En annonçant son départ du ministère de la Justice, Christiane Taubira a déclaré que "parfois résister, c’est partir". Est-ce à dire qu’elle rentre désormais en opposition au gouvernement ?

L’annonce fut aussi soudaine qu’inattendue. En claquant la porte du gouvernement ce mercredi matin, Christiane Taubira a mis fin à une longue série de frictions avec le Premier ministre, Manuel Valls, dont la dernière en date fut sur la déchéance de la nationalité.

Officiellement, l’ex-garde des Sceaux et François Hollande "ont convenu de la nécessité de mettre fin à ses fonctions au moment où le débat sur la révision constitutionnelle s’ouvre à l’Assemblée nationale, aujourd’hui, en Commission des Lois." Officieusement, on ne sait pas si c’est Christiane Taubira qui est partie de son plein gré ou si elle a été démissionnée. D’autant que le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a dit quelques heures après l’annonce de son départ que le président avait demandé "une cohérence forte et une éthique collective" au sein du gouvernement.

Christiane Taubira utilise le mot de "résister" lors de son départ

Reste qu’au moment de confirmer son départ, Christiane Taubira s’est fendue de deux commentaires sur Twitter dont l’un où elle déclare que "parfois résister c’est rester, parfois résister c’est partir", ajoutant : "Par fidélité à soi, à nous. Pour le dernier mot à l’éthique et au droit".

Le mot de "résister" n’a pas été écrit innocemment par Christiane Taubira qui a avalé plusieurs couleuvres tout au long de son portefeuille ministériel, en rentrant plusieurs fois en confrontation avec le Premier ministre, Manuel Valls, dont les relations ont presque toujours été froides. L’une représentant l’aile droite de la gauche, l’autre son aile gauche.

Car il faut rappeler que Christiane Taubira n’est pas membre du Parti socialiste mais du Parti radical de gauche (PRG). Elle est donc sur une ligne plus à gauche que le PS. En 2011, elle avait soutenu Arnaud Montebourg à la primaire socialiste, tout en continuant, comme garde des Sceaux, à soutenir les frondeurs. D’ailleurs, Aurélie Filippetti, débarquée en même temps que son compagnon, a salué ce mercredi Christiane Taubira sur Twitter tout comme Cécile Duflot, elle aussi démissionnaire du gouvernement, qui a salué sa décision de conviction, "la fidélité à nos valeurs est une force".

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En quittant le gouvernement, Christiane Taubira rejoindra donc le "club" des ministres partis pour dénoncer le virage à droite du gouvernement (Montebourg, Filippetti, Hamon, Duflot, Batho) tout en retrouvant son siège de député de la Guyane à l’Assemblée.

Vidéo sur le même thème : Démission de Taubira: "La ministre de l’Injustice", retient Ludovine de la Rochère 

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