Indigné par l'annonce de l'ouverture prochaine d'un camp de réfugiés à Béziers, le maire de la ville a lancé une campagne d'affichage dépeignant cette opération comme une invasion.

"Ça y est, ils arrivent". Ce n'est pas le début d'un film de zombies ou d'extraterrestres, mais bien l'intitulé des affiches anti-immigration placardées depuis mardi matin dans la ville de Béziers, dans l'Hérault. Qui se cache derrière cette opération ? Robert Ménard bien sûr, le maire de la ville habitué des polémiques.

Flanqué des phrases "les migrants dans notre centre-ville !" et "l'État nous les impose", l'affiche s'indigne de la création prochaine d'un nouveau Centre d'accueil des demandeurs d'asile (CADA) dans une rue du centre de Béziers. Le CADA de la ville, formé grâce à l'association d'aide aux réfugiés La Cimade, existe déjà et accueille 50 migrants. Ce nouvel emplacement n'en sera qu'une extension.

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Une "invasion" de... 40 migrants

La pseudo-invasion qui affole le maire, indique Midi Libre, concerne en réalité... 40 migrants de plus, dans une ville comptant au moins 74 000 habitants. On est bien loin de la "véritable immigration de peuplement" crainte par le politicien controversé.

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Comme il l'affirmait vendredi, selon le journal, Robert Ménard voit pourtant dans cette extension "un coup de poignard dans le dos des Biterrois" et un frein "à la redynamisation du centre-ville". Le sous-préfet de Béziers, quant à lui, a expliqué à Midi Libre que "c'est une politique nationale, (...) pas particulière". Le maire peut donc continuer à afficher ses slogans lapidaires, mais il n'aura pas d'influence sur la question.

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