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Le Danemark est-il le Cheval de Troie d'un durcissement des politiques d'asile en Europe ? D'autres pourraient suivre mais si le pays a pu faire passer ce texte, c'est notamment parce qu'il bénéficie d'une clause dérogatoire en ce qui concerne la politique d'asile européenne. Il n'empêche, ces mesures ont un retentissement très fort, surtout celle qui consiste à confisquer aux migrants l'argent liquide et les effets personnels lorsque leurs valeurs respectives dépassent les 10 000 couronnes danoises, 1 340 euros. Le projet initial prévoyait même de fixer le seuil à 3 000 couronnes mais l'opposition de gauche avait fait barrage. Pour le porte-parole du gouvernement Marcus Knuth, la mesure est légitime. ' Nous demandons simplement que les demandeurs d'asile - dans les rares cas où ils viennent avec suffisamment de moyens pour subvenir à leurs besoins - suivent les mêmes règles que celles qui s'appliquent aux citoyens danois lorsque par exemple ils demandent à bénéficier des allocations chômage. Si vous pouvez payer pour vous-même, alors vous devez le faire avant que l'Etat-providence ne soit mis à contribution ', assure-t-il. Si cette mesure est celle qui soulève le plus d'indignation à l'étranger, une autre inquiète plus encore les ONG : le retardement du regroupement familial pour les demandeurs d'asile n'ayant qu'une protection provisoire. Les explications du responsable de l'Institut danois pour les droits de l'Homme, Jonas Christoffersen : ' D'un point de vue légal, le point le plus problématique est la règle qui limite le regroupement familial, certains réfugiés ne pouvant plus y prétendre avant un délai de trois ans. Nous pensons qu'il y a une base suffisamment claire dans les textes internationaux pour dire qu'il s'agit d'une violation du droit à la vie de famille. ' Cette disposition concerne ceux qui fuient la violence en général plutôt qu'une persécution individuelle. Jusqu'ici, ils pouvaient demander à ce que leurs familles les rejoignent au bout d'un an. Or le nouveau délai de trois ans pourrait dans les faits s'avérer bien plus long car l'examen des dossiers peut durer des années. Si le Parti populaire danois - un parti anti-immigration qui soutient le gouvernement minoritaire - a poussé pour cette réforme, l'opinion publique semble elle aussi y être elle favorable, 70% des Danois citant l'immigration comme leur préoccupation numéro un. D'autres pays ont précédé le Danemark, comme la Suisse qui saisit depuis des années les objets de valeur des demandeurs d'asile au-delà de 1000 francs suisses. L'Allemagne commence aussi. En Bavière et dans le land de Bade-Wurtemberg, les réfugiés doivent désormais, s'ils le peuvent, financer en partie leur séjour.
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Le Danemark continue d'essayer de dissuader les réfugiés de venir... De sa campagne publicitaire dans des journaux libanais, à l'instauration de contrôles aléatoires aux frontières avec l'Allemagne, qu'il vient d'ailleurs de prolonger de 20 jours, le Danemark ne manque pas de créativité. En décembre, il a présenté un projet de loi permettant de confisquer des biens aux réfugiés pour couvrir leurs besoins en alimentation et en hébergement. Un texte présenté ce mercredi au parlement, et revu et corrigé depuis décembre, car comparé aux 'méthodes nazies de spoliation des biens juifs' par certains, en tout cas décrié pour son 'esprit totalitaire'. Le gouvernement entend désormais saisir tout bien supérieur à 10 000 couronnes, soit 1 340 euros. La ministre de l'Intégration Inger Støjberg a précisé que les alliances et autres biens d'une valeur sentimentale particulières seraient exclues de cette saisie, conformément à l'accord conclu avec les sociaux-démocrates. Le projet de loi est désormais soutenu par une majorité de partis au parlement et pourraient être approuvé le 26 janvier. Le texte évoque également un délai supplémentaire pour le regroupement familial, jusqu'à trois ans pour certains réfugiés, le raccourcissement de la durée des permis de séjour temporaire et rend plus difficile l'obtention du statut de résident permanent pour tous les étrangers. Ce projet de loi a été vivement critiqué par le Haut commissariat aux réfugiés de l'ONU le 7 janvier dernier : 'L'Europe, qui, traditionnellement, était le continent qui dictait aux autres pays quoi faire en terme d'asile, a demandé à d'autres pays extérieur à l'Europe de prendre des réfugiés. Maintenant si l'Europe commence à fixer des limites, à repousser, à ériger des barrières, à être hostile, le reste du monde va suivre, je peux vous le dire !' a déclaré Filippo Grandi. Alors que le chemin vers le Danemark et la Suède se complique pour les réfugiés, les protestations se font de plus en plus fortes. La dernière manifestation à Copenhague contre la politique d'immigration date du 9 janvier : Lina Soergaard, membre de 'Welcome to Denmark' : 'Si vous regardez des pays comme la Suède, ils ont accueilli tant de réfugiés, même chose pour l'Allemagne et, ici, on est au milieu et on ne peut pas vraiment dire qu'on participe.' 21 000 demandeurs d'asile ont été accueillis au Danemark en 2015 pour une population de 5,5 millions d'habitants. La Suède avec ses 9 millions et demi d'habitants en a accueilli 163 000. A titre de comparaison, l'Allemagne et ses 80 millions d'habitants, plus d'un million. A défaut de suffir à remplir les caisses du ministère en charge des réfugiés, ce projet de loi serait surtout destiné à envoyer un message aux électeurs danois qui se sentent flouer par les mesures d'austérité en vigueur. Il faut savoir que le Danemark a aussi des lois très dures pour les étudiants étrangers. Marius Youbi, camerounais de 30 ans, a récemment été expulsé pour avoir travaillé 90 minutes de plus que les 15 heures hebdomadaires prévues par son statut d'étudiant étranger en ingénierie électrique...
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Les Danois ont une nouvelle fois dit non à l'Europe. Ils étaient appelés à se prononcer ce jeudi par référendum pour ou contre une plus grande intégration de leur justice et de leur police avec celle des autres pays de l'Union européenne. Et leur réponse est sans appel : le non a recueilli entre 52 et 53% des suffrages, selon deux sondages de sortie des urnes. Lars Lokke Rasmussen, le Premier ministre, danois a confirmé la victoire du non alors que la plupart des formations parlementaires appelaient comme lui à voter pour le oui. Conséquence directe de ce référendum : le retrait du Danemark de l'agence Europol est posé. Les traités européens prévoient que cette agence chargée de la lutte contre le crime organisé, les trafics et le terrorisme devienne en 2016 un organisme supranational subordonné au conseil des ministres européens chargé des affaires de police et de justice. Après les attentats de Paris et ceux survenus à Copenhague en janvier dernier, les observateurs pensaient que la réforme proposée par le gouvernement danois avaient des chances d'être acceptée. Mais les Danois en ont décidé autrement. Les partisans du non au référendum ont surtout fait campagne sur le risque de voir le Danemark perdre le contrôle de sa souveraineté alors que l'Europe traverse une crise migratoire sans précédent et bien que le pays a accueilli dix fois moins de réfugiés que son voisin suédois.
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Soirée de fête pour le Parti populaire danois (DF). La formation anti-immigration a réalisé une percée spectaculaire aux élections législatives en recueillant plus de 21 % des suffrages, ce qui en fait désormais le deuxième parti politique au Danemark, et surtout la première formation du bloc de droite. La gauche est délogée du pouvoir. Avec la victoire du droite populiste, le Danemark a confirmé en Scandinavie la montée des partis politiques anti-immigration et d'extrême-droite. En Suède, aux élections du 14 septembre 2014, le parti d'extrême-droite Social Démocrate est devenu le troisième plus gros parti du pays. Et en Norvège, aux dernières élections d'octobre 2013, le Parti du progrès (FrP), formation populiste et anti-immigrés, rentrait pour la première fois au gouvernement, quarante ans après sa création. Une des raisons de cette réussite se base principalement sur l'économie. Même si sur ce plan là, ces pays sont en meilleur santé que le reste de l'Europe, la crise financière internationale puis celle de la zone euro les ont fortement touchés. S'ajoute à cela le problème de l'immigration. Les pays scandinaves ont les politiques migratoires les plus accueillantes et protectrices du monde. Cette réputation est aussi la cause principale d'une forte migration vers ces pays. Même si le taux de criminalité est le plus bas d'Europe, les partis populistes ne se gènent pas pour diaboliser les étrangers. Grâce à leurs exportations de pétrole et un taux de chomâge le plus bas de l'Europe les pays scandinaves ont besoin de main d'oeuvre étrangère. Ce qui créé un vrai paradoxe pour des nouveaux gouvernements anti-immigration, mais qui ont besoin de nouveaux arrivants.
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Coup dur pour le gouvernement du Danemark. Le Parti populaire socialiste a annoncé qu’il se retirait de la coalition au pouvoir. En cause : la vente d’une part de l’entreprise publique...
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Un remaniement ministériel, censé redonner de la dynamique au gouvernement de centre-gauche, a eu lieu ce vendredi au Danemark. La chef du gouvernement Helle Thorning-Schmidt a nommé notamment...
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