Les musulmans se sont détournés du vote socialiste depuis l’élection de François Hollande en 2012. Un détournement qui laisse le champ libre aux autres partis pour les élections régionales de 2015.

Alors que les élections régionales auront lieu les 6 et 13 décembre prochains, les différents partis politiques sont plus jamais sur le pied de guerre. Avec une communauté estimée à plus de 5 millions de Français, le vote des musulmans pourrait être déterminant quant à l’issue de la bataille politique qui s’engage. Les candidats affiliés aux trois partis dominants le savent bien et tentent donc de séduire cet électorat qui est loin d’être aussi homogène qu’ils le souhaiteraient et qui est souvent associé aux banlieues.

Le Front national

Si le "verrou" du vote Front national cède peu à peu chez les électeurs juifs, c’est loin d’être le cas pour les musulmans, a détaillé Jérôme Fourquet, le directeur du département opinion publique à l’IFOP, dans un article publié sur Slate en septembre dernier. En effet, d’après lui, "l’électorat musulman demeure très réfractaire au vote frontiste". Pour contrer ce phénomène, le FN mise sur de nouvelles méthodes de communication. "Musulman peut-être, mais Français d’abord", peut-on ainsi lire sur certains tracts distribués aux habitants des quartiers sensibles, tandis que Kelly Betesh, la nouvelle égérie du parti, pose sur les affiches électorales placardées en banlieue. "Choisissez votre banlieue. Votez Front !", indique l’une d’entre elles qui oppose deux femmes, l’une portant un niqab, et l’autre dont les joues sont colorées de bleu, blanc et rouge. Si le parti cible directement les musulmans, son discours reste le même. "Le FN est tellement bas dans les quartiers sensibles qu'il ne peut que progresser", avait déjà expliqué à Planet.fr Gaël Sliman de l'institut Odoxa.

Le Parti socialiste

Comme l’a récemment souligné une étude réalisée pour la Fondation Jean Jaurès, l’électorat "musulman" s’est largement détourné du PS depuis l’élection de François Hollande. En cause : les conditions de vie qui ne se sont pas vraiment améliorées depuis que celui-ci a pris les rênes du pouvoir. Toutefois, les socialistes chercheraient à renouer avec cette frange de la population. La visite de François Hollande à La Courneuve (Seine-Saint-Denis) illustre cette tendance, même si celle-ci s’est soldée par les huées de la population. Aussi, à l’approche des élections régionales, les socialistes insistent plus que jamais sur l’importance de combattre le FN. Une sonnette d'alarme qui ne marche plus aussi bien que lors du duel Chirac-Le Pen en 2002. "Pour que le chiffon rouge fasse son effet, il faut que la menace soit réelle, qu'il y ait une probabilité importante que la personnalité ressentie comme menaçante arrive au pouvoir", a développé pour Atlantico Jérôme Fourquet.

Les Républicains

Le détachement des musulmans envers le Parti socialiste pourrait profiter aux Républicains. Problème, le parti est divisé entre une aile dure et une aile modérée. Comme le soulignait récemment le JDD, Nicolas Sarkozy a durci son discours envers l’islam, ce qui n’a pas pour effet d’attirer les électeurs musulmans. "L’électorat musulman comprend beaucoup de membres de la classe moyenne pour qui l'ascenseur social a fonctionné. Certaines valeurs qu'Alain Juppé porte, comme le mérite ou la responsabilité individuelle, peuvent les séduire", a néanmoins affirmé au journal Jérôme Fourquet.

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L’institut Ipsos a récemment prédit une abstention record de 60% lors du premier tour des élections régionales. A l’image de l’ensemble de la population, le "vote musulman" pourrait également se diriger vers cette tendance.

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