Confidences venues de l'Olympe

Je ne donnerai pas dix-neuf euros pour le dernier "livre confidences" concernant François Hollande. Quelques commentaires, glanés ici et là, me suffisent largement. Un pensum de trois cents pages, indigeste et dépourvu de substance : mon intestin m'a susurré discrètement qu'il trouverait plus de charme à assimiler le testament de Jean-Pierre Chevènement. Par contre, je trouve amusant de m'interroger sur le pourquoi de cette initiative souvent décrite comme déjantée et suicidaire. Je ne vois que l'explication psychologique.

Selon moi, François Hollande a été le premier surpris de se retrouver président de la République et, contrairement à François Mitterrand (pour ne citer que lui), il n'était pas du tout préparé à ce "destin". Pour Hollande, cette ascension était un signe du ciel : seuls les dieux avaient pu le propulser au sommet de l'Olympe.

Ainsi auréolé, il était persuadé que son quinquennat serait un chef-d'oeuvre. Il lui fallait donc un Jean de Joinville pour ne rien perdre de cette œuvre d'art. Le Monde était son journal ; il y choisit deux compères exigeants.

La suite de l'exercice fut un peu moins facile, voire beaucoup plus dure, qu'il ne l'avait imaginé : il le dit lui-même. Qu'importe : sa confiance en sa bonne étoile lui servait, et lui sert encore, de bouclier. La foi "peut transporter des montagnes".

Il est au plus bas dans les sondages ! Et alors, l'avis des hommes compte moins que celui des dieux. Est-il disqualifié pour 2017 ? Sûrement pas. Dans six mois, que restera-t-il de cette confession sans contrition ? Quelques indiscrétions ? On a vu bien pire. Un certain mépris pour la haute magistrature ? Avoir choisi Christiane Taubira me semble beaucoup plus révélateur.   

Si j'en crois les commentaires, François n'est pas intéressé par l'argent ; il est habile mais sincère, voire naïf. Quant au bilan, il ne sera pas plus catastrophique que celui de Nicolas Sarkozy. Alors...

Son augure personnel lui a assuré que sa réélection se présentait sous les meilleurs auspices, mais il a tout intérêt à l'annoncer le plus tard possible ; il fait campagne aux frais des contribuables et hors comptes limités : on l'a déjà dit. De plus, cette apparente ambiguïté lui permet de rester pleinement président de la République. Samedi, à Nice, personne, absolument personne, ne lui a contesté ce statut élyséen.  

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