Malgré une rencontre de deux heures avec Jean-Marc Ayrault hier soir, les représentants syndicaux de Florange ne sont pas apaisés. Si le gouvernement a affirmé qu’il ne reviendrait pas sur l’accord conclu avec le patron d’ArcelorMittal, eux indique que le combat n’est pas terminé.

La discussion s’annonçait houleuse. Après deux heures d’entretien avec Jean-Marc Ayrault, les représentants syndicaux des salariés de Florange sont ressortis de Matignon mercredi soir se disant « trahis ». « On est loin du compte » a déclaré Edouard Martin, représentant CFDT. « En ressortant, mes doutes restent toujours les mêmes ». Le Premier ministre, lui, est resté ferme sur ses positions, défendant l’accord signé vendredi dernier avec Lakshmi Mittal, et excluant toute possibilité de marche arrière.

Jean-Marc Ayrault a exposé à l’intersyndicale dans le détail les mesures conclues avec le patron dArcelorMittal, dont quelques extraits avaient été publiés dans le journal Le Monde. Sur la question des 180 millions d’euros d’investissements promis, les délégués syndicaux maintiennent que cela ne suffira pas, arguant que sur la totalité de l’enveloppe allouée, seuls 53 millions seront destinés aux investissements stratégiques.

Autre point de discorde, les hauts fourneaux. L’accord signé par le gouvernement prévoit que ceux-ci seront arrêtés dans quatre mois. Le Premier ministre, lui, a mis en avant le fait qu’il n’y aurait pas de licenciements et que les 629 salariés seront reclassés. « Le gouvernement a eu raison de prendre la solution la plus favorable pour l’emploi », a réaffirmé Jean-Marc Ayrault sur France 2 mercredi soir. « Il n’y aura pas de licenciement à Florange, beaucoup de Français aimeraient avoir un tel résultat » a-t-il estimé.

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Le Premier ministre a également promis la création d’un comité de suivi de l’accord et a proposé d’organiser une nouvelle rencontre avec les représentants des salariés pour répondre aux nouvelles questions et clarifier les zones d’ombre qui pourraient persister. Les délégués syndicaux ont eux fait savoir dès leur sortie de Matignon qu’ils ne baisseraient pas les bras. Un geste qui ne convainc pas. Pour Yves Frabbri, CGT, Jean-Marc Ayrault « nous en écoutés mais pas entendus ». « On lui a dit que la tente du village gaulois reste plantée en Lorraine. La résistance continue, le combat continue, c’est pas terminé » a indiqué Edouard Martin.

 

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