Jérôme Cahuzac est passé aux aveux. L’ancien ministre du Budget, qui avait démissionné de ses fonctions le 19 mars derniers, a avoué ce mardi à la justice l’existence d’un compte caché. Il explique avoir été pris au piège par ses mensonges, il se dit dévasté par le remord et demande pardon.

Jérôme Cahuzac a avoué. L’ancien ministre du Budget a été entendu à sa demande par la justice ce mardi, et a avoué posséder un compte caché depuis une vingtaine d’années, un compte domicilié en Suisse et transféré par la suite à Singapour. Ces aveux confirment ainsi les accusations du site Mediapart, qui avait révélé l’existence de ce compte en décembre dernier. Des allégations que Jérôme Cahuzac avait toujours démenti avec la plus grande virulence. « Je n'ai pas et je n'ai jamais eu de compte en Suisse » jurait-il il y a encore quelques semaines. Retournement de situation donc pour l’ancien bon élève du gouvernement.

600 000 euros sur un compte dissimuléReçu par les juges d’instruction Roger Le Loire et Renaud Van Ruymbeke, Jérôme Cahuzac est donc passé à table. « J’ai rencontré les deux juges aujourd’hui. Je leur ai confirmé l’existence de ce compte et je les ai informés de ce que j’avais d’ores et déjà donné les instructions nécessaires pour que l’intégralité des actifs déposés sur ce compte, qui n’a pas été abondé depuis une douzaine d’années, soit environ 600.000 €, soient rapatriés sur mon compte bancaire à Paris » explique l’ancien ministre sur son blog.

« Dévasté par le mensonge »Des aveux qui sonnent comme un coup de massue pour le gouvernement, mais aussi pour l’ensemble de la classe politique française à qui Jérôme Cahuzac a aussitôt présenté ses excuses. « A Monsieur le Président de la République, au Premier Ministre, à mes anciens collègues du gouvernement, je demande pardon du dommage que je leur ai causé. A mes collègues parlementaires, à mes électeurs, aux Françaises et aux Français j’exprime mes sincères et plus profonds regrets. Je pense aussi à mes collaborateurs, à mes amis et à ma famille que j’ai tant déçus » peut-on lire encore sur son site.

« J’ai mené une lutte intérieure taraudante pour tenter de résoudre le conflit entre le devoir de vérité auquel j’ai manqué et le souci de remplir les missions qui m’ont été confiées et notamment la dernière que je n’ai pu mener à bien. J’ai été pris dans une spirale du mensonge et m’y suis fourvoyé. Je suis dévasté par le remords »

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Jusqu’à 10 ans de prisonMis en examen pour blanchiment de fraude fiscale et blanchiment de fonds pris en charge par la Sécurité sociale (soit des honoraires indûment perçus durant son activité de médecin), Jérôme Cahuzac va devoir répondre de ses actes devant la justice. Le blanchiment de fraude fiscale, qui consiste à réinjecter dans le circuit de l’argent dissimulé au fisc, peut valoir à son auteur 5 ans de prison, jusqu’à 10 ans pour fraude aggravée, et 375 000 euros d'amende.  

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