Un document publié en 2013, soit un an après les faits présumés, fait état "d’importantes sommes d’argent" proposées aux victimes de harcèlement sexuel au sein du parti écologiste.

Le site Médiapart et la radio France Inter ont publié lundi les témoignages de nombreuses élues se disant victimes de harcèlements voire d’agressions sexuels de la part de Denis Baupin, député (ex-EELV) de Paris.

Les faits se seraient déroulés entre 2011 et 2012. A cette époque, celui qui n’était pas encore marié à Emmanuelle Cosse aurait envoyé des textos lubriques à plusieurs conseillères de son parti, allant même jusqu’à user de sa supériorité. "Il m’a plaquée contre le mur en me tenant par la poitrine, et a cherché à m’embrasser. Je l’ai repoussé violemment ", raconte l’une ; "J’ai reçu une centaine de messages. Du type : 'Je suis dans un train et j’aimerais te sodomiser en cuissardes'", se souvient une autre ; "J’étais seule avec Denis. Il s’est mis à me courir après autour du bureau", explique une autre.

Un document évoque un "DSK des Verts"

Si aujourd’hui les faits mentionnés sont prescrits, se pose néanmoins la question de savoir pourquoi ces femmes n’ont pas osé porter plainte. Ont-elles subi des menaces en interne ?

Un document, cité dans l’enquête de Médiapart, évoque un "DSK des Verts" qui se livrerait à du harcèlement sexuel "depuis plusieurs années" et "qui aurait même suscité l’intervention d’une dirigeante proposant d’importantes sommes d’argent aux salariées du siège harcelées afin qu’elles ne déposent pas plainte."

Emmanuelle Cosse a-t-elle tenté d’étouffer l’affaire ?

Sur RMC, lundi, l’élu EELV Yves Contassot a accusé Emmanuelle Cosse, ancienne patronne du parti écologiste et femme de Denis Baupin, d’avoir étouffé l’affaire. "Quand il y a eu des allusions à ça, assez récemment lors d'un conseil fédéral, à la surprise générale, la personne qui est montée à la tribune pour demander qu'on arrête de discuter de ça, c'est sa compagne, c'est Emma(nuelle) Cosse qui a dit : 'stop, j'ai interdit qu'on poursuive ce débat. On réglera ça ailleurs et dans d'autres conditions', raconte-t-il. Et là je dois dire qu'il y a eu une sorte de stupéfaction parce que même si le nom de Denis n'était pas évoqué, tout le monde se disait 'c'est possible qu'il soit implicitement dans les cas qui étaient évoqués'. On parlait de harcèlement, de viols, etc".

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Interrogée ce matin sur France Info, Emmanuelle Cosse a dit avoir "appris comme vous hier ces accusations. Si ces faits sont avérés, il faut que ce soit réglé devant la justice et si ça n'est pas le cas aussi". En tant que secrétaire d'Europe Ecologie-Les Verts, "je n'ai jamais été saisie de signalement sur des faits de harcèlement ou d'agression", a poursuivi Emmanuelle Cosse. "Je fais la part des choses entre ce qui peut concerner mon conjoint et ce qui me concerne moi", a-t-elle également déclaré, ajoutant qu'elle est "une femme engagée" qui n'a "jamais transigé avec ces choses-là."

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