Trois déplacements effectués par Nicolas Sarkozy et payés par la société de son ami, Stéphane Courbit, font l’objet d’une enquête.

L’affaire, révélée par Le Monde il y a six mois, fait l’objet d’une information judiciaire pour abus de biens sociaux, complicité et recel. Le parquet de Paris a ouvert le 19 décembre une enquête concernant trois voyages de Nicolas Sarkozy en jet privé pris en charge par Lov Group, la société de son ami Stéphane Courbit.

Dans le cadre d’une enquête appelée Air Cocaïne, une juge marseillaise s’était intéressée à un trafic de stupéfiants entre la République Dominicaine et la France impliquant la société de transports aériens, SNTHS. Cette société dirigée par Pierre-Marc Dreyfus a affrété les trois vols de Nicolas Sarkozy.

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Trois voyages sont au cœur de l’enquête : Le premier déplacement concerné: Le Bourget-Doha. Nicolas Sarkozy avait été invité dans la capitale du Qatar du 9 au 11 décembre 2012 pour participer au Forum mondial du sport. Le tarif de ce vol serait de 102 000 euros.

Le second voyage mis en cause: Le Bourget-Teterboro (New York). L’ancien président a effectué cet aller-retour du 30 au 3 février en compagnie de son épouse, Carla Bruni. Il aurait coûté 95 000 euros.

Et enfin, le troisième vol: Le Bourget-Abou Dhabi. Sarkozy était invité à donner une conférence les 26 et 27 février 2013, aux Emirats arabes unis dans le cadre du Global Financial Markets Forum, organisé par la banque nationale d’Abou Dhabi. Son prix serait de 104 000 euros.

Ces trois déplacements ont été pris en charge par Lov Group, la société de Stéphane Courbit. Son avocat, Maître Christophe Ingrain, confirme ses vols mais nie toute irrégularité.

Création d’un fonds d’investissement

Il s’agirait selon lui d’un projet de "création d’un fonds d’investissement dans lequel l’ancien président aurait été impliqué". Mais ce projet avait été abandonné après la mise en examen pour abus de faiblesse de M. Courbit dans l’affaire Bettencourt, avait confié l’avocat.  

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En effet, Stéphane Courbit fait partie des dix prévenus soupçonnés d’abus de faiblesse auprès de Liliane Bettencourt. La milliardaire a investi 143 millions d’euros dans sa société de jeux en ligne. L’ancien président de la République a bénéficié d’un non-lieu dans cette affaire. L’enquête sur les vols s’ajoute aux différentes affaires qui embarrassent l’ancien chef d’Etat.

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