La séance des questions au gouvernement a de nouveau été l’occasion, ce mercredi, d’un chahut à l’Assemblée. Opposition et majorité se sont échauffées entre questions sur l’affaire Chauzac et promotion des mesures annoncées par François Hollande. Jean-Marc Ayrault a fait les frais de cette joute verbale très animée.

Il est des jours plus faciles d’autres. Ceux de Jean-Marc Ayrault ces derniers temps ne sont guère de tout repos. Ce mercredi n’a pas fait exception à la règle. La traditionnelle séance des questions au gouvernement à l’Assemblée a été l’occasion d’un affrontement entre les élus de l’opposition et ceux de la majorité. Les hostilités ont démarré dès la troisième question. « Ma question s'adresse au Premier ministre (…) qui ne répond jamais aux questions de l'opposition » commence Claude Goasguen. « Aviez-vous tous les éléments en main ? Avez -vous disposé d'information approfondies par l'intermédiaire de la garde des Sceaux ? En avez-vous discuté avec le président de la République ? » Au moment où le nouveau ministre du Budget, Jérôme Cazeneuve prend la parole, les députés UMP se mettent à scander des « Ayrault ! Ayrault ! Ayrault ! »

« Pimpon ! Pimpon ! Pimpon ! »«  La justice a fonctionné de façon tout à fait indépendante »  a réaffirmé Jérôme Cazeneuve, ajoutant qu’ « aucune pression ne s'est exercée sur un magistrat du parquet, ce qui n'a pas toujours été le cas » A-t-il rétorqué. « Je vous rappelle qu'il fut une époque où l'on interrogeait de manière assez peu convenable les sources des journalistes » a répondu le ministre à la droite. « Ce que vous êtes en train d'essayer de faire n'est pas très digne ». Mais l’opposition ne s’est pas déclarée vaincue. Agacée que Jean-Marc Ayrault ne prenne pas lui-même la parole, les députés ont alors lancés des « Pimpon ! Pimpon ! Pimpon ! », ce qui leur a valu un rappel à l’ordre de Claude Bartolone, la président de l’Assemblée précisant que « ce sont les questions au gouvernement, ce ne sont pas les questions au Premier ministre ».

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« Mesdames et messieurs, hurleurs de la droite »Après avoir laissé ses ministres répondre aux questions, Jean-Marc Ayrault a fini par prendre la parole après une intervention de Bruno Le Roux, lequel ne posait pas réellement de question mais saluait plutôt les mesures annoncées par François Hollande, se réjouissant que « la France renoue enfin avec la lutte contre la fraude fiscale et la délinquance financière après dix années de passivité ». La goutte d’eau pour l’opposition qui hurle alors des « Démission ! Démission ! » Réponse du Premier ministre : « En vous comportant de la sorte, mesdames et messieurs de la droite, vous vous comportez de façon indigne et vous portez attente à l'image de la fonction que vous représentez » réplique Jean-Marc Ayrault. « Mesdames et messieurs, hurleurs de la droite, serez-vous au rendez-vous de la transparence, de la lutte contre la fraude fiscale, au rendez-vous de la lutte contre les paradis fiscaux ? Eh bien je prends date et on verra bien. »