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Les espoirs de réunification vont bon train de part et d'autre de la 'ligne verte' à Chypre. L'opposant Mustafa Akinci, qui a plaidé durant sa campagne électorale pour un rapprochement avec le sud de l'ìle, remporte le second tour de l'élection présidentielle dans la République turque de Chypre du nord. Il est crédité de plus de 60% des suffrages selon les premières projections, ce qui le place loin devant le sortant Dervis Eroglu, proche d'Ankara, et partisan d'une solution à deux Etats à Chypre. L'île est coupée en deux depuis que la Turquie a envahi en 1974 un tiers du territoire, et les négociations de paix entre cette partie chypriote turque et la République de Chypre, membre de l'Union européenne, sont au point mort depuis octobre 2014. Avec Reuters
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Les électeurs de la République autoproclamée de Chypre du Nord, la partie turque de l'île, sont appelés à choisir leur président ce dimanche lors du deuxième tour du scrutin. Le président sortant, Dervis Eroglu, fait la course en tête avec plus de 28% des suffrages réunis au premier tour. Il est talonné par son adversaire Mustafa Akinci, qui a, lui, recueilli près de 27% des voix. Ce dernier représente l'ouverture et porte sur son nom les espoirs de réunification des chypriotes turcs. L'île est divisée depuis près de quarante ans entre Grecs et Turcs. La partie grecque est, elle, reconnue internationalement et fait partie de l'Union européenne. Les pourparlers de réunification, à l'arrêt depuis plus de six mois, pourraient reprendre dans les prochaines semaines, sous l'égide des Etats-Unis.
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Les réactions et les commentaires vont bon train au lendemain de l'élection dans la partie nord de Chypre. Ce scrutin est destiné à élire le dirigeant de la République turque de Chypre nord (RTCN), une entité non reconnue par la communauté internationale. Lors du 1er tour, Dervis Eroglu, le dirigeant sortant, est arrivé en tête, mais avec une courte avance sur Mustafa Akinci. Cet indépendant se pose en candidat du changement. Raison qui explique son score, d'après Okan afakli, professeur à l'Université européenne de Lefke. 'La partie nord de Chypre est gangrenée par le népotisme, commente-t-il. Le taux de chômage est très élevé. Et les habitants en ont assez de cette situation. Ils veulent du changement. Pour eux, M. Akinci incarne cette aspiration au changement, l'espoir d'une solution pour l'avenir'. Le processus de paix entre Chypriotes-grecs et Chypriotes-turcs est au actuellement suspendu. Et cela ne peut pas durer, estime le professeur Okan afakli. 'Si Chypre ne parvient pas à retrouver un climat de paix, dit-il, alors les 2 communautés resteront en marge de la mondialisation et n'atteindront jamais un développement durable. Vous le savez, dans une déclaration conjointe, les deux parties ont convenu qu'un statu-quo n'était pas tenable'. La partie nord de Chypre est occupée depuis 1974 par la Turquie, en réaction à un coup d'Etat de Chypriotes grecs au sud. Depuis, l'île est divisée. Les différentes tentatives de réunification n'ont jusque-là pas abouti.
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Alors qu'on connaît le nom des deux finalistes du second tour, le président sortant plutôt nationaliste Eroglu et son rival plus modéré Akinci, l'espoir d'une reprise rapide des négociations de paix sur l'île divisée est ravivée. 'Nous sommes prêts à collaborer avec celui que les Chypriotes turcs choisiront comme chef, dans l'espoir que la troisième phase des pourparlers puisse bientôt commencer et avec la contribution de la Turquie pour essayer de trouver une solution tant désirée à la question chypriote', explique le porte-parole du gouvernement chypriote-grec, Nikos Christodoulides. Mais du vainqueur à l'élection dépendra aussi le futur rapport de forces dans les négociations selon cette analyste : 'le futur leader des chypriotes-turcs peut façonner la position politique de sa communauté en penchant plus du côté de la Turquie et d'Ankara si c'est Monsieur Eroglu, plus du côté chypriote-grec si c'est Monsieur Akinci', selon Rallou Papageorgiou. Le second de la présidentielle chypriote-turque aura lieu ce dimanche. 'Officiellement, la partie chypriote grecque n'exprime pas de préférence pour l'un des deux candidats à la présidence chypriote turque, mais le sentiment ici à Nicosie, c'est qu'une victoire du modéré Mustafa Akinci pourrait permettre des progrès essentiels sur la question chypriote après des années de suspension', affirme notre envoyé spécial à Nicosie, Stamatis Giannisis.
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Pour les Chypriotes grecs, les élections chypriotes turques sont d'un grand intérêt puisqu'une victoire d'un des candidats de la ligne dure pourrait avoir comme résultat un sérieux revers pour le processus politique qui pourrait conduire un jour à la réunification de l'île, selon notre reporter Stamatis Giannisis. Les Chypriotes-grecs souhaitent l'élection d'un candidat modéré et progressiste qui aidera à sortir de l'impasse. 'Le problème majeur tant pour les sociétés chypriote-grecque que chypriote-turque, c'est qu'elles doivent acquérir une nouvelle vision, un nouveau grand programme qui fournira la solution suprême au problème de Chypre via notre participation en tant que société unie dans l'Union européenne', indiquait Larkos Larkou, dirigeant de l'agence de presse chypriote. Costas Yennaris, analyste politique, s'interroge sur la position de la Turquie. 'La grande question, c'est jusqu'où la Turquie va continuer à dicter sa volonté politique et ses plans stratégiques au candidat que la communauté chypriote turque choisira comme dirigeant. 'La grande question, c'est jusqu'à quel point la Turquie va continuer à dicter sa volonté politique et ses plans stratégiques au candidat que la communauté chypriote turque choisit comme dirigeant?' Comparée à la partie chypriote-grecque, celle des Chypriotes-turcs est quasiment coupée du monde et survit économiquement grâce à la Turquie. Outre la participation à hauteur de 30% au budget de l'île, Ankara finance une grande partie des infrastructures et encourage ses hommes d'affaires à investir. Avec notre reporter Stamatis Giannisis et l'AFP
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La communauté chypriote turque est prête à dialoguer avec les chypriotes grecs indépendamment de l'élection de son dirigeant. C'est ce qu'affirme le Docteur Meltem Samani, qui est membre de l'Association pour le Dialogue et la Recherche Historique, au sein de la Maison de la Coopération, à Nicosie : 'Dans cette élection, l'espoir d'un changement est très grand. Quand on parle de changement, on ne parle pas seulement de changer de personne au poste de président, non, en fait l'attente de la communauté est essentiellement qualitative. On attend un changement de politique, de type de gouvernance. Ce que je veux dire, c'est que pour les Chypriotes turcs, la solution du problème de Chypre est une nécessité absolue. Avant de choisir un dirigeant, les gens recherchent d'abord un négociateur qui pousserait en faveur d'une solution de paix et de réunification.' 'Peut-on dire que les négociations reprendront immédiatement après ces élections ?' demande notre correspondant Bora Bayraktar. 'Cela en a tout l'air. Toutes les données le montrent. La situation a changé, le tableau évolue, il y a eu une mobilisation sans précédent autour de ce processus de paix avant les élections de la part du secrétaire des Nations Unies et de ses représentants sur le terrain. Les négociations de paix devraient normalement reprendre fin mai. Il y a en tout cas une forte attente de la part de la population pour que ce soit le cas. C'est pour cela que tous les candidats ont insisté sur le fait qu'ils sont prêts à négocier.'
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