Le ministre de l'Economie a décidé mardi de quitter ses fonctions. François Hollande aurait tout fait pour le garder encore un peu sous ses ordres.

Après des mois et des mois d'atermoiements, Emmanuel Macron a officialisé mardi son départ du gouvernement. Après une première annonce aux alentours de midi, le désormais ex-ministre de l'Economie est allé remettre sa lettre de démission vers 15 heures à François Hollande, qui l'a acceptée.

Selon RTL, Emmanuel Macron aurait rencontré le président la veille pour parler de sa démission. Selon le magazine Challenges, "François Hollande a essayé de retarder le départ de son ministre et lui a demandé de déclarer qu'il le soutiendrait pour 2017". Mais Emmanuel Macron, qui a lancé son mouvement politique "En Marche" en avril, aurait décliné cette dernière option.

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Selon BFMtv, qui s'appuie sur les déclarations de proches de François Hollande, le président ne pensait pas jusqu'à mardi matin que son ministre allait franchir le rubicon et démissionner. "Il ne pensait pas que son 'enfant' allait grandir aussi vite", a rapporté un proche du président à la chaîne d'informations.

Un départ précipité

Le départ du gouvernement de l'ancien banquier aurait été accéléré suite à la "multiplication des provocations" du ministre de l'Économie, telles que la déclaration sur le fait qu'il ne soit pas socialiste et l'agacement du président de la République. Une autre hypothèse présiderait :  le fait que le locataire de Bercy soit frustré de ne pouvoir s'exprimer que sur son ministère et non pas sur "les thèmes 'régaliens' qui font l'essentiel du débat aujourd'hui", note Challenges.

"Je me refuse cette fatalité !"

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Mais selon Le Figaro, Emmanuel Macron aurait clairement envisagé son départ il y a une semaine. Lors d'un déjeuner avec ses proches le 24 août, celui qui était alors ministre leur aurait dit : "Vous le saurez vite. je vais poser la question à François Hollande. Si je peux continuer à m'exprimer et dérouler mes idées en restant au gouvernement, je resterai. Si je dois rester silencieux, j'en tirerai les conclusions. On ne sait pas ce que Hollande va faire en 2017. Mais dans le cas de figure où il ne serait pas candidat, je ne peux pas attendre décembre ! Tout le monde se prépare à la fatalité d'une défaite élégante. Je me refuse cette fatalité !". 

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