Jeudi soir sur iTélé, Christiane Taubira a réaffirmé son opposition au très controversé projet de déchéance de la nationalité porté par François Hollande et Manuel Valls. Découvrez ce qu’elle a dit.

Christiane Taubira a parlé sans détour. Invitée sur le plateau d’iTélé jeudi soir, la ministre de la Justice a en effet abordé le projet d’inscription dans la Constitution de la déchéance de la nationalité pour les binationaux en cas de terrorisme, sans "faire de mystère". Et alors que l’exécutif défend cette mesure depuis plusieurs jours, la garde des Sceaux a livré le fond de sa pensée, quitte à se ranger du côté de ses détracteurs. "Oui, je pense que la déchéance de la nationalité n’est pas souhaitable pour des Français binationaux parce que (…) tout le monde le reconnaît, et le Premier ministre en a convenu sans difficulté, son efficacité est absolument dérisoire", a-t-elle en effet déclaré.

Mais sa "loyauté est totale"Des propos quelques peu surprenants quand on sait que Christiane Taubira sera chargée de défendre ce projet devant le Parlement en février prochain. Aussi, la ministre les a-t-elle rapidement tempérés en ajoutant : "Moi j’entends que j’avale des couleuvres, etc… Mais je pense qu’il est bon que l’on ait du respect pour les institutions (…) Ma loyauté était totale dès le premier jour, elle est totale aujourd’hui". Bien décidée à témoigner sa "loyauté" envers l’exécutif, la ministre a ensuite rejoint Manuel Valls concernant la proposition faite par certains socialistes d’étendre la déchéance de la nationalité à tous les Français : "On imagine qu’un grand pays comme la France se mette à fabriquer des apatrides, ce n’est pas convenable". Deux jours plus tôt, le Premier ministre avait, lui, estimé que "la France ne peut créer des apatrides".

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Quant au désaveu dont elle a été victime en décembre dernier, la garde des Sceaux a confié : "On a retenu une phrase, parce que j’ai annoncé en effet, ce qui était, à savoir que la déchéance n’y était pas (dans le projet de révision de la Constitution, ndlr), en tout cas pour l’état d’arbitrage de ce moment-là". Et celle-ci de souligner pour mettre fin à cette polémique : "Lorsque je l’ai dit, j’avais une certitude, incontestablement, voilà".

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