L'UMP sort grande perdante de cette législative partielle qui voit les candidats du Front national et du PS se qualifier pour le second tour. Plus de détails.

Ce dimanche, les électeurs de la quatrième circonscription du Doubs étaient invités à désigner le successeur de Pierre Moscovici qui avait dû quitter l’Assemblée nationale pour son poste de Commissaire européen aux Affaires économiques et financières. À l’issue du premier tour de cette législative partielle, c’est la candidate Front National Sophie Montel qui est arrivée en tête (32.60%) devant Frédéric Barbier pour le PS (28.85%) et Charles Demouge pour l’UMP (26.54%). Ce dernier n’a donc pas réussi à se maintenir au second tour.

L’UMP dans l’embarras

Même si les cadres de l’UMP cherchent ce lundi à minimiser cet échec, c’est bien un sentiment d’amertume qui se dégage dans les rangs de l’opposition. Et pour cause, nombre d’observateurs s’attendaient à voir un duel FN/UMP au second tour avant ce dimanche. Par ailleurs, les ténors de la rue Vaugirard misaient surtout sur un "effet Sarkozy" pour rafler cette circonscription très ancrée à gauche. En vain.

Ce faisant, tous les regards se tournent aujourd'hui vers l’ex-chef de l’Etat. "Ce résultat traduit à la fois une défaite pour Nicolas Sarkozy et la difficulté pour l’UMP de se positionner après les attentats" a expliqué à France Tv Info Martial Foucault, directeur du Cevipof (Centre de recherches politiques de Sciences Po). Le parti d’opposition se retrouve désormais face à un dilemme : faire perdurer l’esprit du 11 janvier en appelant au Front républicain (et donc à voter PS) ou choisir la stratégie du "ni-ni", délicate à tenir en cette période post attentats.

Et à n’en pas douter, l’UMP est déjà fortement divisée sur cette question. Des personnalités comme Nathalie Koscisusko-Morizet et Dominique Bussereau plaident pour faire barrage au FN quand d’autres cadres comme Thierry Mariani appellent à ne pas prendre position. Un casse-tête sur lequel Nicolas Sarkozy devra statuer mardi 3 février, après la réunion du bureau politique de l’UMP.

Un duel PS/FN

Le Front national poursuit sa progression et confirme les scores réalisés lors des derniers rendez-vous électoraux. En 2012, le parti de Marine Le Pen avait récolté 23.87% des voix contre 32.60% ce dimanche. Ainsi, les cadres Frontistes ont salué cette nette progression et n’ont pas manqué de railler la disqualification de l’UMP. En revanche, si le FN est sorti en tête de ce premier tour, rien n’est encore gagné au vu de la dynamique positive observée pour le PS.

Pour la première fois depuis les législatives de 2012, le Parti socialiste pourrait ne pas perdre un siège qui lui était acquis. Même si les résultats dans cette circonscription ont considérablement baissé (28.85% contre 40.81 en 2012), le parti au pouvoir semble bénéficier du regain de popularité observé pour l’exécutif.

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En outre, le candidat socialiste pourrait profiter d’un éventuel report des voix UMP sur sa candidature, les ténors du PS appelant les "républicains" à la responsabilité surtout depuis la position controversée du FN lors des attentats. Par ailleurs, de nombreux responsables de droite et du centre ont pris position en faveur de Frédéric Barbier.

 Rien n’est encore joué donc dans cette quatrième circonscription du Doubs.