Alors que la ministre de la Justice s’oppose au projet de déchéance de la nationalité porté par le gouvernement, le Premier ministre a décidé qu’elle n’en sera plus en charge. Une décision contestée par l’opposition.

Manuel Valls sera finalement seul pour défendre le projet de révision constitutionnelle devant le Parlement, le mois prochain. Initialement, le Premier ministre devait être accompagné de la garde des Sceaux mais il a décidé de faire sans elle. En cause : les propos que Christiane Taubira a tenus la semaine dernière. Alors que l’exécutif souhaite inscrire dans ce projet la déchéance de la nationalité française pour les binationaux en cas de terrorisme, la ministre de la Justice a clairement et publiquement dit qu’elle n’y était pas favorable. Ce qui a provoqué un malaise dans la classe politique, y compris au sein même du gouvernement.

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"Mais pourquoi elle reste ?""Je présenterai la révision constitutionnelle", tandis que la ministre de la Justice "Christiane (Taubira) présentera la réforme de la procédure pénale",  un autre texte post-attentats attendu rapidement, a ainsi annoncé Manuel Valls, mardi devant le groupe socialiste. Une décision qui a suscité des interrogations et la colère des membres de l’opposition. "Mais pourquoi elle reste ?", a demandé Christian Jacob, le patron des députés Les Républicains, tandis que le numéro deux du parti d’opposition, Laurent Wauquiez a raillé : "Elle ne peut pas être garde des Sceaux à la carte". Au micro de France 3, le député LR de Haute-Loire a par ailleurs résumé : "Soit Madame Taubira est d’accord avec la déchéance de la nationalité et évidemment c’est à elle de la défendre dans l’Hémicycle, soit, si elle n’est pas d’accord, elle part".

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Et si la ministre n’a pas commenté la décision du chef du gouvernement, son entourage a, lui, fait valoir auprès du Figaro qu’ "outre le fait que la hiérarchie entre Manuel Valls et Christiane Taubira impose presque naturellement cette répartition, il se trouve que les deux textes arriveront quasiment au même moment au Parlement - à une semaine près, me semble-t-il. Je vois mal comment la ministre aurait pu être à deux endroits en même temps..."

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