Alors que l’ancien président a déclaré dimanche qu’il ignorait tout de l’affaire dite Bygmalion, Le Monde assure le contraire. Selon le quotidien, Nicolas Sarkozy en aurait eu vent à deux reprises.

Nicolas Sarkozy a-t-il dit la vérité dimanche soir sur le plateau de France 2 ? Interrogé par Laurent Delahousse à propos de l’affaire dite Bygmalion, il a répondu : "J’ai découvert l’existence de Bygmalion bien longtemps après la campagne présidentielle. Je ne m’occupais pas de ça". Des propos quelque peu contrariés par les révélations du Monde.

Mardi soir, le journal a en effet révélé le contenu des résultats d’enquête préliminaire de la police. Ceux-ci confirment "la mise en place d’un système de fausse facturation destiné à couvrir les dépenses pharaoniques de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012", rapporte le journal. "Les participants à ces faits, les responsables de Event et Cie (filiale de Bygmalion, ndlr), de l'UMP et de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, semblent inextricablement liés les uns aux autres dans la décision d'établir ces fausses factures", afin d'éviter un dépassement des comptes de campagne", précisent-ils également.

L’expert-comptable aurait alerté Nicolas Sarkozy…Toujours selon ces documents que Le Monde a pu consulter, certains semblent "attester que l'ex-chef de l'Etat (Nicolas Sarkozy,, ndlr) en savait beaucoup". Le quotidien du soir met notamment en avant une note rédigée par l’expert-comptable "signataire du compte de campagne" et adressée en avril 2012 à Nicolas Sarkozy. Celle-ci préviendrait le candidat d’alors que "le chiffre des dépenses prévisionnelles ou engagées à la date du premier tour" dépasse les 18 millions d'euros. Un montant donc bien supérieur " au plafond des dépenses requises pour le premier tour (16 851 000 euros)".

… Jean-François Copé aussiOutre ce premier avertissement, Nicolas Sarkozy aurait également été alerté par Jean-François Copé. Le Monde avance en effet un sms que Jérôme Lavrilleux, l’ancien directeur de cabinet de ce dernier, aurait envoyé à Guillaume Lambert, le directeur de cette campagne : "JFC (Jean-François Copé) ne vient pas à Clermont, il y est allé la semaine dernière. Louer et équiper un deuxième hall est une question de coût. Nous n'avons plus d'argent. JFC en a parlé au PR (président de la République)".

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Plus de 18,5 millions d’euros de fausses facturesUn chiffre est par ailleurs mentionné dans cette synthèse : la patronne de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales, Christine Dufau, estime à "18 556 175,95 euros" le montant total des fausses factures que Bygmalion aurait adressées à l'UMP et ce, "à la demande de l'UMP". Ce système de double facturation aurait ainsi permis à l’UMP de dépasser le plafond légal du financement de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2012. Ces derniers ont finalement été invalidés en 2013.

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