Jeune, issu de la société civile, expérimenté… Dans un peu plus d’un an les Français voteront pour élire leur nouveau président de la République. Et si l’on en croit les sondages, leurs aspirations sont bien loin de la réalité…

Qui les Français aimeraient-ils voir à l’Elysée en 2017 ? A un an et demi de la prochaine élection présidentielle, la question se pose de plus en plus. Selon un sondage Odaxa pour iTélé (juin 2015), une majorité d’entre eux (56%) souhaiterait que ce soit une personnalité civile et non une personnalité politique. Près de 7 sondés sur 10 se diraient par ailleurs indifférents au sexe du candidat et 73% estimeraient à regret que les partis politiques empêchaient les nouvelles personnalités d’émerger. Un dernier avis partagé par les sympathisants de droite (77%) et de gauche (68%).

Ainsi, et si l’on s’appuie sur ce sondage, les Français aspirent à du renouveau. Leur candidat idéal devrait être un homme ou une femme, jeune et en dehors de la politique. Mais cela est-il vraiment possible ? Le contexte peut-il permettre à ce scenario de prendre vie ? Eléments de réponses avec Samir Tounsi, auteur du Petit dico de la relève.

Planet : Peut-on imaginer un candidat issu de la société civile se présenter à l’élection présidentielle de 2017 ? Samir Tounsi* : "C’est une illusion. L’élection présidentielle est la boussole de la politique. Elle demande par ailleurs un temps de réparation très long. A un an et demi du premier tour, on imagine difficilement un candidat sorti de nulle part se présenter. Et puis quand bien même il y en aurait un, je ne suis pas sûr que les Français fassent confiance à un novice. Il ne faut pas oublier que le président de la République est celui qui peut décider de larguer la bombe nucléaire ou d’envoyer des forces armées combattre. Il y a là un véritable décalage entre ce à quoi les Français aspirent et ce dont ils sont véritablement capables au moment de voter.

Planet : Pensez-vous qu’un ‘jeune’ politique ait ses chances ? Samir Touni : Là encore, il y a un décalage. Les Français disent majoritairement qu’ils aimeraient voir les briscards disparaître au profit de la nouvelle génération de politiques mais dans les faits ils n’agissent pas en ce sens. Cela a été le cas lors de la primaire PS pour 2012 et cela le sera certainement pour celle de la droite cette année. En 2011, François Hollande et Martine Aubry sont arrivés loin devant Arnaud Montebourg et Manuel Valls, lesquels avaient pourtant près de dix ans de moins. Quant aux Républicains, Alain Juppé est donné favori par les derniers sondages alors qu’il y a quelques mois encore Bruno Le Maire était bien placé. Agé de 46, énarque, ancien ministre et avec un slogan basé sur le renouveau, il avait tout pour coller aux attentes des Français et pourtant, il s’est récemment fait devancer par le maire de Bordeaux qui a 70 ans…Historiquement, à chaque fois que l’on arrive dans 'le dur', et peu importe ce que les sondages ont pu révéler auparavant sur le profil des candidats, c’est la prime à l’expérience et à la souffrance qui l’emporte.

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Planet : A la tête d’un parti et dans la catégorie des quadras, Marine Le Pen fait-elle exception ? Samir Tounsi : Marine Le Pen est un cas à part. Elle est l’héritière d’une PME familiale. Sans son patronyme, je ne suis pas certain qu’elle aurait été choisie pour prendre les commandes du parti en 2011, ni qu’elle aurait été candidate à l’élection présidentielle un an plus tard. Ceci dit, son parti semble incarner le renouveau, notamment grâce à son casting et à son électorat. Il y a en effet beaucoup de places à prendre, ce qui est une aubaine pour les ‘jeunes’. Et puis, le parti d’extrême droite séduit un électorat jeune déjà déçu par la droite et la gauche".

*Samir Tounsi est l’auteur du Petit dico politique de la relève (ed. Du Moment)

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