Alors qu’il vient de s’opposer à la levée de l’immunité parlementaire de Serge Dassault, pourtant dans le viseur de la justice dans le cadre d’une enquête sur des achats de votes, les voix s’interrogeant sur la réelle utilité du Sénat dans la vie politique française se font de plus en plus nombreuses.

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Faut-il supprimer le Sénat ? La deuxième chambre parlementaire a-t-elle encore son utilité ? C’est, en substance, la question que se posent de plus en plus d’observateurs, à l’instar de Marine Le Pen qui demande purement et simplement la suppression de la chambre haute du Parlement. L’affaire Serge Dassault a en effet remis le Sénat sous les feux des projecteurs ces derniers jours.

Le Sénat sous le feu des critiquesLe sénateur de l’Essonne, au cœur d’une enquête pour des achats de votes lors des élections municipales de Corbeil-Essonnes, a, diront certains, bénéficié de la clémence de ses pairs, puisque le Sénat a refusé mercredi de lever son immunitaire parlementaire. Celui-ci ne devrait donc pas être inquiété par la justice, alors que de très sérieux soupçons pèsent sur lui. De même que sur le Sénat, dont le mode de fonctionnement, notamment le vote à bulletin secret, est remis en cause. Cette décision donne une « image déplorable de la politique et du Sénat » a ainsi estimé ce jeudi Jean-Vincent Placé, président du groupe écologiste au Sénat.

« Le Sénat est une anomalie démocratique »D’autres, à l’image de Lionel Jospin en 1998 qui estimait que « le Sénat est une anomalie démocratique », se demandent donc s’il a toujours son utilité au niveau législatif. « Dans des temps extrêmement difficiles, où il y a une inflation d'élus, je ne vois pas bien à quoi il sert aujourd'hui » a ainsi déclaré Marine Le Pen sur LCI, citant l’exemple de la Suède qui a supprimé sa deuxième chambre.

Une chambre de sagesCréé pour tempérer les décisions prises par l’Assemblée nationale, une chambre qui, de manière simplifiée, donne le pouvoir au peuple et souffre donc d’une réputation d’agitée, le Sénat est censé porter un regard plus sage sur les textes de loi débattus et votés. C’est pour cela qu’a été créée la navette législative, afin que les sénateurs puissent amender, pour les améliorer, les futures lois. Mais dans les faits, c’est l’Assemblée nationale qui a le dernier mot.

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Le Sénat, une instance à supprimer ?Le Sénat souffre également parfois, voire souvent, d’une mauvaise réputation. Trop vieux, pas assez impliqués ni assez représentatifs, les sénateurs sont perçus comme des élus qui viennent profiter de la cantine et faire la sieste sous les ors de la République. Si le général de Gaulle avait tenté de le faire disparaître en 1969, la question ne semble pas, là, à l’ordre du jour. Reste que quelques améliorations ne seraient sans doute pas du luxe pour éviter que le Sénat ne croule sous le poids des critiques. « Quand je vois les retombées de cette décision et le débat qu'elle suscite, les suspicions sur le vote des uns et des autres, je m'interroge, en tant que président du Sénat, sur la pertinence du vote à bulletin secret lorsque le Bureau se prononce sur une demande de levée de l'immunité parlementaire » a lui-même déclaré Jean-Pierre Bel. Une mesure à laquelle Jean-Marc Ayrault s’est également déclaré favorable.

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