Pas Charlie, s’interrogeant sur la probabilité de retrouver une carte d’identité dans la voiture des terroristes comme un passeport dans les tours du World Trade Center, complotiste dans le sens zemmourien du terme,... Bruno Gollnisch, député FN au Parlement européen, donne sa vérité.

Planet : Avez-vous défilé le dimanche 11 janvier ? Bruno Gollnisch : "Non car je considère que l’émotionnel est le paravent des carences et des fautes criminelles de ceux qui étaient en tête de ce défilé. De toute façon le Front National n’étant pas le bienvenue, il était donc de notre responsabilité de ne pas créer d’incidents.

Planet : Etiez-vous plus Charlie Martel que Charlie ?Bruno Gollnisch : Je n’aime pas le slogan Je suis Charlie qui relève d’un totalitarisme compassionnel. Nous sommes contraints, sous l’effet de l’émotion, de s’identifier à Charlie Hebdo. Ce journal ne représente pas mes valeurs, leurs provocations qu’ils étaient en droit de faire étaient outrancières, irresponsables, injurieuses, insultantes. Je ne les considère pas comme des martyres de la liberté d’expression car ils étaient pour la liberté d’expression de ceux qui pensent comme eux. Je n’ai pas oublié que monsieur Charbonnier, dit Charb, Dieu ait son âme, avait avec Cabu et Val réuni une pétition demandant l’interdiction du FN. C’est une conception assez policière de la liberté d’expression. Je trouve déplaisant dans cet unanimisme imposé de devoir s’identifier à Charlie Hebdo ou de paraître justifier cet abominable assassinat. Je réprouve sans réserve cet assassinat ignoble mais sans éprouver la nécessité de m’identifier à Charlie. Quant à Charlie Martel, c’est une boutade.

Planet : Avaient-ils un peu de talent ou pas du tout ?Bruno Gollnisch : Oui indiscutablement. Cabu était parfois drôle mais le parti pris de dérision orienté de toutes les valeurs que je défends et des corps constitués me semble être un paradoxe. Que des policiers soient morts en tentant de protéger en vain Charlie Hebdo  qui passait son temps à conchier la police me paraît paradoxal.

Planet : Comment jugez-vous les réponses apportées par François Hollande et son gouvernement après les attentats ?Bruno Gollnisch : Sur le plan politique pur, je le trouve habile. Jean-Marie, Marine Le Pen et moi-même étions persuadés qu’il allait connaître une hausse de popularité. Habile sauf sur cette union nationale qui nous excluait… Reste à savoir si cela sera va durer sur le long terme. Tout dépendra des mesures qui seront prises qui pour l’instant sont insuffisantes. Il est incontestable qu’en France on a laissé se développer un terreau hétérogène, par rapport au reste de la société, animé par une religion qui est conquérante. Tous les musulmans ne sont pas des terroristes, l’immense majorité des musulmans réprouve leurs actes mais on ne peut pas dire que ces actes n’ont aucun rapport avec l’Islam.

Planet : Vous avez beaucoup étudié le Coran ?Bruno Gollnisch : J’ai surtout enseigné autrefois le droit comparé. J’ai donc fait un petit peu de droit musulman dans le cadre du droit comparé. Je possède quelques notions élémentaires mais je ne suis pas un expert. J’ai lu le Coran, comme les évangiles et le manifeste du Parti Communiste car ces textes déterminent l’Histoire humaine.

Planet : Avez-vous été choqué par les thèses complotistes de certains élèves ?Bruno Gollnisch : C’est assez extraordinaire qu’on ait retrouvé la carte d’identité d’un des frères Kouachi dans la voiture. Que les jeunes, issus de l’immigration ou non, soient très sceptiques par rapport à ce qu’on leur raconte je trouve ça très sain. Récuser le discours dominant dont on voit qu’il a fait faillite ne me choque absolument pas mais je ne vois pas d’autre complot que celui des assassins. Il faut savoir aussi que quelquefois l’invraisemblable est vrai et ce qui prouve d’ailleurs que c’est vrai c’est que c’est invraisemblable. Il est invraisemblable de laisser une carte d’identité dans un véhicule. De la même façon, il est invraisemblable que le 11 septembre aux Etats-Unis on ait pu retrouver le passeport d’un des auteurs de ce forfait dans des tours en feu… Avec Jean-Marie Le Pen nous avons trouvé très surprenant la découverte de cette carte d’identité dans la voiture. Ce qui ne dénonce pas une manipulation des services secrets français. Le seul complot c’est sur la sureté intérieure et extérieure de l’Etat qui est l’appel à une immigration massive de personnes qui se trouvent en dehors de notre civilisation depuis 40 ans. C’est un complot contre la France. Je suis complotiste au sens zemmourien du terme : dénatalité, immigration massive, ouverture des frontières, libre échangisme, destruction de l’identité française, etc.

Planet : La naturalisation de Lassana Bathily, l’employé de l’Hyper Cacher, vous semble justifiée ?Bruno Gollnisch : Oui, c’est un garçon qui a fait preuve de courage, cela ne me choque pas. Au Front National, notre slogan a toujours été 'la nationalité française s’hérite ou se mérite'.

Planet : Comprenez-vous l’éviction d’Aymeric Chauprade (il évoque dans une vidéo une France en guerre contre des musulmans) de son rôle de conseiller pour les relations internationales auprès de Marine Le Pen ?Bruno Gollnisch : La crainte de Marine Le Pen était de se retrouver engagée avec les prises de position d’Aymeric Chauprade. Sa vidéo ne me choque pas. C’est un universitaire qui publie des thèses, des doctrines, des idées. S’il veut continuer à s’exprimer librement, je conçois qu’il ne soit plus le conseiller officiel de Marine et du FN. Concernant 'le grand remplacement', même si le terme n’est pas très bien choisi, il me semble qu’on assiste à une substitution de population progressive. Quant au 'choc des civilisations', dont j’ai discuté avec Chauprade, cette formule n’explique pas tous les conflits dans le monde mais un certain nombre quand même. En France, il y a un réel problème démographique, la natalité ne pourvoit pas au remplacement des générations et progressivement d’autres populations viennent se substituer à la population primitive.

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Planet : Pensez-vous, comme Manuel Valls, qu’il existe un apartheid en France ?Bruno Gollnisch : Il y a des communautés hétérogènes qui vivent séparées du reste de la population. Le communautarisme progresse et détruit l’unité de la société française depuis 40 ans. Comme le disait Pétain : 'Français vous avez la mémoire courte'".  

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