Les élections départementales se tiendront bien les 22 et 29 mars mais les prérogatives des conseillers départementaux ne seront pas déterminées à temps. Les Français devront donc voter sans connaître précisément les compétences de leurs candidats...

En voilà un paradoxe assez cocasse. Les élections départementales, remplaçantes des cantonales depuis le lancement de la grande réforme territoriale, ne sont pas tout à fait au point. Si l'on connaît le mode de scrutin ou la nouvelle carte des cantons, une chose essentielle reste inconnue : les compétences des conseils départementaux. En clair, quelles missions accompliront les élus. Un détail qui n'en est pas un, à 10 jours des élections.

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Quel sera le rôle de nos élus ?

Toujours en discussion au Parlement, les prérogatives dont seront dotés les élus de la fin du mois ne sont pas encore fixées, elles ne le seront d'ailleurs pas en temps et en heure. En effet, avant la réforme, les missions du conseil général (maintenant appelé conseil départemental) étaient nombreuses. Gestion des collèges, des transports scolaires ou encore prérogatives en matière d'action sociale, les élus étaient compétents dans un large domaine. Seulement, depuis le lancement de la réforme territoriale, les missions ont changé. A priori pas dérangeant puisque c'est le but affiché de la réforme, cela l'est plus quand elles ne sont toujours pas confirmées. Si l'Assemblée nationale a finalement voté le texte ce mardi, le cheminement parlementaire n'est pas terminé puisque la loi doit être soumise au Sénat.

Quoi qu'il en soit, ce texte fait perdre à la collectivité la gestion des transports ainsi que la clause de compétence générale qui lui permettait d'intervenir dans tous les domaines concernant son territoire. La situation est si burlesque que dans un document adressé à ses candidats et relevé par Francetvinfo, Europe Ecologie-Les Verts affirme que "proposer des éléments programmatiques à défendre à cette occasion n'a pas été simple".

Tout et son contraire

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Dans le numéro de ce mercredi, Le Canard Enchaîné souligne cette situation grotesque. Plus encore, il met en lumière les nombreuses contradictions qui entourent ces élections. Outre la confusion qui règne entre tous ces termes : tantôt cantonal, tantôt général et maintenant départemental, c'est le nom donné à ces élections qui fait causer l'hebdomadaire. Quand on sait qu'il y a un an à peine, Manuel Valls prévoyait de supprimer les départements, le terme semble peu pertinent. Ensuite, si les conseillers départementaux pourront gérer les établissements scolaires, ils ne pourront pas s'occuper des transports scolaires... Allez savoir. Aussi, le fameux duo homme-femme pour qui l'on votera ne sera pas tenu de converger vers le même point. Les deux candidats pourront exercer leur mandat de manière indépendante. Enfin, les collectivités en question seront peut-être amenées à disparaître. "Le scrutin cantonal battait des records d'abstention, sûr que la nouvelle élection départementale va tout changer", affirme l'hebdomadaire, non sans ironie.

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