Régulièrement interrogés sur divers sujets plus variés les uns que les autres, les politiques sèchent rarement. Et pour cause : ils ont toujours une bonne raison de répondre aux questions.

Sans cesse sous le feu des projecteurs, les politiques sont quotidiennement soumis aux questions des journalistes. Poussés à se positionner sur différentes thématiques, ils n’ont d’autre choix que de répondre aux interrogations, même lorsque celles-ci dépassent le cadre de leurs compétences. Lors de son récent retour au-devant de la scène médiatique, Jean-François Copé déplorait à ce titre qu’en politique il faut avoir "un avis sur tout, tout le temps". Pour autant, les politiciens sont rôdés à ce jeu de questions-réponses qu’ils utilisent souvent à leur avantage.

A lire aussi - Classement : quels politiques ont le plus "menti" en 2015 ?

"Prendre position offre l’opportunité d’influencer l’agenda et de faire parler de soi. Par ailleurs, plus on est important, plus les gens veulent savoir ce que l’on pense, explique à Planet.fr Delia Dumitrescu, spécialiste de la psychologie politique et de l’analyse des communications. De plus, il n’y a nul besoin de faire une thèse de doctorat pour donner son avis. On peut, par exemple, se rallier à la position de sa majorité". Malgré tout, face à certaines questions, de nombreux politiques font preuve de maladresse dans leur rhétorique.

"L’important est de dire au public ce que vous savez, pas ce que vous ne savez pas"Diverses techniques leur permettent pourtant de répondre à une question même lorsqu’ils ne maîtrisent que peu le sujet. Expert en communication politique et fondateur de la FrenchCom, une entreprise spécialisée dans la stratégie de communication, Florian Silnicki explique sur son site que "l’important est de dire au public ce que vous savez, pas ce que vous ne savez pas". Pour cela, il propose à ses clients d’utiliser la "méthode Peter Jennings", une méthode inspirée par le Jean-Jacques Bourdin américain qui avait la manie de tester ses invités en leur posant une question piège à laquelle ils ne s’attendaient pas.

Au lieu de répondre "je ne sais pas" ou de bafouiller pendant de trop longues minutes, Florian Silnicki propose donc aux politiques de mettre en avant ce qu’ils savent avec assurance. S’ils sont interrogés sur le montant du salaire minimum et qu’ils ignorent la réponse, l’expert leur conseille de contourner la question en répondant quelque chose comme : "voilà ce que je sais : le salaire minimum est trop bas et nous devons nous assurer que les classes moyennes continuent de prospérer. La priorité est de garantir aux classes moyennes des emplois leur assurant des revenus suffisants." Une technique qui aurait pu éviter à Myriam El Khomri bien des moqueries lorsqu’en novembre dernier, fraîchement nommée ministre du Travail, elle n’avait pas su dire combien de fois un CDD était renouvelable.

Publicité
"Le cœur du métier est de se positionner"Et si face à l’insistance des journalistes, certains politiques peuvent être tentés d’avouer ne pas connaître une réponse, cela risque bien de nuire à leur crédibilité. "Il faut toujours montrer qu’on peut subvenir à la demande. Les politiciens ne peuvent pas dire ‘je ne sais pas’ car le cœur du métier est de se positionner même s’il ne faut pas pousser cela à l’extrême", analyse Delia Dumitrescu. En résumé, ne pas se positionner peut, en politique, s’apparenter à un véritable aveu de faiblesse.

En vidéo - Myriam El Khomri admet ne pas connaître le nombre de renouvellements possibles de CDD

Publicité