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La préfecture de police de Paris devait recevoir dans l'après-midi des représentants de la communauté chinoise française, après les incidents violents qui ont suivi la mort par balles d'un Chinois de 56 ans, abattu dimanche par la police. Lundi soir, 150 personnes se sont réunies pour protester devant le commissariat du 19e arrondissement, près du quartier où l'homme a été tué. La manifestation a plus tard dégénéré. La Chine a demandé à la France qu'elle fasse 'toute la lumière sur cette affaire'. 'Nous continuerons, a déclaré la porte-parole du ministère des Affaires Etrangères chinois, à suivre le développement de cette affaire avec notre ambassade en France et à assurer la sécurité, les droits légitimes et les intérêts des institutions et des citoyens chinois en France. En attendant, nous espérons que nos ressortissants expriment leurs souhaits et leurs exigences d'une façon raisonnable et légale'. Ce n'est pas la première fois que la communauté chinoise fait la une. En septembre dernier, déjà, une partie d'entre elle avait voulu exprimer son ras le bol de la violence et du racisme de la part d'autres communautés. Une manifestation avait eu lieu dans ce sens à Paris.
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Devant les bureaux de la police de Hong Kong, des leaders du 'mouvement des parapluies'. Ils sont neuf, et ils viennent d'apprendre qu'ils vont être inculpés pour avoir mené les manifestations pro-démocratie de 2014. La plupart sont poursuivis pour trouble à l'ordre public, un délit passible de sept ans de prison. 'Aujourd'hui nous allons être arrêté et inculpés, explique l'un des prévenus, Benny Tai. Nous allons faire face à un long procès. Peu importe le résultat, nous n'abandonnerons pas. Nous n'abandonnerons jamais'. Pourquoi une inculpation maintenant ? La décision coïncide en tout cas avec la désignation de la nouvelle chef du gouvernement de Hong Kong. Hong Kong. Carrie Lam, le choix de Pékin https://t.co/f5G4VK5ofU pic.twitter.com/Uh7AUU0Qp8- Courrier inter (@courrierinter) 27 mars 2017 Carrie Lam, la favorite de Pékin, a été choisie par un comité électoral piloté par la Chine. Elle prendra ses fonctions en juillet. Ces inculpations sont un message clair à ceux qui dénoncent des fraudes, et seraient tentés de troubler son intronisation. Portée par Pékin, la nouvelle chef de l'exécutif de Hongkong veut rassembler FChangy https://t.co/O9DftJMChk- Adrien Le Gal (adrikhm) 27 mars 2017 En 2014, le 'mouvement des parapluies' avait jeté dans les rues de Hong Kong des dizaines de milliers de personnes pendant plusieurs semaines : elles réclamaient un véritable suffrage universel pour cette élection de 2017.
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Elle est la première femme à diriger un gouvernement à Hong-Kong. Elle était surtout la favorite du régime de Pékin. Carrie Lam a été désignée dimanche cheffe du gouvernement par un comité électoral tout acquis à la Chine. Ses deux concurrents n'étaient pour autant pas des opposants au régime communiste : l'un, John Tsang, était qualifié de plus modéré ; l'autre, Woo Kwok-hing, de plus progressiste. Ce scrutin a été qualifié d'imposture par le camp démocrate, qui s'inquiète d'une main-mise croissante du régime chinois sur l'île, avec pour conséquence un recul des libertés. 'Actuellement, l'élection du chef du gouvernement est en réalité une sélection', déplore un député du comité électoral issu du camp démocrate, Nathan Law. Les démocrates ont, d'autorité, droit au quart des membres de cet organisme. 'Ainsi, poursuit-il, le gouvernement de Pékin a toujours le dernier mot sur les nominations. C'est la raison pour laquelle j'ai voté blanc. Parce que, tant que ce système est fermé, une sélection et non une élection, il n'a aucune légitimité.' Sur le papier, Hong Kong bénéficie jusqu'en 2047 d'une autonomie par rapport à la Chine, en vertu d'un principe nommé 'un pays, deux systèmes' décrété lors de la rétrocession par la Grande-Bretagne de sa colonie à la Chine, en 1997. Dans la réalité, c'est de moins en moins vrai. En témoigne cette première désignation du dirigeant de l'exécutif depuis la 'révolte des parapluies' de 2014, qui avait conduit des dizaines de milliers de personnes à manifester pour réclamer le suffrage universel.
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Après avoir déclaré vendredi que toutes les options étaient sur la table (y compris militaires) contre le régime nord-coréen, le secrétaire d'Etat américain a rencontré samedi à Pékin son homologue chinois. Sur un ton nettement plus conciliant, le ministre des affaires étrangères de Donald Trump s'est engagé à travailler aux côtés des Chinois pour amener Pyongyang à stopper son programme nucléaire. Corée du Nord: les Etats-Unis 'vont travailler' avec la Chine https://t.co/JLovEyLfQV pic.twitter.com/P08yLN6cyf- Courrier inter (@courrierinter) 18 mars 2017 Vendredi sur twitter, Donald Trump a remis la pression sur la Chine accusée selon lui d'en faire trop peu pour calmer son allié nord-coréen. Pour sortir de l'escalade, la semaine dernière Pékin a proposé que Pyongyang suspende son programme nucléaire mais qu'en échange les Etats-Unis stoppent leurs manoeuvres militaires en Corée du Sud. Pour l'instant Washington a répondu par une fin de non recevoir. Trump accuse la Chine d'avoir 'peu fait' sur la Corée du Nord https://t.co/JjmLJj3Sd1 #AFP- Agence France-Presse (@afpfr) 17 mars 2017 Avec Agences
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L'économie chinoise tourne au ralenti, mais le gouvernement ne la laissera pas s'effondrer. C'est en substance le message envoyé à l'issue de la session annuelle du parlement chinois. Le plan quinquennal a été adopté par 2 278 voix soit 97,27 % des délégués. Un plébiscite attendu. Le Premier ministre, Li Keqiang, déclarait ce mercredi matin : 'L'économie chinoise est faite de difficultés et d'espoirs mêlés, mais les espoirs dépassent de loin les difficultés'. 'Nous sommes pleinement convaincus de la croissance économique à long terme de la Chine. Cette confiance ne vient pas de nulle part, nous sommes confiants car tant que nous persistons dans les réformes structurelles et l'ouverture, l'économie chinoise ne connaîtra pas d'atterrissage brutal.' There are more hopes than difficulties for China's economy given its enormous potential https://t.co/S3JxnWdcpP pic.twitter.com/vzIbfOm8Wt- China Xinhua News (@XHNews) 16 mars 2016 Le 13e plan quinquennal espère maintenir la croissance à un niveau moyen compris entre 6,5 et 7 % par an, durant la période 2016-2020. Le PIB , quant à lui, devra passer de 67.700 milliards de yuans (9.360 milliards d'euros) l'an dernier à plus de 92.700 milliards de yuans en 2020. (C'est plus du double du PIB de 2010.) Au programme donc la poursuite des réformes, notamment celle du secteur industriel, particulièrement touché. L'acier, le ciment, la chimie souffrent d'une très forte surcapacité face à une demande en berne. La restructuration de grands groupes étatiques devrait se faire par le biais de fusions et d'acquisitions plutôt que de fermetures pour éviter au maximum les licenciements. Le gouvernement prévoit tout de même le licenciement de 5 à 6 millions de travailleurs dans les 2 ou 3 ans à venir. Un plan d'aide de 100 milliards de yuans a déjà été approuvé pour aider au recyclage de ces travailleurs. D'autres pourraient suivre, si nécessaire. Outre l'industrie, le secteur immobilier est en difficulté. La demande baisse et l'offre est trop forte. Ce qui entraîne une baisse des ventes et des prix, et un ralentissement des investissements. Pour rééquilibrer l'économie, il faut donc changer de modèle de croissance. Pékin s'y est engagé. Un rééquilibrage délicat qui passe par de nouveaux secteurs : les services, les nouvelles technologies et la consommation intérieure. Consommation intérieure qui doit être boostée, notamment par le biais de réductions d'impôts ou en facilitant l'accès au crédit. Entretien avec le Professeur Kent Deng Pour aller plus loin sur le plan approuvé par l'Assemblée populaire de Chine, notre journaliste Neil O'Reilly s'est entretenu avec le spécialiste de l'histoire économique chinoise, le professeur Kent Deng de la London School of Economics. 'L'axe principal de cette session annuelle du parlement chinois a été l'économie et les réformes. Quelque chose a-t-il filtré qui suggérerait que l'exécutif peut enrayer le ralentissement de l'économie ?' Prof. Kent Deng : 'Dans cette session annuelle en deux parties de l'Assemblée, le gouvernement chinois envisage de réduire les surcapacités de production chinoise, ce qui veut dire qu'il va encourager certaines demandes intérieures, et donc encourager la demande. C'est un rééquilibrage majeur dans le livre des planificateurs de l'économie chinoise. Nous verrons si c'est une tâche réalisable. Mais, de mon point de vue, cela requiert d'énormes changements, pas seulement de la structure économique, mais aussi de la philosophie politique de base du parti au pouvoir.' 'Au milieu de ces problèmes économiques, il y a le grondement du mécontentement des Chinois ordinaires avec les pertes d'emplois. Y a-t-il trace de nouvelles réformes politiques ou démocratiques émanant de cette session du parlement qui répondrait à ce mécontentement ?' Prof. Kent Deng : 'Très bonne question. N'oublions pas que la Chine est dirigée par un parti d'Etat léniniste. Et ils connaissent cette causalité, ils connaissent cette tendance générale qui veut qu'un pays en développement, après une décennie ou deux de croissance rapide, commence à se démocratiser. Mais ce parti s'assurera que ce type de développement politique ne se produira pas. Nous ne voyons émerger aucune tendance démocratique à aucun niveau de la société pour le moment.' 'Cette session du parlement a été observée à la loupe par la communauté internationale. Que peuvent-en retirer de positif et de négatif les Occidentaux ?' Prof. Kent Deng : 'Nous pouvons espérer un certain degrés de stabilité et de continuité de la part du parti au pouvoir et nous pouvons espérer que le taux de croissance de l'économie continuera encore d'atteindre 8 %, au plus haut, ou 6 %, au plus bas, dans les cinq prochaines années. Le point négatif, c'est l'énorme challenge du gouvernement central qui a promis des choses à son peuple, par exemple : de corriger l'énorme distorsion et déséquilibre économique du pays. D'encourager et de faciliter l'immense demande, de réduire la sur-production et de réduire les sorties de capitaux. De réduire la corruption d'Etat... Et tout ceci requiert d'énormes efforts et aussi un soutien populaire. Donc je dirais encore que le tableau sera contrasté dans les cinq années à venir pour le reste du monde.'
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Inquiétude à Hong Kong, après la disparition du responsable d'une maison d'édition mercredi dernier. Lee Bo y est connu pour publier des ouvrages critiques interdits en Chine continentale. Avant lui, quatre de ses collègues avaient déjà mystérieusement disparu mi-novembre. Leurs proches y voient la marque de Pékin et affirment que les cinq disparus sont détenus sur le continent. L'ONG Human Rights Watch dénonce 'un effort concerté des autorités de Chine continentale pour empêcher certains livres politiques de passer de Hong Kong en Chine. ' Les autorités, elles, restent silencieuses. ' S'ils n'ont arrêté personne, qu'ils viennent le dire, réclame Avery Ng,vice-président de la Ligue des Sociaux-Démocrates. Mais la réalité, c'est que les polices chinoise et hongkongaise n'ont pas répondu à ces questions. Pour la liberté de presse et d'expression, c'est cette répression silencieuse qui est la plus effrayante.' Depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, Hong Kong bénéficie d'un statut d'autonomie. L'île a conservé sa liberté d'expression et accueille de nombreux dissidents. Mais Pékin tente peu à peu de reprendre la main. Ce dimanche, une foule d'universitaires et d'étudiants a manifesté contre la nomination à la tête de l'université de Hong-Kong d'un président soutenu par la Chine communiste.
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C'est une petite révolution en Chine : la fin de la politique de l'enfant unique a été officiellement promulguée ce dimanche. Vieille de trente ans, l'interdiction pour un couple d'avoir plus d'un enfant avait été mise en place pour maîtriser une natalité qui commençait à s'emballer en Chine dans les années 70. A partir du 1er janvier 2016, tous les couples mariés seront autorisés à avoir un deuxième enfant, mais la loi maintient des limitations sur les naissances additionnelles. Pékin a toujours affirmé que la politique de l'enfant unique, en empêchant 400 millions de naissances, avait été l'un des principaux facteurs de sa croissance économique depuis les années 80. Mais il n'est pas sûr du tout que la fin de cette ingérence étatique mette fin au vieillissement de la population chinoise, qui compte aujourd'hui 1,37 milliards d'habitants.
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Cette semaine, Utalk répond à Cheng de Bruxelles. Voici sa question : 'La Chine et l'Union européenne fêtent leurs 40 ans de relations diplomatiques. Des relations qu'elles souhaitent approfondir. Alors, aujourd'hui, qu'elle est la nature de ces relations ?' John Farnell, haut conseiller au Centre UE-Asie basé à Bruxelles lui répond : 'La Chine et l'Union européenne entretiennent des relations économiques très importantes : 20 % des importations européennes proviennent de Chine et 10 % des importations chinoises proviennent d'Europe. Si les échanges commerciaux entre les deux partenaires se développent rapidement, les investissements aussi. Les investissements chinois en Europe ont tout particulièrement augmenté depuis la crise financière. Et l'année dernière, l'euro a perdu 25 % de sa valeur face au yuan. Cela dit, leurs relations ne sont pas toujours au beau fixe. Toutes sortes de difficultés existent. Les Européens, par exemple, ont du mal à accéder au marché chinois qui est très contrôlé. Certains investisseurs européens estiment également qu'ils ne sont pas traités de façon équitable en Chine. Ils disent notamment être soumis à plus de contrôles que leurs concurrents chinois. À l'inverse, les exportateurs chinois, eux, bénéficieraient parfois de subventions et d'un accès à des crédits bon marché. Côté chinois, Pékin a l'impression que son statut de puissance économique majeure n'est pas encore pleinement reconnu par l'Union européenne. Il y a aussi un certain nombre de préoccupations plus mineures relatives à l'obtention de visas de travail ici et à la simplification des conditions d'investissement.' Si vous souhaitez poser une question dans Utalk, cliquez sur le bouton ci-dessous
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Pékin poursuit sa croisade anti-corruption. Sa dernière cible : Zhou Yongkang, l'ancien ministre de la Sécurité publique. Ce haut personnage du régime a été arrêté et exclu ce vendredi du Parti communiste. Selon la presse chinoise, il est accusé d'avoir 'divulgué' des secrets d'Etat, d'avoir abusé de ses pouvoir pour aider des proches, des maîtresses et des amis à faire de gros profits dans des contrats commerciaux. En 2002, cet ex-patron du géant chinois pétrolier China national petroleum corporation devient el'un des 25 membres du bureau politique du Parti avec la fonction de ministre de la sécurité. Il s'illustre à ce poste par l'usage de la force pour réprimer les soulèvements civiques dans les régions autonomes du Tibet et du Xinjiang.
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A Hong-Kong, le chef de l'exécutif Leung Cheun-ying a de nouveau proposé ce jeudi aux étudiants de dialoguer pour mettre fin au blocage. L'annonce a été accueillie avec prudence par les leaders du mouvement pro-démocratie. Il faut dire qu'il y a une semaine, il avait déjà fait un offre de dialogue avant d'annuler le rendez-vous. Et puis il y a eu les interventions de la police pour démonter des barricades ces derniers jours. 'Je suis modérément optimiste, avoue une des manifestante Chrysanthemum. Il y a sans doute une tactique derrière. Mais bon, une reprise des discussions, cela peut être vu comme un signe encourageant. Raison pour laquelle, j'essaie d'être optimiste'. 'Nous avons déjà formulé des propositions de sortie de crise au gouvernement, rappelle Alex Chow, un des responsables de la fédération étudiante. Mais jusque-là, nous n'avons reçu aucune réponse. En fait, la balle est dans le camp du gouvernement'. Les manifestants réclament notamment la démission du chef de l'exécutif. Hors de question, a fait savoir l'intéressé à plusieurs reprises. Ce dialogue de sourd dure depuis déjà près de 3 semaines... 'Ce qui se dit chez les habitants et dans les milieux d'affaires, c'est que ce mouvement, certes affaibli, pourrait durer peut-être encore longtemps, peut-être quelques semaines, croit savoir notre envoyé spécial, Serge Rombi. Mais le sentiment qui prédomine ici à Hong Kong c'est que les autorités chinoises ne lâcheront absolument rien dans ce bras de fer'.
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La tension était à son comble sur Lung Wo Road, une artère proche des bureaux du chef de l'exécutif local. Depuis près de trois semaines maintenant ces manifestants exigent sa démission, sans succès. Le mouvement semblait s'essouffler, mais le passage à tabac d'un militant par des policiers, avant-hier soir, a ravivé la colère des pro-démocratie. Des violences filmées par une chaîne locale et qui ont tourné en boucle sur les réseaux sociaux. La victime, Ken Tsang Kin-chiu, est membre du Parti civique. Il affirme vouloir porter plainte. Les autorités ont annoncé la suspension de 6 agents soupçonnés d'avoir pris part à ces violences. Des centaines de personnes se sont rassemblées devant le siège de la police, dans le quartier voisin de Wan Chai, pour dénoncer la répression.
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Il n'y aura pas de dialogue avec les étudiants pro démocratie. Le gouvernement de Hongkong ferme la porte aux négociations. La rencontre prévue ce vendredi entre les deux parties et sensée mettre fin à deux semaines de manifestations a été annulée. Le mouvement des étudiants, fer de lance de la contestation, s'était un peu essoufflé ces derniers jours. Seuls quelques irréductibles protestataires ont refusé de battre en retraite et ont continué à réclamer avec force plus de démocratie, notamment l'organisation d'élections libres en 2017 et la démission du gouverneur de la ville. Une réponse à Pékin qui, en août dernier, avait annoncé vouloir accorder le Suffrage universel pour la prochaine élection du dirigeant du territoire, mais tout en gardant le contrôle des candidatures. L'annonce avait mis le feu aux poudres. Car en 1997, lors de la rétrocession de Hongkong par le Royaume-Uni à la Chine, cette dernière s'était engagée à respecter les principales libertés politiques et économiques de l'île, Hongkong devenant alors une région administrative spéciale dotée d'un statut très particulier sur le principe : 'Un pays, deux systèmes'. Aujourd'hui, les contestataires dénoncent la main mise de Pékin sur la politique locale, mais le Parti communiste laisse les autorités de Hongkong gérer la crise. Hongkong est vitale pour l'économie chinoise, mais le Président Xi Jinping a un contrôle direct sur l'île et il semble inconcevable que Pékin face marche arrière. La gestion par la Chine des récentes manifestations à Hong Kong a soulevé des interrogations concernant les politiques de leadership du président Xi Jinping. Le Dr Robert Laurence Kuhn, grand connaisseur de la Chine, spécialiste du monde des affaires chinoises a accepté de répondre à nos questions. Euronews : 'Nous avons vu plutôt une approche de non-intervention aux protestations à Hong Kong, entièrement différente de la façon dont Pékin gérait les précédents défis à son autorité. Est-ce que cela reflète une nouvelle philosophie de leadership de la part de Xi Jinping ou est-ce un événement unique ?' Dr Kuhn : 'Premièrement, il faut comprendre le concept d'un 'pays, deux systèmes' qui est la loi fondamentale pour Hong Kong et Macao, et comme l'espère la Chine, pour Taïwan dans l'avenir. (...) Ainsi, le point de vue du gouvernement chinois face au type de manifestations que nous voyons à Hong Kong, c'est : pas de changement, ça doit être géré localement par les autorités de Hong Kong. (...) Ils sont très préoccupés bien sûr par ce qui se passe là-bas. Mais autoriser les autorités de Hong Kong à gérer ça dans leur propre juridiction, ce n'est pas un changement de politique.' Euronews: 'Pourquoi ont-ils décidé que Pékin nommerait des candidats pour les élections à Hong Kong, sachant que cela provoquerait une réaction de colère ? Dr Kuhn: 'Je ne suis pas sûr d'être d'accord avec les termes de cette question sur le fait qu'ils savaient que cela provoquerait une réaction de colère. Il faut revenir à la loi fondamentale et à toute la structure de son fonctionnement. C'est, je dirais, un peu flou en ce qui concerne son fonctionnement.(...) Nous n'avions pas une démocratie de type occidentale à Hong Kong quand le territoire se trouvait sous la Couronne britannique. Il était géré par un gouverneur. C'est donc un processus en évolution. Clairement, Pékin ne permettrait pas à Hong Kong de se libérer du fait qu'il est un territoire chinois et sous autorité chinoise. Et de ce fait, ils essayeront de respecter autant que possible l'approche " un pays, deux systèmes ", qui, jusqu'à présent, a plutôt bien marché.
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Des dizaines de milliers de manifestants sont toujours mobilisés dans le centre financier et politique de Hong Kong, officiellement nommé ''région administrative spéciale de la République populaire de Chine.'' Les contestataires demandent à Pékin de respecter ses engagements, à savoir des élections libres et démocratiques, lors du prochain scrutin de 2017, qui aura lieu pour la première fois au suffrage universel. Problème, la Chine a décidé d'imposer un nombre limité de candidats, des personnalités dites ''patriotes'', préalablement sélectionnées par une Commission. Leung Chun-ying, l'actuel chef de l'exécutif à Hong Kong, cristallise toutes les critiques. Il n'est qu'une marionnette de Pékin pour les manifestants qui exigent sa démission. Le monde regarde de près ce qui se passe sur l'île; il scrute aussi et surtout la réaction de la Chine, qui a fermement mis en garde contre toute ingérence étrangère. 'Nous tenons à souligner que Hong Kong est l'une des régions administratives spéciales de la Chine, a rappelé la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères; les problèmes de Hong Kong sont purement les problèmes de la Chine. Par conséquent, nous demandons aux pays concernés d'être prudents dans leurs déclarations et dans leurs actes, de ne pas interférer avec notre politique interne, de ne pas soutenir ou tolérer des activités illégales comme le mouvement Occupy central à Hong Kong, et de ne pas envoyer de mauvais signaux au monde extérieur.'' Hong Kong ne laisse pas indifférent, et pour cause. C'est la troisième place financière au monde. Beaucoup d'intérêts sont en jeu. Pékin a beau avoir haussé le ton, la ''révolution des parapluies' résiste toujours à Hong Kong. Interview de Willy Lam, professeur à l'université chinoise de Hong Kong Neil O'Reilly, euronews : Hong Kong n'avait pas connu une telle confrontation depuis que la Chine a repris le contrôle de l'île. Comment est l'atmosphère là-bas ? Quel est le sentiment des habitants, en particulier depuis que des manifestants menacent d'occuper des bâtiments publics, si le chef de l'exécutif de Hong Kong, Leung Chun-ying, ne démissionne pas. Professeur Willy Lam : Les étudiants et les organisateurs de ces manifestations ont reçu un large soutien de l'opinion publique. C'est étonnant, car traditionnellement, le peuple hongkongais se soucie uniquement des enjeux économiques, et non pas des problèmes politiques. Mais maintenant, je pense qu'il soutient le combat des étudiants contre le gouvernement hongkongais et aussi contre Pékin. Il demande un haut niveau d'autonomie pour Hong Kong qui avait été garanti par les traités internationaux, quand l'île avait été rétrocédée à Pékin. euronews : Beaucoup de ces jeunes, dont vous parlez, n'étaient pas nés au moment des manifestations sur la place Tiananmen, il y a 25 ans. Que-ce qui les rend si déterminés, si confiants dans la victoire ? Professeur Willy Lam : Hong Kong, bien sûr, n'a rien à voir avec le Pékin d'il y a 25 ans. Les yeux du monde sont rivés sur Hong Kong ; on voit que la police hongkongaise s'est déjà retirée des rues, car il y a un soutien important de de l'opinion publique pour les étudiants. Donc, on attend avec appréhension la décision de Pékin, car la Chine doit faire une concession, ce qui permettra, je pense, d'apaiser les manifestants hongkongais. euronews : Pékin va-t-il accepter de faire un compromis ? Que peuvent faire les Chinois pour se sortir de cette situation et pour qu'il y ait un retour à la normale à Hong Kong ? Willy Lam : La Chine ne veut pas qu'on pense qu'elle a succombé à la pression des étudiants. Le pouvoir chinois est très fier ; il ne veut pas perdre la face. Mais pour résoudre cette situation, il devra au moins permettre la démission du très impopulaire chef de l'exécutif Leung Chun-ying et il devra aussi faire des compromis concernant le mécanisme électoral pour l'élection du prochain chef de l'exécutif en 2017. euronews : Quand la Grande-Bretagne a rétrocédé le territoire aux Chinois, des garanties avaient été faites à propos des droits de l'Homme et de la démocratie. Mais beaucoup craignaient que les autorités à Pékin ne seraient pas capables d'honorer leurs engagements sur le long-terme. Dans ce contexte, ce moment était-il inévitable ? Willy Lam : Cette confrontation, je pense, était inévitable. L'ADN de la politique de Hong Kong a quasiment changé du jour au lendemain. Les gens, maintenant, prennent le risque de se confronter, non seulement à la police et à l'administration hongkongaise, mais ils osent aussi se confronter à Pékin. Donc, à moins que la Chine n'utilise la force, il est très peu probable que les manifestants se calment, sauf s'ils obtiennent des concessions de Pékin.
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C'est un verdict particulièrement lourd que la justice chinoise a prononcé à l'encontre de Ilham Tohti. L'intellectuel ouïghour a été condamné ce mardi à la prison à vie pour 'séparatisme'. Le tribunal a également ordonné la confiscation de tous ses biens. Le procès s'est déroulé durant deux jours, sous haute surveillance à Urumqi, la capitale du Xinjiang. Cette région située aux confins de l'Asie centrale, est peuplée majoritairement de Ouïghours, une communauté musulmane. Certains réclament une plus grande autonomie vis-à-vis de Pékin, ce que le gouvernement chinois refuse. Ilham Tohti fait figure de modéré. Économiste, il enseigne à l'Université des minorités de Pékin. Il suit de près la situation dans le Xinjiang. Pour autant il ne s'est jamais prononcé en faveur du séparatisme. Mais Pékin voit en lui, un agitateur. Il a ainsi été ces derniers années, assigné à résidence. 'Je suis comme un prisonnier', confiait-il en février 2013. Sa condamnation à la prison à vie ce mardi a été dénoncée par l'Union européenne, mais aussi par plusieurs organisations de défense des droits de l'homme. Son avocat a laissé entendre qu'il ferait appel de ce verdict.
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Quelque 600 000 personnes ont déjà, en seulement trois jours, participé au référendum 'citoyen' organisé à Hong-Kong par des militants pro-démocratie. C'est déjà deux fois plus que ce qu'ils espéraient, alors que Hong Kong compte 3,5 millions d'électeurs. Ils accusent le gouvernement chinois de ne pas respecter l'accord garantissant un système politique autonome à cette Région administrative spéciale. 'Je suis déçue, explique une électrice. Je pensais que le principe 'un pays, deux systèmes' (prévu par l'accord de rétrocession à la Chine de 1997) serait vraiment appliqué à Hong Kong. Et que nous obtiendrions le suffrage universel direct. Mais nous subissons au contraire un contrôle de plus en plus étroit. Et les intentions exprimées récemment par le gouvernement chinois dans son Papier blanc me font réellement peur.' Dans ce document, la Chine réaffirme son autorité sur Hong Kong. Les organisateurs du scrutin, qui n'est - évidemment - pas reconnu par le régime chinois, ont décidé de le prolonger d'une semaine, jusqu'au dimanche 29 juin. Et, en raison d'une cyberattaque, ils ont ouvert des bureaux de vote alors que le scrutin se déroulait par Internet.
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Après le tapis rouge et le faste de Versailles déployés pour le président chinois en France, Xi Jinping entame sa première visite en Allemagne ce vendredi. Une visite pendant laquelle la...
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Les Pays-Bas, point de départ de la première tournée européenne du président chinois, Xi Jinping. Une première pour la Chine comme pour les Néerlandais, l’accueil a donc été royal. Il a...
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La décision a été confirmée lors de la session annuelle de l’Assemblée nationale populaire et elle renforce les inquiétudes des pays voisins impliqués dans des différends territoriaux avec...
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Le procès de Bo Xilai s’est ouvert sous le contrôle étroit des autorités chinoises. Le compte-rendu des débats n’est accessible que par des microblogs diffusés par la cour et la presse...
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La chancelière allemande l’a dit hier au nouveau Premier ministre chinois. Elle recevait pour la première fois Li Keqiang depuis sa prise de fonction en mars dernier. En campagne pour un troisième mandat fin septembre, Angela Merkel est mise sous pression par l’industrie allemande qui aurait...
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