Alors que François Hollande s’était engagé pendant sa campagne à composer un gouvernement paritaire, il semblerait que les femmes éprouvent encore quelques difficultés à s’imposer au même niveau que les hommes. La faute à un manque de considération ? Eléments de réponse avec Réjane Sénac, chercheure CNRS au Centre de recherches politiques de Sciences Po - CEVIPOF, Isabelle Bruneau, députée PS de l'Indre et Marie-Christine Dalloz, députée UMP du Jura.

 

Comment les femmes sont-elles perçues au sein de l’hémicycle ?

 

Réjane Sénac : "Les analyses du traitement médiatique des femmes et des hommes politiques soulignent une asymétrie dans l’articulation entre sphère privée et sphère publique. Les femmes sont ainsi jugées au sein de l’hémicycle, qu’elles soient députées ou ministres, selon des critères sexués traditionnels, en particulier ceux liés à leur apparence. Le fait que certains députés UMP aient hué la ministre du Logement, Cécile Duflot, lors d’une séance de question au gouvernement le 17 juillet 2012 alors qu’elle portait une robe blanche à motifs bleus illustre le caractère décalé, voire incongru, de la féminité dans cette arène républicaine.  Les femmes politiques sont encore perçues comme des femmes en politique. 

Isabelle Bruneau : Je n’ai pas une impression de sexisme en particulier. Je ressens cependant parfois un certain machisme, mais davantage en circonscription qu’au sein-même de l’hémicycle. D’une manière générale, je ne me sens pas en position d’infériorité par rapport à mes collègues masculins car de toute façon je n’ai pas à le faire. Les femmes n’ont rien à prouver intellectuellement.

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Marie-Christine Dalloz : Personnellement, je n’ai aucun problème de relationnel, de crédibilité ou de positionnement avec mes collègues masculins. J’ai le sentiment d’avoir ma place et je considère que l’on est reconnu avant tout par son travail. Dans l’hémicycle, tout comme dans une entreprise, on réussi à être entendu et respecté en défendant ses positions avec des arguments solides.