Pendant un meeting en 2012 à Lyon, celui qui était encore président de la République faisait applaudir une salle en rappelant l’importance du mot "race" dans la Constitution.

La sanction est tombée mercredi : Nadine Morano a vu son investiture en Meurthe-et-Moselle lui être retiré car elle ne s’était pas excusée suite à ses paroles prononcées il y a deux semaine sur France 2.

"Le mot race ne s’emploie pas à la légère"

Pour rappel, voici ce qu’elle avait dit in extenso : "On a besoin d’être dans cette cohésion nationale chez nous, a-t-elle fait entendre. Pour qu’il y ait une cohésion nationale, il faut garder un équilibre dans le pays, c’est-à-dire aussi sa majorité culturelle." L’élue a ensuite déclaré ces paroles qui ont depuis tant fait couler d’encre : "Nous sommes un pays judéo-chrétien - le général de Gaulle le disait - de race blanche, qui accueille des personnes étrangères."

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Nicolas Sarkozy, le président des Républicains, a donc vu dans ces propos une faute politique et a demandé à Nadine Morano de faire des excuses publiques, en vain. Il a même déclaré lors d’une réunion du groupe des Républicains à l’Assemblée que "la France n’est pas une race. Le dire, ce n’est pas une opinion, c’est une bêtise." Ajoutant que "le mot race ne s’emploie pas à la légère."

Nicolas Sarkozy, en 2012 : "Le mot race a été écrit avec le sang…"

Pourtant, le 17 mars 2012, celui qui était encore président de la République disait tout le bien qu’il pensait du mot "race" au cours d’un meeting de campagne pour l’élection présidentielle. Et alors que le candidat François Hollande proposait de retirer le mot "race" de la Constitution, Nicolas Sarkozy fit un plaidoyer pour sa sauvegarde. "Le mot race a été écrit dans le préambule (de la Constitution, NDLR) de 1946, et si on comprend, ce mot a été écrit avec le sang des Français libres, le sang des Résistants, le sang des fusillés, le sang des déportés des camps d’extermination…", a-t-il fait entendre.

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"Avec leur sang, reprend Nicolas Sarkozy, on a écrit le mot race dans le préambule de 1946 pour que nul n’oublie jamais les millions de victimes de la plus grande entreprise raciste que le monde ait connue. Je ne laisserai pas effacer ce mot d’un document sacré dans l’histoire de France !"

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