Après l’arrivée remarquée du parti de Marine Le Pen à Science Po, c’est autour d’une association anticorruption de donner des gages de respectabilité au Front national.

La dédiabolisation du Front national a encore monté d’un cran ces derniers jours, après l’étape importante dans l’histoire du parti frontiste quand son leader historique, Jean-Marie Le Pen, en a été évincé.

Cette fois-ci, c’est Anticor qui donne des gages de respectabilité au Front national. Cette association, qui lutte contre la corruption et souhaite favoriser la transparence dans la vie publique, vient d’autoriser les candidats FN à signer sa charte éthique pour les élections futures. En 2012, l’association avait écrit à tous les candidats à l’élection présidentielle sauf Marine Le Pen.

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"Aujourd’hui, les digues ont sauté"

Mais dorénavant, Anticor juge que le parti a "suffisamment changé, comme en témoigne la récente exclusion de Jean-Marie Le Pen." Auprès de RTL, Jean-Christophe Picard, le président de l’association, s’en est expliqué. "Aujourd'hui, les digues ont sauté, pense-t-il. Le FN de Jean-Marie Le Pen n'est pas celui de Marine Le Pen et dans le paysage politique, les propos du FN sont loin d'être les pires. Il suffit d'écouter certains comme Nadine Morano ou encore Robert Ménard..." Du côté du Front national, on se réjouit : "C'est une bonne nouvelle que le FN soit considéré, c'est tant mieux. Cela ne fait qu'acter ce que les Français ont déjà compris depuis longtemps.", a réagi Florian Philippot.

De la fin du "Front républicain" à l’arrivée à Science Po

La semaine dernière, un autre évènement avait donné le sourire au numéro 2 du Front national : la création d’une association FN au sein de la célèbre école Sciences Po à Paris. Jusque-là persona non grata à l’école, comme en témoigne les arrivées chahutées de Marine Le Pen, le parti frontiste a fait une arrivée remarquée en obtenant le nombre de voix nécessaires à la création de l’association plus vite que le PS, mais derrière Les Républicains. "C'est un tremblement de terre dans ce qui fut longtemps un temple de la pensée unique qu'on pensait inamovible.", a commenté Florian Philippot auprès du Lab.

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Enfin, en septembre, le dernier grand "cordon sanitaire" autour du FN a sauté. Le Parti socialiste et Les Républicains ayant acté la fin du "Front républicain", stratégie où chacun des partis se désistait au profit de l’autre pour faire battre le FN au second tour d’une élection. Le PS motivant cette disparition par les "déclarations extrémistes" de certains membres de droite. Les Républicains, eux, avaient déjà enterré le "Front républicain" en préférant la stratégie du "Ni-Ni", ni PS ni FN.

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