Invité d'honneur au dîner du Crif organisé ce lundi, François Hollande en a profité pour rassurer la communauté juive et annoncer des mesures exceptionnelles.

C'est avec un ton grave que François Hollande a pris la parole au dîner du Crif dont il était l'invité d'honneur. S'il intervenait alors que le président du Conseil, Roger Cukierman, avait créé un malaise plus tôt sur Europe 1, le chef de l’État n'a pas abordé la polémique. Il a en revanche fait une série d'annonces en réaction aux récents actes antisémites.

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L'antisémitisme, "c'est comme la lèpre"Le chef de l'Etat a attaqué de manière frontale l'antisémitisme. Affirmant qu'il n'en existait pas "d'ordinaire", le président y est allé de sa petite métaphore : "c'est comme la lèpre qui revient toujours quand les civilisations croient s'en être débarrassé".

"Les juifs sont chez eux en France"Le président de la République a également tenu à rassurer la communauté juive. Récemment cible de la prise d'otage de Vincennes et de la profanation d'un cimetière de leur confession, les juifs ont été appelés à rester en France. "Les juifs sont chez eux en France, ce sont les antisémites qui n'ont pas leur place dans la République", a déclaré François Hollande.

Des "sanctions plus rapides et plus efficaces"A circonstances exceptionnelles, mesures exceptionnelles. L'invité d'honneur du dîner a annoncé la présentation d'un projet de loi sur le renseignement le 18 mars au Conseil des ministres. Une loi pour "élever notre niveau d'intervention sans remettre en cause nos libertés". Il a également annoncé des "sanctions plus rapides et plus efficaces" contre les "propos de haine". "J'ai souhaité que ces propos ne relèvent plus du droit de la presse mais du droit pénal", a précisé le président de la République.

Sur Internet, "l'indifférence devient complicité"Le chef de l’État a aussi souhaité s'adresser aux géants d'Internet. En partie responsables de la diffusion des vidéos de l’État islamique, les sites ont été appelés à la "responsabilité" par François Hollande. "L'indifférence devient complicité", a fustigé le président.

Pour lutter contre le terrorisme, il faut "faire plus d'Europe"François Hollande a par ailleurs sollicité ses semblables européens. Souhaitant voir le fichier commun (PNR) pour "contrôler les passagers aériens qui se rendent dans les zones dangereuses" renforcé. Contrairement à ceux qui souhaiterait quitter l'espace Schengen, le président a affirmé : "il ne faut pas moins d'Europe pour être efficace contre le terrorisme, mais faire plus d'Europe".

"Français de souche"

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Hormis ces quelques mesures annoncées par le chef de l’État, ce dernier a désigné les "Français de souche" pour désigner ceux qui ont vandalisé le cimetière juif de Sarre-Union. "Un cimetière dévasté par de jeunes lycéens, Français de souche comme on dit", a déclaré le président. Une expression qui fait déjà polémique quand on sait qu'elle est surtout employée par l'extrême droite.

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