l’Ukraine, et la veille du match retour qui se verra décisif pour la participation des Bleus au Mondial l’été prochain au Brésil, la présidente du Front National a proposé son analyse de ces mauvais résultats successifs à l’antenne de LCI et Radio Classique.

"Une structure uniquement pour faire de l’argent."

La première raison notoire, selon la politicienne, est celle de l’application d’un schéma économique ultralibéral au sein du monde du Football : "On a voulu faire du football une structure uniquement pour faire de l’argent (…). On a libéralisé les quotas de joueurs étrangers (…). Il faudrait bloquer la masse salariale dans les clubs de football."  Des assertions semblant peu cohérentes avec le thématique du football national. En effet, chacun des membres composant l’équipe de France possèdent la nationalité française, ainsi n’est-il nullement question, ici, de joueurs étrangers ou de quelconque "quotas". Par ailleurs, l’argent n’a que peu de place au sein du football national, puisque les joueurs, lorsqu’ils officient sous les couleurs tricolores, ne touchent que des indemnités. Prenez garde, Madame Le Pen, à ne pas faire feu de toute Flamme.

"La faute de l'équipe de France"

Alors qu’Olivier Giroud s’est déclaré, hier, prêt à "mourir sur le terrain" (voir la vidéo ci-dessous) mardi afin de voir triompher son équipe, les joueurs tricolores, selon Marine Le Pen, sont "mal élevés, ne suscitent pas la fierté nationale, et d’ailleurs se moquent manifestement du fait de représenter la France." Et la politicienne d’insister sur une "vraie rupture avec le peuple français", arguant qu’"une équipe ne peut être poussée uniquement par l’appât du gain ou par l’égo des individualités, il faut qu’elle soit portée par tout un peuple."

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Seulement, alors que la chef du FN considère que cette décrépitude est entièrement de "la faute de l’équipe de France", qui serait, finalement, le plus à l’origine de ce présupposé manque de soutien de la part du "peuple" ? Une équipe qui, malgré des écueils structurels et internes évidents, se bat inlassablement sur le terrain pour voir triompher les couleurs nationales, ou la politicienne qui, avec force amalgames, sous-entend erronément l’illégitimité des joueurs sélectionnés au nom de leur non-appartenance à la nationalité française ? 

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