D’ordinaire calme, le ministre de l’Intérieur s’est emporté mardi à l’Assemblée nationale lors de la séance de questions au gouvernement. Retour sur cet épisode.

Bernard Cazeneuve est sorti de ses gonds mardi à l’Assemblée nationale. Alors qu’il est connu pour être discret et plutôt prompt à maîtriser ses émotions, le ministre de l’Intérieur est progressivement monté dans les tours lors d’une séance de questions au gouvernement. Au député LR Olivier Morleix qui interrogeait Christiane Taubira sur les 250 Français revenus du djihad en Syrie, "libres d’aller et venir sur notre territoire comme bon leur semble", le premier flic de France a d’abord répondu avec humour : "Je voudrais d’abord vous remercier pour la chaleur de votre accueil qui me va droit au cœur". Puis, Bernard Cazeneuve a changé de ton et pris la défense de sa collègue.  

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Bernard Cazeneuve a dénoncé des « contre-vérités »"Le sujet de la lutte contre le terrorisme mérite beaucoup mieux que des contre-vérités et des mises en cause injustes de ministres qui, comme la garde des Sceaux sur la question lutte contre le terrorisme, donnent le meilleur d’eux-mêmes". Toujours plus agacé, le ministre de l’Intérieur a poursuivi en rappelant que sur 250 djihadistes, "il y a eu 232 interpellations, 168 incarcérations, 60 contrôles judiciaires". Et celui-ci de conclure que "sur la question de la lutte contre le terrorisme, le ministère de la Justice et le ministère de l'Intérieur, comme en témoigne l'excellence des relations entre le parquet antiterroriste et les services de police, agissent de concert".

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Un peu plus tôt dans la journée, Bernard Cazeneuve avait déjà haussé le ton. En marge de l’inauguration d’un immeuble de bureaux à Paris, le ministre avait pointé les critiques et les articles sur les "failles" dans la protection des victimes ou la surveillance des djihadistes ayant frappé la France. Tout cela est fait "sans la moindre analyse", avait-il raillé.