L’heure était au souvenir en ce lundi 11 novembre mais certains ont préféré crier leur mécontentement. Hué lors de son passage sur les Champs-Elysées, François Hollande s’est de nouveau fait siffler à Oyonnax. Des agissements critiqués à gauche comme à droite.

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Les cérémonies du 11 novembre ne se sont pas tout à fait déroulées comme prévu. François Hollande s’est en effet fait huer lors de son passage sur les Champs-Elysées.  Une centaine de manifestants avaient visiblement choisi les commémorations du 11 novembre pour faire entendre leur mécontentement. Certains portaient des bonnets rouges, symboles des Bretons manifestant contre l’écotaxe, mais tous ou presque étaient vraisemblablement issus du Printemps Français, les militants les plus radicaux de la « Manif pour tous ».

Une « insulte faite aux morts »Des heurts ont éclaté entre les manifestants et les forces de l’ordre, qui ont procédé à 73 interpellations selon la Préfecture de Police. Des agissements dénoncés et vivement critiqués, à gauche comme à droite. Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national du Parti socialiste, parle d’une « insulte faite aux morts ». « Toutes les personnes interpellées sont connues pour leur activisme et leurs idées. Ils font partie du Printemps Français ou du Renouveau Français. L'extrême-droite n'aime pas la France, c'est ce qui la caractérise depuis toujours » a de son côté déclaré le ministre de l’Intérieur. A droite, Jean-François Copé a également regretté ces comportements qu’il juge « très regrettables » et a dénoncé un manque de respect. « Huées franchement déplacées car en ce jour de mémoire et d’hommage à nos morts, François Hollande représente la République » a de son côté commenté Valérie Pécresse sur son compte Twitter.

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Un président toujours plus impopulaireEn déplacement à Oyonnax, dans l’Ain, quelques heures plus tard, où il était venu honorer les Résistants qui avaient défilé dans les rues 70 ans plus tôt malgré l’occupation des nazis, François Hollande a de nouveau été chahuté. Certains manifestants brandissaient là des pancartes « Hollande dégage ». Une colère qui traduit le malaise social qui fait ces jours-ci la une de l’actualité. Signe supplémentaire que François Hollande a encore du pain sur la planche pour sortir le pays de la crise et s’en sortir la tête haute, le président de la République enregistre une nouvelle dégringolade dans l’opinion. Après des chiffres historiquement bas en octobre dernier, un dernier sondage Ipsos pour Le Point, paru ce lundi, ne crédite plus le chef de l’Etat que de 21% d’opinions favorables. Pas plus populaire, Jean-Marc Ayrault ne fait pas mieux et affiche les mêmes résultats catastrophiques, poussant certains à demander d’urgence un remaniement ministériel.