Les thèses défendues par Eric Zemmour sont proches de celles du FN. En revanche, le polémiste a reveillé une vieille querelle qui agite depuis des décennies les parti frontiste : la position face à Vichy.

Non. Ce n’est pas l’ensemble de l’ouvrage d’Eric Zemmour qui embarrasse ce FN en plein processus de dédiabolisation, loin s’en faut. Et pour cause, nombre de thèses défendues par le journaliste du Figaro Magazine entrent directement en résonnance avec les propositions du parti de Marine Le Pen (immigration, euro, patriotisme, islam etc.). Non, le point de crispation est ailleurs. Au sein du FN, on s'écharpe sur le très polémique passage du "Suicide Français" selon lequel le régime de Pétain aurait permis de sauver "90% des Juifs français".

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Lundi 20 octobre, Jean-Marie Le Pen, estimant que Vichy était "excusable", affirmait alors sur le plateau de BFM TV : "je crois que Vichy a fait ce qu’il pouvait pour essayer de défendre les Français contre un horrible malheur qui venait de se produire et dont étaient responsables les gens qui avaient dirigé le pays avant la défaite".

Une analyse que ne partage pas le vice-président du FN, Florian Philippot. Pour ce dernier, qui se définit comme gaulliste,"Vichy n’est pas la France". Invité hier soir sur le même plateau pour réagir aux propos du fondateur du FN, le lieutenant de Marine Le Pen a indiqué "assumer" ce désaccord et a réaffirmé son point de vue indiquant que le régime du maréchal Pétain était "une excroissance de l’Allemagne nazie qui occupait la France".

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Pour ce dernier, "la France était ailleurs (…) à Londres, dans l’empire français, et a été déclarée vainqueur de la guerre". Une version pour le moins éloignée de celle qui fait de Vichy un régime "excusable" donc... Mais derrière ce désaccord sur le rôle du régime pétainiste se cache en réalité une profonde divergence sur le plan politique.

La façade gaulliste

"Je suis gaulliste et j'en suis fier" a déclaré lundi soir le numéro deux du FN pour clore la séquence qui l’opposait à Jean-Marie Le Pen. Car Florian Philippot le sait, ce sont là deux visions du parti frontiste qui s’affrontent. En effet, la convergence idéologique entre Front National et gaullisme ne va (vraiment) pas de soi.

En effet, le parti compte depuis ses débuts beaucoup d’"anti-gaullistes" parmi lesquels on peut compter entre autres Bruno Gollnisch, ancien vice-président du Front National. En outre, les rapports entre Jean-Marie Le Pen et le général ont toujours été compliqués. En effet, fondé en 1972 majoritairement par des partisans de l’Algérie Française, le FN avait bien des raisons de haïr De Gaulle.

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À ceci s'ajoute l’héritage de l’extrême droite française des années 50 plutôt complaisante avec le régime de Vichy et qui amplifie cette division au Front National.

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Ainsi, même si Eric Zemmour "est proche du Front National" selon les mots de Florian Philippot, celui-ci a réveillé une vieille controverse qui hante le parti depuis près de quarante ans et qui symbolise à elle seule les malaises issus de la dédiabolisation voulue par Marine Le Pen.

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