Cinq mois après avoir été poussé à démissionner de son poste de conseiller du président, Aquilino Morelle revient dans un entretien accordé au Point. L’occasion pour cet ex-proche de François Hollande de régler ses comptes avec le gouvernement.

Il n’a pas digéré son départ. Le 17 avril dernier, Aquilino Morelle était contraint de démissionner de son poste de conseiller après avoir été accusé de travaillr en cachette pour des laboratoires pharmaceutiques. Aujourd’hui, cinq mois après son départ de l’Elysée, il sort de son silence pour régler ses comptes. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ne mâche pas ses mots à l’égard de François Hollande et le gouvernement. Au cours d’un entretien accordé au Point et dévoilé ce jeudi, Aquilino Morellle charge en effet le président à coup de comparaison et expressions fortes, voire très fortes.

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Des "toutous" dans l’entourage de François Hollande

'La logique qui est en œuvre est une logique de purification ethnique. C’est les Hutus et les Tutsis. Tout cela est limpide. On a commencé par moi, et maintenant Arnaud (Montebourg, ndlr). Là, ils ont signé leur crime. C’est d’une pureté !", a lâché l’ancien conseiller de François Hollande, faisant alors référence au génocide au Rwanda et à la récente éviction d’Arnaud Montebourg. L’ancien ministre du Redressement productif a été écarté du gouvernement après avoir publiquement critiqué sa politique. Un acte que défend Aquilino Morelle, lequel voit désormais en les ministres du gouvernement Valls II, une équipe de "toutous" au service de la politique d’Angela Merkel.

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Un "complot" monté contre lui ?

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Celui qui faisait il y a cinq mois encore partie de l’entourage proche de François Hollande a poursuivi son interview en tirant à boulets rouges sur ce dernier. Estimant avoir été victime d’un "complot" fomenté par le chef de l’Etat et d’autres de ses proches, Aquilino Morelle a déclaré : "Il y avait du cirage dans les toilettes de mon bureau, tout le monde le sait. Ce jour-là je n’ai pas eu le temps de le faire moi-même". Et celui-ci d’expliquer que son départ aurait été motivé par les intérêts de Jacques Servier, le fondateur du groupe pharmaceutique fabriquant le Mediator, pour "le discréditer en vue de 2015 et de (s)on témoignage au procès du Mediator".

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