En quête de financement pour la campagne présidentielle de 2017, le parti de Marine Le Pen lorgne de plus en plus sur les pétrodollars des Emirats... mais refuse de faire affaire avec le Qatar.

Comme auparavant, le Front national a toujours des difficultés pour trouver un financement conséquent à l'approche d'élections. Et ce, même si les comptes du parti sont assainis. Pour l'instant, Marine Le Pen peut compter sur 4 à 6 millions d'euros pour faire campagne, mais il lui faudrait deux voire trois fois plus.

Invité lundi sur LCI, le bras droit de la présidente, Florian Philippot, a déclaré : "Je pense que l'on va régler le problème", reformulant le regret que "les banques françaises ne pêtent pas". Le FN est régulièrement confronté à ce souci, et avait été obligé de recourir à des emprunts russes en 2014. Mais selon Médiapart, le filon russe se tarissant, FN aurait désormais les yeux braqués vers les Emirats arabes unis.

"S'l faut aller emprunter à l'étranger, nous irons"

"S'il faut aller emprunter à l'étranger, nous irons emprunter à l'étranger, il n'y a aucune exclusive à ça. Que ce soit en Russie en Argentine ou aux États-Unis. Et pourquoi pas au Moyen-Orient", confirmait sur France 3 Wallerand de Saint-Just, trésorier du FN, le 18 septembre dernier. "On cherche “worldwide”, partout sauf en France étant donné le refus des banques ici", a renchéri l'eurodéputé Bernard Monot, l'un des économistes du parti frontiste, auprès de Mediapart. "On a mis une douzaine de lignes à l'eau qu'on peut actionner. Nous cherchons à l'ouest - zone dollar et zone euro -, on a aussi des pistes au Moyen-Orient", a-t-il ajouté.

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Cette piste au Moyen-Orient avait déjà été tentée en 2014, avec des négociations pour un emprunt avec un taux de 2,8 %, "mais cela ne s'est pas fait le jour de la signature, en février 2014", a fait savoir le député Rassemblement Bleu Marine (RBM) Jean-Luc Schaffhauser. Le FN sétait donc finalement tourné vers des établissements russes.

Un voyage en Egypte en 2015

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Selon Médiapart, le FN maintien depuis ce jour des relations cordiales avec les Emirats arabes unis, présenté comme des adversaires du fondamentalisme, contrairement au Qatar, accusé de financer secrètement le djihadisme et les Frères musulmans. En mai 2015, Marine Le Pen s'était rendu en Egypte, faisant à cette occasion un éloge du président al-Sissi, adversaire des Frères musulmans. Selon les journalistes Christian Chesnot et Georges Malbrunot, qui viennent de sortir Nos très cher émirs, ce voyage égyptien aurait été financé par des fonds émiratis. "C'est inexact", a répondu laconiquement Nicolas Bay, le secrétaire général du FN, sur France 2 lundi.

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