Passe d’armes avec Jean-Luc Mélenchon, blague (ratée) avec François Lenglet, échanges difficiles avec Léa Salamé… Edouard Philippe était jeudi soir l’invité de "L’Emission politique" sur France 2. Voici les séquences qu’il ne fallait pas manquer. 

Jeudi soir sur France 2, Edouard Philippe était l’invité de "L’émission politique". Pendant plus de deux heures, le Premier ministre a ainsi tenté de répondre aux questions de Léa Salamé et de ses invités tout en défendant l’action du gouvernement. Un exercice difficile qui a notamment été marqué par plusieurs échanges difficiles et une blague quelque peu ratée. Pourtant, il semble qu’il ait porté ses fruits puisque 52% des téléspectateurs interrogés ont dit avoir été "convaincus" par sa prestation, selon un sondage Ipsos.

Face à Jean-Luc Mélenchon

C’était sans doute le moment le plus attendu de l’émission : le face-à-face entre le Premier ministre et le leader de la France Insoumise, candidat à la dernière élection présidentielle. Alors que la réforme du Code du travail divise actuellement la société et donne même lieu à des manifestations un peu partout en France, Jean-Luc Mélenchon l’a d’emblée interpellé sur ce sujet. "La souffrance se répand partout, a-t-il pointé. Vous venez de bricoler le code du travail, en France il y a 9 millions de pauvres, vous allez baisser le budget de 4 milliards". Ce à quoi Edouard Philippe a rétorqué : "Si la situation était bonne dans le pays, ça se saurait. Nous partons d’une situation où la France va mal". Et le chef du gouvernement d’insister : "Notre objectif, c’est de réparer le pays, le faire repartir. Créer de la croissance, augmenter le pouvoir d’achat de ceux qui sont des actifs". Des arguments qui n’ont pas convaincu celui qui se rêvait à l’Elysée. "Nous faisons le constat ensemble que la France va mal. Nos méthodes ne sont pas les mêmes", a-t-il conclu sur ce point.

Si le ton n’est jamais vraiment monté entre les deux hommes et est toujours resté courtoir, Edouard Philippe a toutefois réussi à envoyer une pique à Jean-Luc Mélenchon. Revenant sur l’entre-deux tours de la présidentielle qui avait opposé Emmanuel Macron à Marine Le Pen et pour lequel le leader de la France Insoumise n’avait pas appelé à voter pour celui d’En Marche !, il lui a en effet reproché son attitude et lui a lancé : "Parfois, vous me décevez".

La blague sur la calvitie de François Lenglet

Encore inconnu du grand public il y a quelques mois et souffrant d’une faible popularité, Edouard Philippe avait à cœur jeudi soir de montrer aux Français qui il est. Aussi, n’a-t-il pas hésité à faire quelques traits d’humour. Lesquels n’ont malheureusement pour lui pas toujours fait mouche. C’était notamment le cas lorsqu’il a répondu à une question de François Lenglet sur les shampooings : "Vous êtes mon avenir" en la matière. Ce qui n'a pas vraiment fait rire son interlocuteur au crâne chauve. 

Echanges difficiles avec Léa Salamé

Face à Léa Salamé, Edouard Philippe a éprouvé quelques difficultés à s’exprimer. Non pas qu’il ne trouvait pas ses mots, mais plutôt qu’il ne trouvait pas l’espace nécessaire pour les placer. En effet, la journaliste qui est désormais seule aux commandes de l’émission lui a souvent coupé la parole avec ses relances. Ce que le chef du gouvernement n’a pas manqué de lui faire remarquer, sans grand succès. "Madame Salamé, je suis enchanté d'être avec vous. Je suis là pendant deux heures. Je vais répondre à toutes vos questions, mais si vous avez la gentillesse de me laisser terminer, ça se passera encore mieux", lui a-t-il ainsi demandé à un moment, sans que cela ne fasse réellement effet.

Les sujets délicats abordés

Lors de son passage dans "L’Emission politique", Edouard Philippe a également abordé plusieurs sujets d’actualités qui font actuellement débat. Face à Thierry Breton, le PDG du groupe Atos et ancien ministre de l’Economie (2005-2007) qui l’interrogeait sur la dette du pays, le Premier ministre a annoncé son plan pour la réduire : "diminuer les déficits chaque année, diminuer la dépense publique et préserver l’investissement". Ce qui devrait selon lui permettre d’ici cinq ans d’avoir "cinq points de produit intérieur brut en moins sur la dette".

A propos de la PMA qui, comme Emmanuel Macron l’avait promis pendant sa campagne, sera bientôt autorisée à toutes les femmes, Edouard Philippe a expliqué son positionnement. Alors qu’il s’était dit contre en 2013, il a justifié son revirement de cette manière : "J’évolue car je rencontre des couples qui ont eu recours à cette technique en Belgique, en Espagne. Je vois ce que ça suscite, ce que ça permet, je ne vois pas ce que ça enlève. J’ai envie d’en discuter avec des gens".

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Quant à la récente fusion Alstom-Siemens, le Premier ministre s’est d’abord félicité que la France participe à la construction de "géants européens" fondés sur ses "compétences industrielles".