La ministre de la Justice a été traitée de "tract ambulant pour FN" mardi par un député UMP. Des propos vivement condamnés par la gauche mais approuvés par plusieurs responsables de la droite.

Les propos de Gérald Darmanin ont provoqué un tollé mardi. A quelques jours du premier tour des élections départementales, celui-ci a qualifié la garde des Sceaux de "tract ambulant pour le FN". Ce qui a déclenché l’ire de Manuel Valls. "Ce n’est ni la jeunesse, ni la campagne électorale, ni le combat politique qui doivent nous permettre de tenir de tels propos et nous ne le permettrons jamais", a fustigé le chef du gouvernement. Et celui-ci de souligner : Chaque fois que "les républicains de gauche ont eu à choisir, jamais, nous n’avons tenu les propos que vous avez tenus".

"On entre dans quelque chose qui est nauséabond"

Une réaction commune à l’ensemble de la gauche. Plusieurs voix se sont en effet élevées pour dénoncer les propos du député-maire UMP de Tourcoing.  "On entre dans quelque chose qui est nauséabond", a ainsi déploré Jean-Luc Mélenchon tandis qu’Emmanuel Cosse s’est dire "consternée" de voir un élu "s’attaquer ainsi à la garde des Sceaux parce qu’elle a des origines qui ne sont pas blanches".

Ces critiques "n’ont rien de raciste"

Et si les mots qu’a employés Gérarld Darmanin pour décrire Christiane Taubira ont choqué la gauche de l’échiquier politique, à droite c’est tout l’inverse. Loin de dénoncer ses propos, plusieurs responsables du parti d’opposition lui ont en effet emboîté le pas pour dénoncer la "politique laxiste" de la ministre. Et certains sont même allés encore plus loin.

"Il y a un rejet total de la politique pénale de Mme Taubira et la manière dont Madame Taubira donne le sentiment d'être dans la provocation", a estimé l'ancien premier ministre, François Fillon. De son côté, le maire de Bordeaux, Alain Juppé a pointé la "désastreuse politique pénale mise en œuvre depuis 2012". Désireux de clarifier la position de son parti, Eric Woerth a toutefois affirmé qu’il n’y avait "rien de raciste" dans ces critiques. "Elle n’a pas le droit de se réfugier derrière cela (…) C’est une adversaire politique. Sa politique est laxiste. Nous la combattons", a insisté le député UMP de l’Oise.

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Plus virulente et rejoignant la théorie du "FNPS" défendue en début de semaine par Nicolas Sarkozy dans les colonnes du Figaro, Nathalie Kosciusko-Morizet a quant à elle expliqué au micro de RTL qu’il y a, selon elle, "un certain nombre de geste, de manière de faire ou de ne pas faire singulièrement venant de Christiane Taubira (qui) participent à faire monter le Front National". Et la vice-présidente de l’UMP de poursuivre en faisant référence aux attentats de janvier en France : "J’ai été choquée par le silence de Christiane Tauibira (…) On ne l’a pas entendue". "Où est la ministre de la Justice ? On ne l’entend plus", a également souligné Christian Jacob sur LCI et Radio Classique.

Taubira dénonce "des déchets de la pensée humaine"

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Quant à la principale intéressée, elle s’est fendue d’une réponse cinglante à Gérald Darmanin. "Lorsqu'une personne est à ce point pauvre, indigente, moralement, politiquement, culturellement, lorsqu'une personne est à ce point indifférente aux dégâts considérables qu'elle peut produire par ses paroles, qui sont des insultes, qui sont surtout des déchets même de la pensée humaine, je n'en attends rien", a-t-elle déclaré. Loin de mettre fin à la polémique, cette sortie à, au contraire, attisé le feu. En effet, le député UMP Xavier Bertrand a aussitôt monté au créneau.