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L'Europe a traversé sa pire crise économique et financière des dernières décennies et elle s'en est finalement sortie. Mais les citoyens ont dû payer le prix fort et aujourd'hui, ils ont de moins en moins confiance dans le projet européen. Dans cette édition, nous interrogeons au Forum économique de Bruxelles un personnage-clé dans la gestion de cette crise, le directeur général du Mécanisme européen de stabilité (MES), Klaus Regling. Sur la situation de la Grèce, il indique que les évolutions positives ont été interrompues en 2015 quand le pays a inversé des réformes. Il estime par ailleurs qu'un Brexit serait 'une perte considérable pour l'Union européenne'. Enfin, il affirme qu'en 2011 et 2012, la zone euro est passée tout près d'un effondrement. Efi Koutsokosta, euronews : 'Vous dirigez un mécanisme créé au plus fort de la crise dans l'objectif d'accorder des fonds de sauvetage aux pays qui en ont besoin. Vous avez jusqu'à présent déboursé plus de 250 milliards d'euros. D'où vient cet argent ? Je vous pose cette question en lien avec toute cette rhétorique sur les contribuables français et allemands qui paieraient pour les pays en difficulté. Est-ce réellement le cas ?' Klaus Regling, directeur général du Mécanisme européen de stabilité : 'Oui et non. L'argent que nous accordons à ces pays provient des marchés. Quand nous effectuons un versement à la Grèce ou dans le passé, à l'Irlande ou au Portugal, ce n'est pas de l'argent qui vient des budgets nationaux de nos pays actionnaires. Cependant, l'accord prévoit que les budgets de nos actionnaires assument les risques parce que quand ils garantissent notre opération, ce sont des risques supportés par les budgets nationaux. Si cela tourne mal, ces risques peuvent entraîner des coûts qui sont bien réels.' Biographie: Klaus Regling Klaus Regling est un économiste allemand, il préside le Fonds de sauvetage de la zone euro (FESF, MES) depuis le début de la crise de la dette. Il est le fils de Karl Regling, un menuisier de Lübeck qui a été élu au Bundestag avec les sociaux-démocrates. Le FESF et le MES ont accordé 255 milliards d'euros sur les cinq dernières années à la Grèce, l'Irlande, le Portugal, la République de Chypre et l'Espagne. Il a joué un rôle-clé dans l'élaboration du pacte de stabilité et de croissance dans les années 90 alors qu'il était ministre allemand des Finances. Ce qui lui a valu de passer aux yeux de certains, pour un monétariste intransigeant et un néolibéral. Grèce : 'Les évolutions positives ont été interrompues en 2015' Efi Koutsokosta : 'La Grèce est un cas particulier car c'est le seul pays qui fait encore l'objet d'un plan et d'une supervision du MES. Quelle est sa situation aujourd'hui ? Une réunion de l'Eurogroupe a lieu ce jeudi. Que faut-il en attendre ?' Klaus Regling : 'La Grèce est effectivement un cas particulier. Les quatre autres pays qui sont tous sortis des plans avec succès n'en ont eu besoin que d'un seul. La Grèce en est à son troisième parce que la situation de départ y était la plus difficile, l'écart par rapport aux attentes était plus important et aussi parce qu'il y a eu un retour en arrière dans les réalisations grecques il y a un an. Pendant la première moitié de l'année 2015, elle a tenté une nouvelle approche, elle a inversé certaines réformes et donc, les évolutions positives que nous avions constatées également dans ce pays en 2014 ont été assez sérieusement interrompues.' Efi Koutsokosta : 'Voulez-vous dire que ce troisième plan aurait pu être évité ?' Klaus Regling : 'Je ne sais pas s'il aurait pu être évité complètement, mais il est certain qu'il aurait été beaucoup moins important. Toujours est-il qu'aujourd'hui, il y a ce troisième plan et que la coopération avec le gouvernement grec est à nouveau productive. Lors de la réunion de l'Eurogroupe, je crois qu'il y a de bonnes chances qu'une décision soit prise sur le prochain versement.' Grèce: l'Eurogroupe prêt à accorder un prêt de 10,3 milliards prochainement https://t.co/DlUwfGYsqp- Challenges (@Challenges) 8 juin 2016 Efi Koutsokosta : 'Il y a aussi ce grand débat sur l'allègement de la dette, la restructuration de la dette grecque. Lors de sa dernière réunion, l'Eurogroupe a évoqué le fait qu'un mécanisme pourrait être mis en place après le plan, si nécessaire. Qu'est-ce que ça veut dire 'si nécessaire' ? La dette est-elle soutenable ou non ?' Klaus Regling : 'Vu que ce plan est mis en oeuvre selon une perspective à très long terme, il s'achèvera à un moment donné, mais les prêts eux ne seront remboursés qu'à une échéance de 30 ou 32 ans. Nous voulons être sûrs que pendant cette période, la Grèce puisse de nouveau se tenir debout, on doit gérer les aléas qui peuvent survenir sur un laps de temps si long. Nous savons tous que les prévisions sont toujours hasardeuses, il y a une part d'incertitude même pour ce qui concerne l'année prochaine et comme nous nous inscrivons dans une période de trente ans, cela va de soi que l'incertitude est beaucoup, beaucoup plus grande. Donc, ce qu'ont dit les partenaires de l'Eurogroupe est plutôt approprié, à savoir qu'ils se tiennent prêts à aider la Grèce si elle mène des réformes de son côté. Je pense que c'est une très bonne chose parce que si on prenait toutes les décisions maintenant, elles seraient peut-être trop limitées ou insuffisantes et si ce n'est pas suffisant, la Grèce en souffrira ou si au contraire, ces décisions s'avèrent trop vastes, alors les pays membres de la zone euro ne seront pas très contents.' 'Une perte considérable pour l'Union si le Royaume-Uni la quitte' Efi Koutsokosta : 'Dans moins de dix jours, les Britanniques décideront s'ils veulent rester ou non dans l'Union européenne. S'ils se prononcent pour un Brexit, quelles conséquences pour l'Europe ? De quoi avez-vous le plus peur ?' Klaus Regling : 'Politiquement, ce sera une perte considérable pour l'Union si le Royaume-Uni la quitte et c'est pour ça que tous les gouvernements européens veulent son maintien. Je pense que d'un point de vue économique, cela aura un coût comme de nombreuses études l'ont établi. Le coût précis n'est pas clair parce qu'il dépendra beaucoup de ce qui se passera dans les années d'après et du genre d'accords que le Royaume-Uni pourrait passer avec l'Union. Il y aura des échanges bien entendu, il y aura du commerce, des relations, mais à quoi cela ressemblera-t-il exactement ? On ne le sait pas. On ne sait pas combien de temps cela prendra pour aboutir à un tel accord. Et donc, il est très difficile de prévoir exactement ce qui va se passer. Il est aussi possible que les marchés soient très volatiles.' Efi Koutsokosta : 'Cela pourrait-il générer une nouvelle crise dans la zone euro ou dans l'Union ?' Klaus Regling : 'Je ne sais pas parce que la volatilité sur les marchés ne signifie pas toujours qu'il y a immédiatement une crise. Mais la volatilité sur les marchés peut nuire aux évolutions économiques. En tout cas, je ne m'attends pas à ce qu'une crise se déclenche de ce fait.' La crainte du Brexit perturbe les marchés en Europe https://t.co/C9X83crehM pic.twitter.com/kWIB1w2bvc- Les Echos (@LesEchos) 13 juin 2016 Un pacte de stabilité plus flexible ? 'Une bonne chose dans une certaine mesure' Efi Koutsokosta : 'Comme vous êtes l'un des architectes du pacte de stabilité et de croissance tel que nous le connaissons aujourd'hui, Jean-Claude Juncker - le président de la Commission européenne - a été critiqué pour avoir donné une nouvelle fois de la latitude, du temps à la France pour atteindre l'objectif des 3% de déficit public. La France est-elle un cas à part ?' Klaus Regling : 'Je pense qu'il est important d'avoir des règles fiscales claires dans l'Union monétaire. Parce qu'au sein de l'Union monétaire européenne, il y a ces conditions inédites où la politique monétaire est totalement centralisée, il y a un seul taux d'intérêt, un seul taux de change. Les autres politiques comme la politique fiscale et les réformes structurelles sont mises en oeuvre dans les différents pays de manière décentralisée et il y a d'ailleurs, toujours eu des gens qui depuis des décennies, jugent que ça ne peut pas marcher ainsi. Nous avons toujours répondu en disant que ça peut marcher, mais qu'il faut agir en bonne coordination. Ces dernières années, nous avons aussi rendu le pacte de stabilité plus flexible pour s'adapter à différentes situations économiques et je pense que c'est une bonne chose dans une certaine mesure.' Efi Koutsokosta : 'Faudrait-il donner plus de temps à la France pour s'adapter ?' Klaus Regling : 'Tout dépend comment on analyse les choses et c'est la Commission qui le fait. Comme je l'ai dit, davantage de facteurs sont aujourd'hui pris en compte dans la décision d'accorder de la flexibilité, mais globalement, il faut une égalité de traitement entre les différents pays.' Sapin: l'objectif de ramener le déficit sous les 3% en 2017 est 'intangible' >> https://t.co/fGHWaKoPad pic.twitter.com/tP4CXbFNvW- LCP (@LCP) 6 juin 2016 Zone euro : 'Nous pouvons être fiers du résultat que nous avons atteint' Efi Koutsokosta : 'Vous êtes-vous dit un jour que la zone euro pouvait s'effondrer ?' Klaus Regling : 'Je pense que nous l'avons évité de justesse en 2011 et 2012. Mais avec toutes ces différentes initiatives de la part de la Banque centrale européenne, du Fonds européen de stabilité financière (FESF) / MES, mais aussi l'Union bancaire, l'ajustement dans les pays concernés, la situation était déjà en voie d'amélioration, donc aujourd'hui, a posteriori, il est très facile de comprendre pourquoi au final, cela ne s'est pas produit. Nous l'avons évité de justesse et je pense aussi que sans la création du FESF par exemple, certains pays auraient été probablement forcés de quitter la zone euro et je suis heureux que nous n'en soyons pas arrivés là. Donc nous avons traversé des périodes particulièrement à risque ces dernières années, mais je crois que nous pouvons être assez fiers du résultat que nous avons atteint.' Efi Koutsokosta : 'Ce qui veut dire qu'aucun pays ne risque de devoir quitter la zone euro à l'heure actuelle.' Klaus Regling : 'Non, pas du tout.'
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En Allemagne, une des dirigeantes du parti Die Linke, Sahra Wagenknecht, a reçu une tarte en pleine figure. C'était ce samedi lors du congrès du parti dans la ville de Magdebourg. L'agresseur a été rapidement maîtrisé. Il s'agit d'un militant anti-fasciste. Il aurait agi pour dénoncer la politique défendue par Sahra Wagenknecht, qui souhaite notamment limiter le nombre de réfugiés arrivant en Allemagne. Linke MP SWagenknecht gets cake in her face from people saying she's no better than AfD https://t.co/WDRp0fOtRd pic.twitter.com/Poy5XwfG0T- dwnews (dwnews) 28 mai 2016
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La disparition de Margot Honecker. La veuve de l'ancien dirigeant de la RDA Erich Honecker, s'est éteinte vendredi au Chili à l'âge de 89 ans. Selon les médias chiliens, son décès est survenu vendredi matin, des suites d'un cancer. Tod einer Dogmatikerin: Nachruf auf Margot #Honecker https://t.co/CsFfWMK7iQ pic.twitter.com/z3oCQyfUPY- Berliner Zeitung (@BLZonline) 6 mai 2016 Margot #Honecker - die stahlharte Frau. Ein Nachruf von ichgruessesiehttps://t.co/1dHuO9mQBJ- Der Tagesspiegel (tagesspiegel) 6 mai 2016 Communiste inconditionnelle, ministre de l'Education de RDA de 1963 à 1989, celle qu'on surnommait la sorcière violette avait introduit doctrine et entraînement militaire dans l'enseignement secondaire. Margot Honecker: Ministerin, First Lady und Kommunistin - Nachruf von Peter Burghardt https://t.co/mU5h03xBEi- Süddeutsche Zeitung (@SZ) 6 mai 2016 Lors d'une de ses dernières interventions publiques en octobre 2009, la femme la plus puissante d'Allemagne de l'Est avait défendu le bilan de son mari qui a dirigé la RDA de 1976 à 1989, avant d'être contraint à la démission trois semaines avant la chute du Mur. avec AFP
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Anti-euro, anti-réfugiés et désormais ouvertement anti-islam : dimanche, à l'issue de son congrès, l'Alternative für Deutschland (AfD), le parti de la droite populiste allemande, a clairement assumé son hostilité à l'égard de la religion musulmane. Au lendemain d'une manifestation des mouvements anti-racistes qui s'est soldée par de nombreuses interpellations, les adhérents du parti ont notamment voté pour l'interdiction des minarets et du voile intégral et ont adopté une résolution soulignant que l'islam ne faisait par partie de l'Allemagne. Congrès de l'AfD à Stuttgart: le parti populiste soudé autour de l'anti-islamisme https://t.co/hT4fLRFkm5 pic.twitter.com/8uMTL1UPin- RFI (@RFI) 1 mai 2016 Devant les caméras, le porte-parole de l'AfD a soufflé le chaud et le froid : 'La charia sur le sol allemand n'est pas autorisée. C'est le cas aussi pour le traitement des femmes tel qu'il est décrit dans le Coran, de notre point de vue ce n'est pas compatible avec la constitution allemande', a expliqué Jörg Meuthen, co-Leader du parti. Mais de préciser aussitôt que 'cela ne signifie pas que nous soyons contre les musulmans (vivant en Allemangne) qui sont se sont paisiblement intégrés.' Divisé quant à sa stratégie vis-à-vis de l'extrême droite européenne, l'AfD a finalement évité dimanche de se prononcer sur un éventuel rapprochement avec le Front national. Mais un député européen de l'AfD n'a pas hésité : il vient d'annoncer à titre personnel son ralliement au nouveau groupe d'extrême droite au Parlement européen où siège déjà Marie Le Pen qui s'en est réjouie sur twitter. 'J'ai la joie de vous annoncer l'arrivée depuis hier dans notre groupe du député allemand MarcusPretzell de l'AFD !" #1erMaiFN- Marine Le Pen (MLP_officiel) 1 mai 2016 Crédité de 13% d'opinions favorables selon un récent sondage, l'AfD vise désormais les prochaines élections législatives de 2017 en Allemagne. -Avec AFP et Reuters_
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C'est aux cris de 'Nazis, dehors !' que les membres du parti populiste allemand AFD ont été accueillis par leurs opposants à Stuttgart. La formation Alternative pour l'Allemagne y tient son congrès ce week-end, mais près d'un millier de manifestants en ont perturbé l'ouverture. Environ 400 d'entre eux ont été arrêtés par la police après avoir tenté de bloquer l'accès ou avoir jeté des projectiles sur les policiers déployés en masse. Les forces de l'ordre ont finalement eu recours aux gaz lacrymogènes et aux canons à eau pour disperser les militants de gauche. 'Nous sommes convaincus qu'on ne peut pas laisser l'AFD faire sans rien dire, a expliqué leur porte-parole Dominik Schmeiser, et que c'est un parti non seulement raciste, mais qui est engagé dans une politique d'exclusion et de division sociale.' Les membres de ce parti fondé il y a trois ans, planchent sur leur programme pour les législatives de l'an prochain. Actuellement représenté au Parlement européen et dans la moitié des parlements régionaux allemands, l'AFD compte bien faire son entrée au Bundestag. Profitant de la crise des migrants, il a récemment pris un virage islamophobe. Parmi les motions soumises au vote ; l'interdiction des minarets, des appels du muezzin et du port du voile. Avec AFP
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Les mosquées doivent-elles être contrôlées par l'État? Cela semble être l'avis du CDU, le parti au pouvoir en Allemagne, présidé par la chancelière Angela Merkel. Volker Kauder, président du groupe de Union chrétienne-démocrate au Bundestag, la chambre basse, s'est prononcé en faveur d'une intervention de l'État dans un entretien au quotidien régional Berliner Zeitung. Selon le député conservateur, des prêches donnés dans certaines mosquées ne sont pas conformes aux préceptes de l'Allemagne, où l'État a toujours eu l'ascendant sur la religion. Pour Aiman Mazyekm, président du Conseil Central des Musulmans d'Allemagne, 'c'est la première fois depuis l'Allemagne d'Hitler qu'un parti discrédite et menace une communauté religieuse tout entière', composée de quatre millions de personnes. Pour l'écologiste Konstantin von Notz, le CDU 'essaye de faire passer les musulmans pour des monstres afin de grappiller des électeurs'. Un sondage IFOP publié ce vendredi pointe du doigt une dégradation de l'image de l'Islam en France et en Allemagne
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Sourire aux lèvres, lunettes en forme de bandeau noir pour ironiquement masquer son regard, Lutz Bachmann arrive à son procès. Le fondateur du mouvement islamophobe allemand Pegida est accusé d'avoir comparé les réfugiés à du 'bétail'. Déjà condamné pour braquages, violences et trafic de cocaïne, détenu 14 mois en Allemagne après s'être enfui en Afrique du Sud, Lutz Bachmann doit être jugé, sous haute sécurité, par un tribunal de Dresde, dans l'est de l'Allemagne. Il encourt entre trois mois et cinq ans de prison pour 'incitation à la haine'. L'accusation reproche à Lutz Bachmann des propos postés en septembre 2014 sur sa page Facebook. ll décrit les 'réfugiés de guerre' comme du 'bétail' ou de la 'racaille'. Pour son avocate, ces messages n'ont pas été rédigés par le leader de Pegida. Elle parle d'un probable piratage du compte de son client. Foyers d'accueil attaqués, jets de pierre, passages à tabac, l'Allemagne fait face à une recrudescence des violences contre les réfugiés. Ce procès intervient ainsi dans dans un contexte de forte poussée de l'extrême droite.
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Demain s'ouvriront les régionales en Allemagne. Un test crucial pour les partis traditionnels, à commencer par l'Union chrétienne-démocrate (CDU) d'Angela Merkel et le parti social-démocrate (SPD). Près de 13 millions d'Allemands sont appelés à voter dans trois des seize Etats-régions. Deux sont situés dans l'ouest, le Bade-Wurtemberg, et la Rhénanie-Palatinat et la Saxe-Anhalt est quant à elle à l'est. Dans le riche et puissant Bade-Wurtemberg, où le taux de chômage est aux environs de 4%, les Verts, qui dirigent la région dans une alliance avec le SPD, sont les favoris du scrutin. Ils menacent de détrôner la CDU comme première force politique. Les Verts sont en faveur de la politique de Merkel envers les réfugiés. Cette question cristallise l'opinion allemande. En Rhénanie-Palatinat, la chef du SPD, la ministre-présidente sortante Malu Dreyer, approuve elle aussi cette politique d'accueil lancée par la chancelière. Les sociaux démocrates sont crédités dans cette région d'une courte avance sur la CDU, représentée par son étoile montante Julia Klöckner. Cette dernière, en revanche, s'est démarquée de la politique migratoire de Merkel. En Saxe-Anhalt, dans l'est du pays, la CDU dispose d'une confortable avance face à ses adversaires traditionnels. Mais elle doit compter avec la droite dure et la formation populiste anti-migrants Alternative pour l'Allemagne (AfD), qui pourrait même devancer les sociaux démocrates. Dans cette région, le parti d'extrême droite est crédité d'environ 19 % des suffrages. Il a de fortes chances d'être représenté dans les deux autre parlements régionaux, dans le Bade-Wurtemberg et en Rhénanie-Palatinat où on lui prédit des scores entre 9 et 12,5%. Avec AFP
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Parti nationaliste et anti-immigrés, l'AfD, l'Alternative pour l'Allemagne, devrait faire une percée ce dimanche lors d'élections régionales. Trois Länder sont concernés mais le scrutin a valeur de test national pour la chancelière Angela Merkel et sa politique migratoire. 'Nous critiquons le flux de migrants massif et incontrôlé', explique Sylvia Gross, candidate de l'AfD en Rhénanie-Palatinat. 'Ce ne peut pas être une bonne chose', dit-elle, 'mais ça ne veut pas dire que nous sommes hostiles aux étrangers'. 'Je ne voterai pas pour l'AfD, parce qu'ils sont racistes, qu'ils n'aiment pas les étrangers', explique pourtant cette électrice, 'et parce qu'ils sapent le travail d'Angela Merkel. Je ne suis pas fan de son parti, la CDU, mais je soutiens ce qu'elle fait'. 'A mon avis, beaucoup pensent la même chose, à savoir que l'AfD ne peut pas changer grand chose. Je ne suis pas convaincue à 100% mais on doit prendre une nouvelle direction', estime cette autre. Crée il y a seulement trois ans, l'AfD pourrait rafler jusqu'à 18% des voix dimanche dans l'Etat de Saxe-Anhalt, selon les sondages. En Rhénanie-Palatinat et dans le Bade-Wurtemberg, il est crédité de 9 à 11%. L'afflux de réfugiés dans le pays a largement monopolisé la campagne électorale.
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Les trois élections régionales de ce dimanche en Allemagne pourraient marquer un tournant dans le paysage politique. Sur fond de crise des réfugiés le parti populiste AfD, Alternative pour l'Allemagne, est en passe de faire son entrée dans les parlements régionaux. La ville d'Offenbourg vit les dernières heures de cette campagne. L'accueil d'un millier de réfugiés a occupé le coeur des débats. Les électeurs vont avoir l'occasion d'exprimer leur opinion sur la politique d'ouverture menée par Angela Merkel à l'égard des migrants. Ces scrutins vont donc servir de test politique pour la chancelière allemande. Avec l'arrivée l'année dernière de plus d'un million de demandeurs d'asile sur le territoire allemand, le parti Alternative pour l'Allemagne espère bien convertir dans les urnes son discours anti-immigration. Pour son candidat à Offenbourg le mouvement pourra peser davantage dans les débats. Selon Stefan Räpple " si nous entrons au Parlement alors nous serons vraiment dangereux pour le système. Et nous ferons progresser l'Allemagne ". Si le pays a accueilli l'année dernière les réfugiés à bras ouverts les agressions parfois sexuelles commises lors de la nuit de la Saint-Sylvestre à Cologne ont choqué les esprits. Certains responsables seraient en effet des demandeurs d'asile. Les partis traditionnels prennent au sérieux la progression de l'AfD. Dimanche dernier lors d'élections locales la formation populiste est arrivée en troisième position.
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Le ministre allemand des Affaires étrangères a effectué une visite en Iran, à la tête d'une délégation économique, pour la deuxième fois en à peine trois mois, depuis la levée des sanctions contre Téhéran. Frank-Walter Steinmeier a rencontré ce mercredi le président iranien Hassan Rohani, qu'il n'a pas manqué d'inviter en Allemagne. Le chef de la diplomatie allemande a déjà quitté l'Iran pour se rendre en Arabie Saoudite. Il tente en effet de jouer les médiateurs dans la crise entre les deux pays, qui inquiète les Occidentaux, à cause du rôle que jouent ces deux puissances régionales dans le conflit syrien. Même s'ils n'oublient pas le passé, les Iraniens sont plutôt optimistes au sujet de cette visite. 'L'Allemagne n'a pas été bonne avec nous. Elle a toujours agi contre nos intérêts, comme sur la question des armes chimiques vendues à l'Irak. Ce pays nous a toujours fait du mal. Mais désormais que l'accord a été conclu, compte tenu du fait que nous voulons développer nos relations avec les autres pays, celles-ci servent forcément nos intérêts', estime un Iranien. 'Je pense que renforcer ces liens est très important, parce que l'Allemagne est un pays très développé et industrialisé qui peut vraiment aider notre pays', considère un jeune Iranien. Le but de cette visite est avant tout économique. Deux groupes allemands doivent investir douze milliards d'euros dans le secteur gazier et pétrolier. 'L'Allemagne veut jouer un rôle de médiateur au Moyen-Orient pour stabiliser la région, même si les discussions entreprises par M. Steinmeier pour améliorer les relations entre l'Iran et l'Arabie Saoudite n'ont pas l'air d'être efficaces à court terme', affirme Javad Montazeri, notre correspondant à Téhéran.
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Ils provoquent un véritable tollé en Allemagne. Les tweets de la chef du parti populiste AfD. 'Les policiers devraient avoir le droit de tirer sur les réfugiés dans des cas extrêmes', voilà ce qu'écrit Frauke Petry, la présidente du parti 'Alternative pour l'Allemagne', pour empêcher les migrants d'entrer en Allemagne. Son parti est le troisième parti d'Allemagne, avec 13% des voix. La classe politique s'indigne, mais la question des réfugiés reste un sujet sensible dans le pays, et qui fragilise Angela Merkel. 'J'espère que pendant l'hiver, quand le nombre de réfugiés est plus bas, nous allons faire des progrès visibles, a déclaré la chancelière. Les chiffres doivent être encore réduits, et ils ne doivent pas augmenter à nouveau.' Décourager les migrants Car la coalition gouvernementale cherche à décourager les migrants. Elle a annoncé jeudi une nouvelle série de mesures destinées à rendre le pays moins attractif pour les migrants économiques et à canaliser les arrivées de réfugiés. Berlin va limiter le rapprochement familial pour certaines catégories de réfugiés et largement exclure Marocains, Algériens et Tunisiens de l'accès à l'asile.
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Sous pression en Allemagne et dans son propre camp politique, Angela Merkel à obtenu l'appui d'Ahmet Davutoglu pour endiguer l'afflux de migrants qui se rendent en Europe. La chancelière allemande et le Premier ministre turc, en visite ce vendredi à Berlin, ont convenu que l'immigration irrégulière, devait être traitée de toute urgence, notamment en mer Egée. 'Nous ne pouvons pas permettre que des trafiquants d'être humains, des passeurs fassent régner la loi, en mer, entre la Turquie et la Grèce', a déclaré la chancelière. Dans un communiqué, la Turquie s'engage à tout faire pour réduire l'afflux de migrants qui se rendent vers l'Europe depuis son territoire. Mais pour Ahmet Davutoglu cela ne suffira à régler cette crise : 'Nous pensons que les pourparlers de paix sur la Syrie, qui doivent débuter dans quelques jours, seront un élément clé pour endiguer le flux de réfugiés en Europe.' En marge de cette rencontre, une manifestation devant la chancellerie a réuni entre 300 et 400 militants de la cause kurde, venus protester contre la politique du gouvernement turc. Ils dénoncent notamment l'offensive militaire menée contre les rebelles du PKK, dans le sud-est de la Turquie.
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Les réfugiés syriens sont arrivés à Berlin devant la Chancellerie ce jeudi soir. Ils étaient partis de Bavière dans la journée à bord d'un autocar affrété par un élu de la région voulant interpeller la Chancelière allemande sur sa politique d'immigration. Peter Dreier, l'auteur de cette initiative controversée, a fait le voyage jusqu'à la capitale allemande lui aussi. 'Je suis en faveur d'un traitement humain pour ces gens, a t'il déclaré. Pas dans des abris temporaires, des mois dans un gymnase ou autre. Et nous ne pouvons fournir d'hébergement digne à autant de gens. C'est pourquoi nous devons y mettre un frein et nous avions besoin d'un geste symbolique'. L'idée du politicien bavarois a fait polémique, entre instrumentalisation des réfugiés et montée des mouvements xénophobes. Katarina Barley, Secrétaire générale des Sociaux-Démocrates : 'De tels geste sur le dos de gens dans le besoin et qui cherchent à se loger est indigne et populiste'. Très déçu qu'aucun représentant d'Angela Merkel ne vienne à sa rencontre, Peter Dreier a promis de loger temporairement à ses frais les réfugiés qui choisiraient de rester à Berlin. Mais certains, ecoeurés, ont choisi de rentrer en Bavière.
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La jeune Palestinienne qui avait fondu en larmes face à Angela Merkel en juillet dernier, vient de recevoir une autorisation de séjour en Allemagne. Une autorisation temporaire, valable jusqu'en octobre 2017. Les sanglots de Reem Sahwil, 14 ans, étaient devenus le symbole de la détresse des migrants. Elle avait commencé à pleurer lorsque la chancelière lui avait expliqué que l'Allemagne ne pouvait accepter toutes les personnes qui voulaient s'installer sur son sol. La vidéo était devenue virale, et Angela Merkel accusée de maladresse. Mais après cet épisode, elle avait notamment annoncé l'ouverture des frontières allemandes aux réfugiés. Et en bonne partie pour cette raison, elle été nommée personne de l'année à la fois par le magazine américain Time et le magazine britannique The Financial Times. L'Allemagne qui a expulsé deux fois plus de migrants cette année que l'an dernier, a annoncé qu'elle en accueillerait un million en 2015.
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Angela Merkel désignée 'personnalité de l'année 2015' par le Time. Au classement, elle a coiffé au poteau le chef du groupe Etat islamique Abou Bakr al-Baghdadi, ainsi que Donald Trump. Elle est seulement, la quatrième femme à être ainsi distinguée par le magazine américain. Radhika Jones, une des responsables du journal, souligne à quel point la chancelière s'est positionné en chef de l'Europe à travers la crise de la dette. Et surtout dit-elle, 'elle a ouvert la voie aux politiques européennes pour les réfugiés et les migrants venus de Syrie et d'autres zones de conflit du monde. Elle a été un exemple de leadership moral, c'est ce que nous avons voulu souligner'. Angela Merkel inaugurait ce mercredi une nouvelle ligne de train à grande vitesse dans l'est de l'Allemagne. Elle n'a pas commenté cette distinction. Mais dans les rues de la capitale, certains ne cachent pas leur fierté. 'Je pense que c'est super', dit ce Berlinois, 'j'ai voté pour elle et je pense qu'elle arrive bien à se faire une place dans ce monde d'hommes et elle parvient à défendre ses intérêts politiques à travers le monde'. L'attitude intransigeante de la chancelière tout au long de la crise de la dette grecque n'a pas été appréciée par tous. A Athènes, les réactions sont amères. 'Elle est peut-être la femme de l'année pour l'Europe et le monde en général mais pour la Grèce, elle est le désastre de l'année. Pour nous, ce n'est pas une personne digne d'être honorée', estime cette passante.
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La ''Power Frau'' de l'Europe, la chancelière allemande Angela Merkel, a brandi le pouvoir de son pays pour lutter contre une crise financière dévastatrice, une crise des réfugiés et une crise dans l'Union européenne même. Mais sa popularité est en baisse, alors que la crise des réfugiés s'aggrave et que l'industrie automobile allemande est aux prises avec le scandale des émissions. Pendant ce temps, l'extrême droite progresse. Les troubles internes pourraient réduire son influence politique, alors que le sommet sur le climat à Paris approche et que le Royaume-Uni se demande s'il doit sortir ou non de l'UE. Si celle que les Allemands surnomment 'Mutti' est en difficulté, l'Europe l'est-elle également ? Il y a même une rébellion à l'intérieur de son propre parti. Et si Merkel n'est pas le leader de l'Europe, qui dirige alors ? Désormais connecté à cette édition de The Network, ici au Parlement européen à Bruxelles avec : Jo Leinen, membre de la commission des Affaires étrangères, ici au Parlement européen, et membre du Parti social-démocrate qui fait partie de la grande coalition en Allemagne. Pieter Cleppe de Open Europe, un think-tank politique non-partisan et indépendant. Stephen Brown, rédacteur en chef adjoint chez Politico Europe, un hebdomadaire en ligne. Les jours d'Angela Merkel sont-ils comptés ? Combien de temps, encore, peut-elle rester au pouvoir, vu la façon dont les choses se passent en ce moment ? Jo Leinen : il y a le chaos au sein du Parti chrétien-démocrate (CDU). Il y a deux partis en un. L'un veut fermer les frontières, l'autre cherche un moyen d'intégrer des centaines de milliers de réfugiés dans notre société. Il est donc difficile pour Merkel de gérer cette situation. Chris Burns : Mais va-t-elle survivre à cette situation ? Jo Leinen: C'est une question ouverte. Je pense que l'hospitalité que nous avons montrée est une bonne chose, mais il y a des limites. Si nous devons accueillir un million de personnes supplémentaires durant l'hiver pour les intégrer dans nos villes et villages, cela pose un vrai problème pour son parti d'accepter cette situation, de s'adapter. Chris Burns : C'est une grande question. J'aimerais souligner que nous avons invité la CDU, l'Union chrétienne-démocrate, mais ils ne pouvaient pas participer à cette émission, donc nous avons parmi nous un membre de la coalition gouvernementale, du côté social-démocrate. Peter, qu'en pensez-vous ? Combien de temps, pensez-vous, qu'Angela Merkel va tenir ? Pieter Cleppe : Eh bien, on voit bien qu'elle a un problème en terme de soutien populaire. Sa politique clé, cet été, concernant le plan de sauvetage à la Grèce, n'est pas soutenue par la majorité du peuple allemand. Chris Burns : Stephen, qu'en pensez-vous ? Stephen Brown : Personnellement, je crois que vous ne devriez pas sous-estimer la capacité de Merkel à surmonter cela. Je crois qu'elle suscite énormément d'admiration à l'étranger pour ce qu'elle a fait. Elle a connu des moments difficiles pour convaincre l'opinion publique allemande, les électeurs, les contribuables, que cela vaut la peine d'aide la Grèce. Chris Burns : Concernant la crise des réfugiés. Merkel, dans un premier temps, s'est vu reprocher d'être trop dure avec les réfugiés. Puis, on lui a reproché d'être trop souple. A-t-elle échoué à trouver le juste milieu ? Mais peut-on vraiment le trouver, Jo? Joe Leinen : Elle a ouvert la bouteille mais elle ne sait pas à l'heure actuelle comment la refermer. Donc le message 'Venez en Allemagne, il y a une culture d'accueil' s'est répandu dans tout le Moyen-Orient, et il est évident que nous ne pouvons pas intégrer des millions de personnes en Allemagne. Sa grande mission est donc d'obtenir la solidarité européenne, de convaincre les dirigeants européens à agir. Et c'est un test pour sa capacité à diriger cette politique. Chris Burns : Elle estime que si on ferme les frontières trop vite, cela pourrait faire exploser les Balkans. Qu'en pensez-vous Stephen ? Stephen Brown : Je pense que c'est l'un des risques. Mais elle pourrait avoir repéré une opportunité. Il y a cet argument, probablement optimiste que, comme les Etats-Unis, quand ils ont connu les grandes vagues d'immigration, cela a donné un énorme coup de pouce à la croissance. Cela pourrait être le cas de l'Allemagne, qui est confrontée actuellement à une pénurie de main d'oeuvre chronique. Ce sont peut-être les réfugiés qui permettront de combler ce vide après plusieurs années, le temps de les intégrer, de leur apprendre l'allemand puis de les amener sur le marché du travail. Chris Burns : Mais à quel point cela fait-il le jeu de l'extrême droite, Peter ? Pieter Cleppe : Eh bien, fondamentalement, je pense que l'immigration est une très bonne chose, bien sûr. Mais aujourd'hui, je crois que les limites ont été atteintes et que la politique allemande a été perturbée par un ensemble de tabous. Tout d'abord, l'Allemagne n'a pas voulu déclarer la Turquie comme un pays sûr. Aujourd'hui, elle refuse d'évoquer des options comme l'approche australienne, alors que cela sauve des vies. Donc, aussi longtemps que cela ne change pas, il ne sera pas possible de protéger les frontières extérieures de l'espace Schengen. Chris Burns : Restons sur cette question de l'extrême-droite. Jo, comment l'extrême-droite va-t-elle profiter de la situation et à quel point cela peut-il menacer la grande coalition ? Joe Leinen : Heureusement, nous n'avons pas une extrême-droite comme celles que nous pouvons voir dans d'autres pays. Chris Burns : Mais elle progresse dans les sondages. Joe Leine : Elle a déjà atteint dans les sondages le niveau de Die Linke, le parti de gauche, et bien sûr, cela va continuer et cela affecte en premier lieu le Parti chrétien-démocrate, le parti au pouvoir. Chris Burns : Cela va-t-il les pousser vers la droite ? Joe Leinen : Nous avons un test en mars. Deux élections majeures dans le Bade-Wurtemberg et en Rhénanie-Palatinat. On verra alors quelle orientation prend la politique en Allemagne. Chris Burns : Je me tourne vers Stephen. Si les chrétiens-démocrates prennent un virage à droite, cela pourrait-il diviser le gouvernement? Stephen Brown : Je pense, comme l'a souligné Sigmar Gabriel, que ces personnes ont besoin d'une sorte de représentation. Les gens de l'aile droite avec un sentiment anti-immigrant. C'est difficile, à l'heure actuelle, pour la CDU de les absorber, car leurs opinions sont repoussantes pour beaucoup d'électeurs ordinaires. Donc, je crois - et c'est à mons avis ce qui va se passer - que l'AFD a l'opportunité, une opportunité unique, de leur faire une place. Chris Burns : L'AFD, l'Alternative pour l'Allemagne ? Stephen Brown : L'Alternative pour l'Allemagne, le parti de droite, oui. Chris Burns : Sans transition. Passons maintenant au scandale des émissions de Volkswagen. Peter, à quel point cela impacte Merkel ? Ou bien est-elle blindée contre cela ? Pieter Cleppe : Je pense que c'est vraiment injuste de reprocher cela à Merkel, c'est un problème qui concerne une entreprise en particulier. Chris Burns : Mais c'est son gouvernement qui est responsable de la surveillance de l'industrie ? Pieter Cleppe : C'est une erreur de surveillance, certes, mais c'est tellement loin de la chancelière, que je ne pense pas que cela va la mettre en difficulté, pour être honnête. Chris Burns : Jo, à quel point cela impacte Angela Merkel? Joe Leinen : Ce n'est pas bon pour l'Allemagne. Nous avions une bonne réputation et maintenant, cette réputation est un peu fragilisée. Et si cela se répand dans toute l'industrie automobile, cela aura des répercussions sur les dirigeants politiques, sur la vie politique en Allemagne. Chris Burns : Cela peut nuire à sa stature, quand elle ira au sommet mondial sur le climat à Paris ? Stephen Brown : Je pense que oui. Alors qu'elle a pris une position de principe, sur l'immigration, une décision importante sur le nucléaire, elle est fragilisée par le fait que la transparence de la technologie allemande, sur une question aussi importante, a été ébranlée par une entreprise privée. Chris Burns : A quel point ressent-on cela aujourd'hui au niveau européen, en terme de leadership européen. Car tant de personnes attendent de la chancelière qu'elle règle des problèmes. Jo, qu'est-ce que vous observez sur le terrain ici à Bruxelles ? Joe Leinen : Donald Tusk, le président du Conseil européen, vient de dire que l'Allemagne est le plus grand pays, qu'il doit avoir beaucoup de leadership, et c'est pourquoi ce serait bon pour l'Europe que le gouvernement allemand reste fort, qu'il ne se disloque pas, car nous avons tellement de gouvernements qui sont faibles, qui luttent pour continuer à exister. Chris Burns : Merkel affaiblie. Quel impact cela a-t-il à un niveau européen, Peter? Pieter Cleppe : Eh bien, au final, si le gouvernement allemand s'effondre prématurément, plus probablement, si la crise des réfugiés venait à dégénérer, cela conduirait à un changement, je pense, à un niveau européen. Et ce ne serait pas nécessairement pour le pire. Je pense que c'est une bonne chose que certains des tabous, qui ont perturbé une politique efficace pendant des années, soient finalement jetés par-dessus bord. Et également, dans le débat européen, par exemple, l'ordre du jour britannique de Cameron, cela pourrait vraiment être quelque chose, qui réponde à certains des problèmes en France, avec l'extrême-droite. Donc, je ne pense pas que ce sera nécessairement une mauvaise chose. Chris Burns : Voyez vous les choses comme cela Stephen ? Stephen Brown : Je crois que le problème, c'est qu'il n'y a pas d'autres candidats pour diriger l'Europe en ce moment. David Cameron va probablement quitter l'Europe. Le dirigeant espagnol, Rajoy, va probablement quitter le pouvoir. Francois Hollande a des restrictions sur son pouvoir pour diriger l'Europe de toutes façons. Qui d'autre va le faire ? J'ignore si ce sera quelqu'un à Bruxelles. Chris Burns : Qui d'autre Jo ? Joe Leinen : Je ne pense pas qu'il y ait de tabous. Si on met en danger le système de Schengen, si on met en danger le système monétaire, que reste-t-il ? On se retrouve avec une Europe des Nations, on ferme les frontières, on renationalise les politiques. Est-ce la réponse adéquate à la mondialisation, l'Europe dans un monde mondialisé ? Donc, j'espère que nous pouvons encore résoudre cette crise des réfugiés, aussi difficile soit-elle, comme on a pu le faire avec la crise financière. Chris Burns : J'aimerais remercier nos invités : Jo Leinen, Pieter Cleppe et Stephen Brown. Je suis Chris Burns. A bientôt, merci de vous être connecté à The Network.
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En Allemagne, la question des réfugiés sème toujours la discorde dans la coalition de la chancelière Angela Merkel. L'un de ses plus proches collaborateurs, son ministre de l'Intérieur Thomas de Maizière veut changer les règles : il souhaite réduire le droit au regroupement familial pour les réfugiés, notamment syriens. 'Le nombre, spécialement de Syriens, a augmenté à un point tel, que personne n'avait pu prévoir en octobre et novembre 2014, dit Thomas de Maizière. Les circonstances nous forcent à des ajustements.' L'Allemagne attend quelque 800.000 demandeurs d'asile cette année mais 760.000 personnes sont déjà arrivées depuis janvier. Parmi elles 240.000 Syriens. Une situation qui coûte cher à la popularité des conservateurs allemands qui chutent à 34% dans les sondages.
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Lutz Bachmann est encore au centre des critiques en après avoir comparé hier soir le ministre de la Justice au chef de la propagande nazie, Joseph Goebbels lors d'une manifestation du mouvement islamophobe dans son fief de Dresde. 8 000 personnes y participaient. Une attaque condamnée par les sociaux-démocrates du SPD qui dénoncent 'une attaque délibérée contre le coeur de la société civile allemande'. Une enquête a été ouverte pour diffamation par la justice. Heiko Maas est l'une des cibles privilégiées de Pegida qui lui reproche sa vision de la justice et son 'laxisme' vis-à-vis notamment des réfugiés ou de certains étrangers. Pegida est dans le collimateur de la justice allemande notamment après les nombreux dérapages de Bachmann. Dérapages polémiques en série Le leader de Pegida multiplie les sorties polémiques. De sa photo peu flatteuse en Hitler, aux propos choquants de certains de ses soutiens sur les camps de concentration, le mouvement anti-islam et xénophobe est accusé par les autorités de Berlin d''attiser les haines 'sur fond d'afflux massif de réfugiés en Allemagne. Quand le fondateur du mvt xénophobe #Pegida compare le ministre allemand de la justice à Goebbels.... #nausee https://t.co/XDNddLWWBx- Francoise Diehlmann (@FDiehlmann) 3 Novembre 2015 Justice Minister HeikoMaas won't sue #Pegida leader Bachmann for comparing him to Goebbels. Wonder if Bachmann would do same?- Tom Barfield (tombarfield) 3 Novembre 2015
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Face aux demandes d'asile qui se multiplient, le ministre allemand de l'Intérieur s'est rendu à Bamberg, au nord de Nuremberg, dans un centre hébergeant des réfugiés. Thomas de Maizière a tenu à clarifier la politique de son pays, et de l'Union européenne. Seuls les réfugiés seront acceptés, pas les migrants économiques. L'Allemagne s'attend à enregistrer l'arrivée de 800 000 à un million de personnes d'ici la fin de l'année. 'Ceux qui ont besoin de protection devraient être autorisés à rester ici, à s'intégrer, à apprendre notre langue et à trouver un travail', a déclaré Thomas de Maizière. 'Mais ceux qui n'ont pas besoin d'être protégés, même si, cela se comprend, ils veulent vivre une vie meilleure, ils doivent quitter notre pays', a ajouté le ministre allemand de l'Intérieur. La police allemande a par ailleurs arrêté à Bamberg une dizaine de personnes, soupçonnées de fomenter des incendies et des actes de violence envers les foyers d'accueil des réfugiés. La République Tchèque pointée du doigt par l'ONU #UNHCR cochetel: Refugees are running for their lives, looking for compassion & protection #CzechRepublic pic.twitter.com/wN3D6edts5- Babar Baloch (BabarBloch) October 21, 2015 L'hébergement des migrants pose également problème en République tchèque, d'après les Nations unies. Le Haut commissaire aux droits de l'Homme a fermement condamné le pays pour ses mesures de détention dite 'systématique' et 'dégradante'. Les candidats à l'exil y sont soumis à une détention de 40 jours pour laquelle selon certains témoignages ils doivent payer 250 couronnes par jour, soit 9 euros. La route des migrants vers l'Union Europénne - HRW Retrouvez ci-dessous, dans l'infographie de Human Rights Watch, les routes empruntées par les migrants vers l'Union européenne Human Rights Watch
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Un an après sa naissance, le mouvement allemand Pegida, anti-islam, n'a rien perdu de sa force de mobilisation. C'est le message que voulaient faire passer les organisateurs. De fait, ils ont été près de 20 000 ce lundi soir à se rassembler dans le centre de Dresde, en ex-Allemagne de l'est pour dire non à l'afflux de réfugiés. Sur l'estrade, le leader du mouvement Lutz Bachmann a qualifié la chancelière Angela Merkel de dictateur. Après un passage à vide, l'organisation surfe sur le rejet que suscite dans une grande partie de la population la politique d'ouverture du gouvernement à l'égard des migrants. Mais les opposants à Pegida étaient eux aussi mobilisés. Ils étaient près de 15 000 à manifester à Dresde. 'Que l'on donne de Dresde l'image d'une ville nazie est scandaleux, s'indigne cette contre-manifestante. Nous aurions dû protester contre cela bien plus tôt et en grand nombre.' Les contre-manifestants ont convergé vers le rassemblement de Pegida, au milieu d'un important déploiement de forces de l'ordre. Les affrontements entre les deux camps se sont limités à quelques coups de feux d'artifice avant que la police ne disperse la foule. Pour en savoir plus : - Le second souffle de Pegida - La radicalisation de Pegida
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Soutenue par la CDU d'Angela Merkel tout en étant indépendante, Henriette Reker se trouvait sur un marché et en particulier sur un stand d'informations de l'Union chrétienne-démocrate quand elle a été attaquée par un homme de 44 ans qui l'a grièvement blessée au cou. Une autre femme a également été grièvement blessée lors de cette attaque. La chancelière a fait part de 'sa stupeur et condamné cet acte' selon sa porte-parole. Interpellé juste après les faits, l'agresseur 'a dit qu'il avait commis cet acte avec une motivation raciste' selon la police locale. Actuellement chargée de l'accueil des réfugiés,Henriette Reker est l'une des prétendantes les plus sérieuses à la mairie de Cologne, 4ème ville d'Allemagne dont l'élection a lieu ce dimanche. Cette agression intervient dans un climat de tension croissante. La position accommodante d''Angela Merkel':http://fr.euronews.com/2015/10/16/la-turquie-durcit-le-ton-sur-le-dossie... envers les migrants est critiquée dans son propre camp. URGENT - Candidate poignardée en Allemagne: Merkel exprime sa stupeur- ALERTE INFO France (@Data2015Idf) 17 Octobre 2015 Une candidate à la mairie de Cologne se fait poignarder http://t.co/TfKcR7otjD #Monde pic.twitter.com/GhV1TQT1rE- Tribune de Genève (@tdgch) 17 Octobre 2015
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Le ministre de l'intérieur allemand, Thomas de Maizière, gère dans son pays la crise des refugiés. Ce proche de la chancelière, Angela Merkel, veut décourager les migrants des pays de l'Ouest, de demander l'asile en Allemagne, qu'ils viennent des Balkans, du Kosovo ou d'Albanie. Il demande la création rapide de centres en Grèce, en Italie et en Turquie, pour que ceux qui n'obtiennent pas l'asile soient renvoyés là-bas. Kirsten Ripper, euronews: Bonjour, M. le ministre. Jamais l'Allemagne n'a vu autant de demandeurs d'asile ces dernières années. Vous en attendez 800.000 pour 2015. Avec quelles mesures voulez-vous accueillir et accompagner tous ces refugiés? Thomas de Maizière: Tout d'abord, ce chiffre est vraiment impressionant. C'est quatre fois plus que l'année dernière, et environ 43 % des demandes d'asile de toute l'Europe. C'est un défi majeur, même pour un pays organisé et riche comme l'Allemagne. Nous avons besoin de mesures nationales, mais aussi de mesures européennes. Nous avons le défi de fournir des hébergements décents. Cela veut dire : quitter les tentes pour des logements solides, surtout pour l'hiver. Nous allons accélérer le processus. Pour le seul mois de juillet, il y avait environ 83 000 personnes qui sont arrivées en Allemagne, et en août, qui n'est pas encore terminé, nous nous attendons à 90 000 ou 100 000 nouveaux arrivants. La semaine dernière, nous avons reçus plus de 25 000 personnes. C'est énorme. Kirsten Ripper, euronews: Et comment expliquez-vous cette augmentation soudaine ? Thomas de Maizière: Sur la route du sud, c'est-à-dire la Libye, la Méditerranée et l'Italie, nous avons une augmentation de 5 à 10% par rapport à l'année dernière. Mais nous avons une augmentation sur la route des Balkans de plus de 600 %. Kirsten Ripper, euronews: Voyez-vous en Allemagne de la bonne volonté pour recevoir tous ces gens? Thomas de Maizière: Pour l'instant la bonne volonté est encore très grande. Je crois que l'approbation de la population peut être obtenue avec deux éléments. D'abord, il faut faire la distinction entre ceux qui ont vraiment besoin de protection, et ceux qui n'en ont pas besoin. Pour ceux-là, il faut une procédure équitable, mais ils doivent ensuite quitter notre pays. Et deuxièmement il doit y avoir une répartition équitable en Europe. Sur le long terme, même un pays riche comme l'Allemagne peut avoir des difficultés à faire face à un si grand nombre de réfugiés. Kirsten Ripper, euronews: Que voulez-vous changer? Comment l'Union-européenne peut-elle s'organiser? Thomas de Maizière: Concernant l'Europe, le Conseil européen a décidé qu'en Grèce et en Italie, il y aurait des centres d'accueil principaux, qui sont d'énormes zones d'admission où un premier contrôle a lieu, pour savoir si une protection est accordée ou non. Nous avons aussi besoin de discussions plus intenses avec la Turquie. La Turquie est en train de faire de grandes choses sur sa frontière avec la Syrie, en vue de l'admission des réfugiés. Cependant, dans la région d'Izmir, il y a des milliers de personnes, des centaines de milliers qui attendent leur départ pour l'Europe. Même là, je pense que nous pouvons utiliser les fonds européens pour construire un grand camp de réfugiés, pour décider qui peut venir en Europe. Kirsten Ripper, euronews: Votre ministère a tourné une vidéo qui veut empêcher les demandeurs d'asile en provenance des Balkans de venir en Allemagne. Avez-vous eu du succès avec cela ? Comment faudrait-il faire ? Thomas de Maizière: Si un pays est candidat pour adhérer à l'Union européenne ou rejoindre l'OTAN, s'il a des règles démocratiques, alors il n'y a aucune raison de demander l'asile en Europe. Cette situation est inacceptable, et condamnable pour l'Europe . Kirsten Ripper, euronews: Parlez-vous aussi du Kosovo? Thomas de Maizière: Oui, le Kosovo, et l'Albanie également. Leurs gouvernements nous demandent de tout faire pour que les jeunes ne quittent pas leur pays de cette façon. Kirsten Ripper, euronews: Vous demandez des solutions concrètes, mais pour les gens qui viennent de partout ou uniquement de certains pays ? Thomas de Maizière: Je veux parler des états des Balkans. Il y a beaucoup de jeunes qui veulent être apprentis. Ils ont besoin d'un contrat de travail avec une entreprise allemande. Et la plupart du temps, ils peuvent venir en tant que travailleurs migrants. Kirsten Ripper, euronews: Demandez-vous plus de tolérance en Allemagne pour les immigrants légaux ? Thomas de Maizière: Nous avons un pourcentage très élevé d'étrangers, répartis différemment dans le pays selon les régions. Je ne vois pas de problème dans l'acceptation des étrangers qui travaillent ici, qui payent leurs impôts, qui se comportent légalement, et se conforment à notre législation. Nous sommes un pays d'immigration, nous avons besoin de travailleurs professionnels. Kirsten Ripper, euronews: Donc vous pensez que rien ne doit être fait contre ceux qui protestent, qui brûlent les dortoirs ? Mais l'image de xénophobie de l'Allemagne qui circule partout dans le monde est dramatique. Thomas de Maizière: Il y a beaucoup à faire. Nous avons une augmentation significative de la criminalité d'extrême-droite : les insultes, la haine, la violence contre les demandeurs d'asile, et contre les institutions pour les demandeurs d'asile. Dans les 6 premiers mois de l'année, nous avions plus de ces crimes que dans l'ensemble de l'année dernière. Et cela a augmenté encore ces derniers jours. Nous nous y opposons, politiquement , mais aussi avec la primauté du droit. Vous pouvez avoir des discussions ou des différends sur la politique d'asile dans un pays libre, mais il n'y a aucune raison d'offenser ou d'attaquer les gens qui sont ici. Kirsten Ripper, euronews: Avec quelles mesures voulez-vous lutter contre ceux qui rejoignent le groupe Etat islamique et s'envolent vers la Syrie ? Thomas de Maizière: C'est un phénomène nouveau, depuis un ou deux ans, qui nous préoccupe. Plus de 700 Allemands, des personnes socialisées ou qui ont grandi en Allemagne, ont été radicalisés et sont allés dans cette région pour tuer, dans la haine, ou participer aux exactions des autres. Une centaine de personnes ont été tuées. Près d'un tiers de ceux qui sont partis sont revenus en Allemagne. Souvent, la société ne porte pas assez d'attention à une partie importante de jeunes gens qui glissent hors de tout contrôle, et nous devons nous attaquer à ce problème avec des mesures intensives de police et de justice. Kirsten Ripper, euronews: Une question personnelle pour la fin : quel est le ministère idéal pour vous ? Vous étiez ministre de la Défense, maintenant ministre de l'Intérieur, peut-être voulez-vous devenir chancelier ? Thomas de Maizière: Il n'y a aucun ministère idéal. Chaque ministère a ses beautés, et ses difficultés. Les enjeux de sécurité sont une part très dure de la politique. Mais j'aime faire cela. Kirsten Ripper, euronews: Vous appréciez ce défi ? Thomas de Maizière: En quelque sorte, la coach m'a toujours placé là où il y a des questions difficiles. Et elle a dû penser à ce qu'elle faisait...
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Restreindre les pouvoirs de la Commission européenne. Dans son édition de jeudi, le Frankfurter Allgemeine Zeitung rapporte que Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des Finances souhaiterait que l'exécutif européen transfère certaines de ses compétences d'origine à des organismes indépendants tel que le contrôle juridique du marché intérieur de l'Union européenne. Objectif : éviter les conflits d'intérêts alors que la Commission joue un rôle de plus en plus politique. Si Bruxelles en convient, en revanche pas de commentaire sur la proposition allemande : 'On peut dire que la Commission européenne est plus politique mais cela signifie-t-il que nous sommes plus partisans ? Non ! souligne Mina Andreeva, porte-parole de la Commission. Une commission plus politique n'est pas plus partisane. Plus de politique signifie simplement que la Commission est consciente de ce qui se passe sur le terrain, et de ce que les citoyens attendent d'elle.' Selon le journal, Wolfang Schäuble n'aurait pas digéré que la Commission négocie les emprunts grecs. Une tâche qui relève de l'Eurogroupe. Il estime que le président de la Commission Jean-Claude Juncker a outrepassé le mandat de l'exécutif européen.
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Un nouveau scandale d'espionnage frappe l'Allemagne, mais les rôles s'inversent. Après la mise sur écoute de la chancelière Angela Merkel par le renseignement américain, ce scandale a pris au piège sa propre agence de renseignement. Quels sont les dégâts sur le plan politique? Comment les réparer? Des questions au programme de ce numéro de The Network. Les révélations sur les services de renseignement allemand, le BND, qui a espionné l'Europe pour le compte de la NSA, l'agence américaine, ont sucité un tollé dans toute l'Union Européenne. Les enquêteurs allemands ont examiné des rapports indiquant que le BND avait enfreint la loi en aidant les Etats-Unis à espionner des membres de gouvernement et des entreprises européennes, y compris le groupe Airbus. A quel point ce scandale peut-il porter préjudice au gouvernement de coalition de la chancelière Angela Merkel? Comment les entreprises et les gouvernements européens peuvent-ils maintenant faire confiance au BND, à la lumière de ce scandale? Le BND dit avoir restreint ses liens avec la NSA, mais est-ce suffisant? Est-ce que le fait de limiter les contacts pourrait compromettre les enquêtes en matière de terrorisme? Peut-on tout gérer au niveau européen, ou la question du renseignement relève-t-elle uniquement du domaine national? Eléments de réponse à suivre dans ce débat. Dans cette édition, depuis le Parlement européen de Bruxelles, Chris Burns reçoit : - Elmar Brok, Président de la Commission des affaires étrangères du Parlement européen et membre du parti-chrétien-démocrate d'Angela Merkel - Jeppe Kofod, vice-président de la Délégation pour les relations avec les États-Unis du Parlement européen et membre du parti socialiste, le SPD - Klaus Buchner, député européen écologiste, et membre de la commission des affaires étrangères et de la sous-commission 'sécurité et défense'
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Alexis Tsipras était en visite à Berlin pour désamorcer des relations à fleur de peau entre la Grèce et l'Allemagne. Le Premier ministre grec s'est entretenu avec la chancelière Angela Merkel ce lundi après-midi. A l'ordre du jour évidemment : le financement de la dette et les réformes que les créanciers du pays attendent qu'Athènes mette en place. Apôtre de l'orthodoxie budgétaire, Angela Merkel n'a pas infléchi sa position. Elle a pointé du doigt la nécessité de conduire des réformes visant à réduire le chômage et à mieux gérer le pays. Alexis Tsipras a lui dénoncé la thèse selon laquelle seule la Grèce serait responsable de sa situation financière, soulignant les dommages créés par l'austérité imposée ces cinq dernières années. Pour lui, il faut en priorité lutter contre la corruption et l'évasion fiscale. Il a d'ailleurs sollicité l'aide du gouvernement allemand dans ce domaine. Les deux dirigeants ont également appelé leurs deux pays à battre en brèche les préjugés qui existent de part et d'autre.
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Au moment où Angela Merkel et Alexis Tsipras se retrouvaient à Berlin, les partisans d'une lune de miel gréco-allemande ont organisé une démonstration de baisers passionnés pour couples des deux nationalités. Oui mais voilà, les Allemands ne sont pas tous aussi bien disposés. Ingo Salmen travaille au journal Der Tagesspiegel. Il a invité les lecteurs à lui transmettre le message qu'ils auraient voulu faire passer au Premier ministre grec. ' Ils ont suggéré plus de diplomatie, et cela n'était sans doute pas adressé seulement à M. Tsipras mais aussi à d'autres membres du gouvernement grec. Car pour nos lecteurs, si l'on réagit ou on se comporte comme c'est le cas en ce moment, on ne fait qu'alimenter les tabloïds ', explique-t-il. Sur la Potsdamer platz de Berlin, les commentaires sont tout aussi diplomatiques, mais guère plus amicaux. ' Je pense que le nouveau gouvernement a fait de grosses erreurs et a échoué à établir la confiance nécessaire pour l'avenir. Il s'est au contraire aliéné ses partenaires ', dit un passant. ' Je pense que ce que la majorité de la population allemande souhaite s'appelle le Grexit ', assène un autre. Le Grexit, ni plus ni moins que la sortie de la Grèce de la zone euro. A en croire un récent sondage, 52% des Allemands y sont favorable.
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Gizem Adal, euronews : ' Bonjour Aydan Özoguz. Vous êtes en charge de l'Immigration, des réfugiés et de l'intégration au sein du gouvernement allemand. Est-ce que les manifestations et la popularité croissante du mouvement Pegida contre l'islamisation de l'Occident vous inquiètent ? Aydan Özoguz, Secrétaire d'Etat chargée de l'immigration, des réfugiés et de l'intégration au sein du gouvernement fédéral allemand : 'Ils ont mobilisé moins de monde la semaine dernière. Et en fait, encore moins cette semaine. ' Gizem Adal : ' C'est à cause de la démission de Lutz Bachmann ?' Aydan Özoguz : ' Nous ne pouvons pas savoir si c'est lié à cette démission mais les contre-manifestations se multiplient et rassemblent plus de monde dans la rue que ce mouvement. Peut-être que cette démission a eu un impact, nous ne le savons pas. Mais nous avons vu la mobilisation pro-Pegida faiblir. C'est bien. Dans de nombreuses villes, les gens manifestent contre eux. Le nombre de personnes qui disent : 'nous voulons le pluralisme, nous voulons que les immigrés restent, nous sommes aux côtés de nos voisins,' est très élevé. Ils disent : 'nous ne vous laisserons pas détruire cette société, nous voulons vivre ensemble, en paix'. Ce sont des choses réjouissantes. ' Gizem Adal : ' A votre avis, pourquoi est-ce que Pegida est devenu si populaire en Allemagne ? Est-ce que les inquiétudes sont seulement liées à l'islam ou aussi à l'économie ? ' Aydan Özoguz : ' De nombreux facteurs sont réunis ici et c'est peut-être cela, le plus gros problème. D'un côté, nous avons l'organisation Pegida elle-même, dont certains membres peuvent être des nazis. Cela veut dire que ses adhérents sont d'extrême-droite. Mais beaucoup d'autres gens se sont ralliés au mouvement et disent : 'oui, j'ai peur de ce qui s'est produit en France, une femme voilée me fait peur ou je n'aime pas ça.' Toutes ces nuances coexistent. Et en même temps, sur les forums, on les voit aussi se plaindre de salaires trop bas ou, quand ils sont chômeurs, d'indemnités insuffisantes. Il y a peut-être aussi une troisième chose : le fossé persistant entre l'Allemagne de l'Est et l'Allemagne de l'Ouest. Bien entendu, on trouve aussi à l'Est des gens qui s'opposent à Pegida, tous les gens qui vivent en Allemagne de l'Est ne sont pas xénophobes, ne nous méprenons pas. Cependant, le nombre de personnes qui ne considèrent pas la démocratie comme une amélioration y est élevé. On voit qu'en Allemagne, c'est uniquement dans la ville de Dresde que Pegida a mobilisé plus de 20.000 personnes, venues de tout le pays. C'est rassurant quelque part puisque le mouvement n'est pas parvenu à rassembler les foules ailleurs en Allemagne. Sur toute l'Allemagne, le nombre de leurs sympathisants se situe seulement entre 20.000 et 25.000. Et ils n'y a pas de musulmans à Dresde, l'islam en est absent. ' Gizem Adal : ' Plus de quatre millions de musulmans vivent en Allemagne. Beaucoup d'immigrés arrivés dans les années 60 comme ouvriers sont aujourd'hui des employeurs. Ces gens ont vraiment contribué à la richesse allemande. Qu'est-ce que le gouvernement allemand fait pour les protéger contre des mouvements comme Pegida ? ' Aydan Özoguz : ' Le gouvernement allemand suit bien sûr tout cela de près. Le plus important pour nous, et d'ailleurs ce que toute la société veut, c'est que oui, tout le monde devrait pouvoir exprimer ses idées dans la rue. Bien sûr, les radicaux sont différents. Mais tout le monde a le droit de dire 'oui, j'ai peur de ceci ou cela'. Bien sûr, ils peuvent même dire qu'ils n'aiment pas les musulmans. Mais cela ne veut pas dire qu'ils ont le droit de faire peur, de chasser les musulmans, de leur faire du mal. Nous suivons bien sûr ce dossier. Nous devons distinguer la société réelle qui a peur, des organisations d'extrême-droite, des organisations populistes. Et nous ne pouvons y parvenir que par le dialogue, qu'en nous rassemblant. ' Gizem Adal : ' En Europe, l'augmentation du nombre de salafistes est une menace sérieuse. Selon les données officielles, près de 7.000 salafistes vivent en Allemagne. Les jeunes en particulier sont victimes de lavages de cerveau sur les réseaux sociaux. Que fait le gouvernement allemand pour résoudre ce problème ? ' Aydan Özoguz : '' En réalité, ces gens les appâtent.' Gizem Adal : ' Les jeunes entrent en contact avec ces organisations et le recrutement se fait en face-à-face.' Aydan Özoguz : ' Ou ces organisations les approchent. Pire, elles les approchent et promettent à ces jeunes une vie meilleure. Elles arrivent et disent : 'si vous n'avez pas pu vous intégrer dans cette société, etc...' C'est le principal cas de figure en Allemagne. Par exemple, dans d'autres pays, des universitaires partent faire le djihad, on l'entend dire, mais ce n'est pas le cas en Allemagne. Les radicaux se concentrent essentiellement sur les jeunes en échec scolaire, sur ceux qui ne trouvent pas leur place dans la société. Cela veut dire deux choses : nous devons intensifier notre politique d'intégration. Nous devons nous focaliser davantage sur la réussite scolaire, nous devons guider ces jeunes et nous le faisons. Ces dernières années, nous avons obtenu de grands résultats. Cependant, certains pensent en ces termes : 'tout le monde devrait m'écouter, je veux faire partie d'une organisation grande et forte'. Par exemple, nous recueillons à présent les témoignages de ceux qui sont revenus. Ils disent qu'ils voulaient vivre ce sentiment d'appartenance une fois dans leur vie. Cela signifie que certains jeunes ne se sentent pas assez forts. Je pense qu'il nous faut être plus proches d'eux et en même temps, de leurs parents. ' Gizem Adal : ' De leurs parents et de leurs écoles, bien sûr. Nous parlons ici de 500 jeunes. 200 à 300 d'entre eux sont revenus, selon les estimations...' Aydan Özoguz: '' Certains sont morts au djihad. ' Gizem Adal : ' Certains sont morts mais ce sont des estimations. La plupart de ces salafistes sont des citoyens allemands. Quelles mesures avez-vous prises après leur retour ? ' Aydan Özoguz : ' On leur parle, bien sûr, toujours, et on leur demande ce qu'ils ont fait, qui ils ont rencontré, et dans quel l'état d'esprit ils se trouvent. ' Gizem Adal : ' Mais vous ne confisquez pas leur passeport ? ' Aydan Özoguz: ' Nous leur prenons leur passeport maintenant. Dorénavant, ils ne pourront plus quitter l'Europe. Du moins pas légalement. C'est le signal qu'on leur envoie. Ceux qui le veulent peuvent trouver d'autres moyens pour partir, mais ils ne pourront pas revenir aussi facilement. Nous devons montrer que la culture des gens n'est pas un problème, que leur religion n'est pas un problème, mais s'ils tuent d'autres personnes, ils ne font pas partie de cette société. La société doit s'opposer et dire : 'nous ne voulons pas ce type d'individus. De quel droit pouvez-vous tuer d'autres personnes ? Serez-vous de bons musulmans en agissant ainsi ?' Nous devons dire cela d'une façon plus directe, peut-être devons-nous même le dire avec un peu plus d'agressivité. '
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Pour lui, c'était une simple blague. Une photo du chef de Pegida, déguisé en Hitler, l'oblige à démissionner du mouvement anti-islam. La presse s'est emparée de ce cliché 'pris chez le coiffeur', explique Lutz Bachmann, et déniché sur Facebook. Lutz Bachmann et son mouvement Pegida organisent depuis octobre chaque lundi à Dresde un rassemblement perçu comme xénophobe. Les rangs des manifestants ne cessent de grossir, de 500 au début à 25 000 le 12 janvier, juste après l'attentat contre Charlie Hebdo. Lundi, la manifestation avait été annulée, en raison d'un risque d'attentats, contre Lutz Bachmann, précisément. Mais ce mercredi soir à Leipzig, à une centaine de kilomètres de Dresde, plusieurs milliers de personnes ont répondu au mot d'ordre anti-islam. Ils étaient 15 000, mais face à eux, une contre-manifestation a rassemblé 20 000 personnes.
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La Grèce peut-elle quitter l'euro ? Alors que les médias s'emballent, des commentaires plus nuancés nous viennent d'Allemagne. Deux jours après l'article du Spiegel selon lequel Angela Merkel serait prête à laisser la Grèce prendre la porte si la gauche radicale l'emportait aux législatives, de nombreuses voix - dont celle du vice-chancelier Sigmar Gabriel - s'élèvent pour assurer que la place de la Grèce est dans la zone euro. A Bruxelles, une porte-parole de la Commission a même déclaré que l'appartenance à l'euro était irrévocable. En réalité, le traité européen n'est pas aussi explicite mais le fait est qu'il n'existe pas de scénario de sortie. Pour l'économiste Daniel Gros du Centre for European Policy Studies, rien ne dit que la Grèce franchira le pas : ' La situation est très différente par rapport à 2012 parce que personne ne peut forcer la Grèce à sortir, dit-il. Si la Grèce veut rester dans la zone euro pour l'instant, elle n'aura pas besoin de beaucoup d'argent pour cela. C'était différent il y a deux ans. Si la Grèce dit : nous ne payons pas mais nous voulons rester dans la zone euro, il y a peu de choses que les autres puissent faire que ce soit sur le plan légal ou pratique. ' Le parti Syriza d'Alexis Tsipras, favori des sondages pour les élections anticipées du 25 janvier, promet de mettre un terme à l'austérité. Mais le pourra-t-il vraiment ? ' L'Allemagne peut en finir avec l'austérité, d'autres le peuvent, mais s'il y a un pays qui ne peut pas mettre un terme à l'austérité, c'est bien la Grèce, parce qu'elle n'en a pas les moyens ', affirme Daniel Gros. Ce que Tsipras espère avant tout, c'est une renégociation de la dette grecque qui représente plus de 170% de la richesse nationale.

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