Nouveau rebondissement dans l’affaire des sondages de l’Elysée : le parquet de Paris vient d’autoriser le juge Tournaire à élargir son enquête à l’ensemble du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Objectif : établir s’il y a eu ou non détournements de fonds.

Tout a commencé en 2010 par une plainte de l’association Anticor. Celle-ci dénonçait le favoritisme dans une convention commerciale signée en 2007 avec la société de conseil Publifact de Patrick Buisson, ancien conseiller de l'ex-président. Une convention qui avait déjà éveillée la suspicion de la Cour des comptes un an plus tôt. Elle soulignait alors qu’elle avait été passée sans « qu’aucune des possibilités offertes par le code des marchés publics pour respecter les règles de la mise en concurrence (...) n'ait été appliquée ».

En octobre 2012, l’association de lutte contre la corruption dépose une seconde plainte pour « détournement de fonds publics » et « favoritisme ». Cette fois-ci ce sont les sondages commandés à neuf instituts (Publifact, PubliOpinion, Giacometti-Peron, Ipsos, Ifop, OpinionWay, Sociovision, TNS Sofrès et CSA) qui sont visés pour une période qui recouvre toute la présidence de Nicolas Sarkozy (2007-2012). Le mois suivant le parquet décide de confier l’enquête à la Brigade de répression de la délinquance économique (BRDE).

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C’est aujourd’hui le juge Tournaire du pôle financier de Paris, déjà autorisé en décembre à instruire la première affaire, qui va devoir approfondir le travail mené par la BRDE. En tout, ce serait pas moins de 9,3 millions d’euros qui auraient été dépensés en cinq ans par le cabinet de l’ancien Président de la République pour des questions d’ordre privé ou tout simplement partisanes. Pour l’avocat d’Anticor, il est essentiel de faire la lumière sur le rôle des conseillers de Nicolas Sarkozy et de l’ancien président de la République durant cette période. « S'il a agi pour des raisons personnelles, ou en tant que chef officieux de l'UMP, Nicolas Sarkozy n'agissait plus dans l'exercice de ses fonctions » a indiqué Me Karsenti. Il ne pourrait alors plus bénéficier de son immunité.  

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