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Le parti conservateur d'Angela Merkel a nettement remporté dimanche une élection régionale dans le nord de l'Allemagne, confortant le statut de favorite de la chancelière pour se succéder à elle-même après les législatives de septembre. Les démocrates-chrétiens de la CDU ont remporté entre 33 et 34% des voix dans l'Etat régional du Schleswig-Holstein, en progression par rapport au précédent scrutin de 2012, contre 26 à 27% pour le parti social-démocrate (SPD), qui gouvernait jusqu'ici cette région frontalière du Danemark et recule beaucoup par rapport à il y a cinq ans, selon des estimations des chaînes ARD et ZDF publiées dans la soirée. Il s'agit d'un cuisant revers pour le nouveau président du SPD, Martin Schulz, et ses espoirs de faire vaciller Angela Merkel: au pouvoir depuis 2005, elle briguera à l'automne un quatrième mandat. Avec ce succès au Schleswig-Holstein, c'est en effet la première fois depuis l'arrivée au pouvoir de la chancelière que son parti est en mesure de récupérer la direction d'un des nombreux Etats régionaux allemands perdus dans l'intervalle. Le signal est fort. Pour l'ancien président du Parlement européen, il s'agit de la deuxième défaite consécutive dans une élection régionale cette année. Le SPD avait déjà été sévèrement battu en Sarre en mars. Et il va devoir à présent affronter en position de faiblesse un test encore plus important pour lui : dans une semaine c'est dans l'Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie (ouest), le plus peuplé du pays, que le SPD affronte un scrutin régional, le dernier avec l'élection législative de septembre. Or, une nouvelle défaite dans cette région que les sociaux-démocrates gouvernent presque sans discontinuer depuis la Deuxième guerre mondiale réduirait de facto à néant les espoirs du parti de pouvoir s'emparer du pouvoir à Berlin à l'automne. L'Etat du Schleswig-Holstein, région avant tout agricole, représente, avec 2,3 millions d'habitants, moins de 3% de la population allemande. Mais le résultat avait valeur de test. Au final, le SPD recule d'environ 4 points par rapport au précédent scrutin de 2012. Il n'a que fort peu de chances avec un tel score de pouvoir rester à la tête du gouvernement régional, même si arithmétiquement il pourrait en théorie former une coalition suffisante en sièges au parlement local avec les écologistes, qui ont enregistré 13,5% des voix, et les libéraux du FDP (centre-droit) qui progressent de plus de trois points à 11,5%. Mais les Libéraux ont clairement affiché leur préférence pour une alliance avec la CDU, et les conservateurs négocieront en position de force. Alors qu'Angela Merkel paraissait en grande difficulté sur le plan politique dans son pays, après avoir pris la décision impopulaire d'ouvrir les portes de l'Allemagne à plus d'un million de migrants en 2015, la situation s'est peu à peu retournée ces derniers mois. La question de l'immigration n'est plus au premier plan des préoccupations de l'opinion, et la bonne santé de l'économie allemande, avec un taux de chômage à un niveau historiquement bas, reprend le dessus. Surtout, Angela Merkel continue par son image rassurante, modérée, et son expérience au pouvoir à gagner des suffrages dans de larges pans de la population. Martin Schulz a donné un temps l'impression de pouvoir la mettre en danger. Son arrivée à la tête du SPD en février a suscité un moment d'euphorie. Mais ces dernières semaines 'l'effet Schulz' s'est estompé. Angela Merkel bénéficie aussi d'une forte baisse du parti nationaliste Alternative pour l'Allemagne, l'AfD, à la pointe de la contestation de sa politique migratoire généreuse. Il n'a réussi à entrer au Parlement du Schleswig-Holstein qu'en franchissant de justesse le seuil minimum de 5% des suffrages, à 5,5% selon les estimations. Avec agence (AFP)
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La ministre de la Défense allemande ne tolèrera pas des idées d'extrème-droite dans l'armée. Ursula von der Leyen a réagi à l'affaire du soldat arrêté mercredi, suspecté de préparer un attentat. Cet homme de 28 ans servait pour l'armée allemande en France, près de Strasbourg. Il semblerait qu'il ait dressé une liste de personnes à éliminer, comme Anne Helm, cette jeune actrice membre du parti Pirate allemand. Et il voulait faire accuser les réfugiés. Mais l'histoire est encore plus incroyable. Le soldat menait une double vie. Il s'était fait enregistrer comme demandeur d'asile syrien. 'L'information que nous avons cependant c'est qu'il ne parlait pas arabe. Pourquoi personne ne l'a remarqué je ne peux pas l'expliquer, reconnaît Nadja Niesen, la procureur. On attend le résultat de l'enquête.' En décembre 2015 le soldat s'était donc présenté comme un chrétien syrien, vendeur de fruits à Damas. Il a obtenu l'asile et une aide mensuelle de 400 euros.
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Angela Merkel est en tournée dans les pays du Golfe, avec des hommes d'affaires allemands. La chancelière est attendue aux Emirats arabes unis aujourd'hui, après sa visite en Arabie saoudite hier. Au menu de cette rencontre destinée à préparer le prochain G20 en juillet en Allemagne, il devait être question des relations économiques bilatérales, de terrorisme, du climat, ou encore des droits de l'Homme : 'Sur la question particulière de la peine de mort, et sur le sort du blogueur Raif Badawi et de beaucoup d'autres qui veulent être actifs politiquement, sur la question des droits de l'homme, nous serons très attentifs'. Angela Merkel en Arabie saoudite sans voile https://t.co/kzmSsTMZvO pic.twitter.com/7lHeqP6mNp- GrandesEcolesFeminin (@GEFeminin) 1 mai 2017 La chancelière a aussi plaidé pour une détente entre les pays du Golfe et l'Iran. Ryad et Téhéran se livrent une guerre féroce sur le terrain yéménite, l'un soutenant le gouvernement, l'autre les rebelles houthis dans ce conflit qui ravage et affame le Yémen depuis 2014. A Ryad comme à Abou Dhabi, Angela Merkel devait aussi parler de la Syrie.
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Le parti d'extrême-droite Alternative pour l'Allemagne (AfD) s'est donné un duo inattendu dimanche, lors de son congrès de Cologne, pour le mener jusqu'aux élections générales de septembre. Inattendu car il associe un homme de 76 ans, Alexander Gauland, issu du courant le plus radical, et une femme de 38 ans, Alice Weidel, une économiste. Homosexuelle, son profil est pour le moins atypique dans un parti dont la culture défend en particulier la famille. 'Nous ferons notre entrée le mois prochain dans les parlements de Schleswig-Holstein et de Rhénanie du Nord-Westphalie, a lancé la désormais co-leader du parti. Puis, mes chers amis, nous allons ébranler l'Allemagne. Oui, absolument, nous allons l'ébranler.' Alice Weidel a été félicitée par la dirigeante emblématique du parti, Frauke Petry, 41 ans, qui, officiellement, s'est mise en retrait à l'approche de son accouchement - elle attend un cinquième enfant. Mais les observateurs y voient plutôt une mise à l'écart. 'Nous pensons que l'Allemagne et la France sont les deux seuls pays susceptibles de changer la donne en Europe et d'orienter l'Union européenne dans une autre direction', s'est contentée de déclarer Frauke Petry. Devant l'hôtel ou se déroule le congrès, des manifestants ont, comme ils l'avaient déjà fait la veille, protesté bruyamment contre la politique prônée par l'AfD. Ils ont en particulier appelé à 'écraser le nationalisme'.
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A Cologne en Allemagne, le congrès des populistes allemands de l'AfD (Alternative fur Deutschland) a démarré samedi sous très haute tension à cinq mois des élections législatives. Des milliers de partisans antifascistes ont déjà provoqué des échauffourées. Plus de 50 000 manifestants sont attendus d'ici dimanche. En Allemagne, un congrès sous tension pour le parti d'extrême droite AfD https://t.co/w0nMC0FVz4- Le Monde (@lemondefr) 22 avril 2017 A l'Afd, la pression s'exerce aussi en interne. Le parti est profondément divisé entre les tenants d'une ligne contestataire et les partisans d'une ligne franchement xéonphobe. Malgré ces dissensions, Frauke Petry, la co-présidente de l'AfD est persuadée que son parti parviendra au pouvoir dès 2021. L'AfD doit se choisir d'ici dimanche un nouveau leader pour mener la prochaine campagne électorale. Le parti accuse un net recul dans les sondages depuis qu'Angela Merkel a durci le ton contre les migrants. Avec Agences
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En visite dans les Balkans, le puissant sénateur américain John McCain a fait une halte jeudi au Kosovo. Le républicain a exhorté les parlementaires kosovars à poursuivre le dialogue avec la Serbie. Le Kosovo s'est déclaré indépendant en 2008 contre la volonté de Belgrade et les tensions entre les deux pays se sont multipliées ces derniers mois malgré une récente déclaration d'apaisement. 'Il faut continuer le dialogue avec l'aide de l'Union européenne et le soutien des Etats-Unis. C'est dans l'intérêt des Kosovars comme celui des Serbes', a déclaré John McCain. Jeudi, Hashim Thaçi, le président du Kosovo a finalement renoncé à son projet de créer une armée nationale : un projet auquel s'oppose ses alliées occidentaux sans parler de la Serbie. En déplacement à Pristina, Sigmar Gabriel, le ministre des Affaires étrangères allemand, s'est déclaré inquiet de la 'résurgence des vieux démons nationalistes' dans la région. Avec Agences
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L'Allemagne ouvre une enquête sur des soupçons d'espionnage turc. La crise diplomatique entre les deux pays connaît un nouvel épisode après le problème du référendum. Ankara aurait demandé à Berlin de l'aider à espionner 300 personnes et organisations à travers l'Allemagne. Des personnes jugées proches du mouvement Gülen, accusé par le pouvoir turc du putsch raté de l'été dernier. 'Cette information n'est pas une totale surprise pour moi, a déclaré le ministre de l'Intérieur Thomas de Maiziere. Nous avons plusieurs fois répété à la Turquie que ce genre de chose est inacceptable. Qu'importe la position que les gens ont dans le mouvement guléniste, ici c'est la loi allemande qui s'applique et les citoyens ne seront pas espionnés par des pays étrangers.' Les #JamesBond turcs énervent l'#Allemagne.#Erdogan #Turquie #Gülen #Espionnage https://t.co/mUYntMy7Bu- Kurdistan au féminin (@KurdistanAu) 28 mars 2017 Le scandale a éclaté dans la presse. Révélé par Boris Pistorius, le ministre de l'Intérieur de Basse-Saxe. L'Allemagne, au lieu d'aider Ankara, a prévenu les personnes espionnées, des risques encourus si elles retournent en Turquie. Les relations entre Ankara et Berlin sont ternies depuis la répression qui a suivi le coup d'état de cet été. A cela il faut ajouter l'annulation par Berlin des meetings pro-Erdogan sur le sol allemand, avant un référendum destiné à renforcer les pouvoirs du président.
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Avec la victoire d' Annegret Kramp-Karrenbauer, le Parti chrétien-démocrate d'Angela Merkel reste donc à la tête de ce petit Land frontalier de la France. La CDU en tient les rênes depuis 18 ans. Elle remporte 41 % des voix, contre 29 % pour les sociaux-démocrates. Le résultat de ce scrutin est bon signe pour Angela Merkel. Il ouvre une année électorale qui se terminera avec les législatives du 24 septembre. En Sarre, la progression spectaculaire des sociaux-démocrates dans les sondages ne s'est pas matérialisée dans les urnes. L'arrivée dans la course de l'ancien président du Parlement européen Martin Schulz comme tête de liste du SPD pour les législatives a dopé son camp. Le nouveau patron de la gauche allemande imaginait déjà une coalition avec les écologistes en Sarre. Finalement, ce sera sans doute une coalition entre la CDU et le SPD. Pas d'effet MartinSchulz en faveur du #SPD en #Sarre, où les chrétiens-démocrates de #Merkel progressent nettement.- mathieu gallard (mathieugallard) 26 mars 2017
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Les élections dans le Land de Sarre, petit Etat régional du sud-ouest du pays, sont considérées comme un premier scrutin test pour la chancelière allemande Angela Merkel, à six mois des élections législatives du 24 septembre. Il y en aura deux autres d'ici là : en Schleswig-Holstein, le 7 mai ; en Rhénanie du nord-Westphalie, une semaine plus tard. Environ 800 000 électeurs sont appelés aux urnes. Aujourd'hui, c'est une 'grande coalition' entre la CDU et le SDP qui gouverne, la CDU étant majoritaire. Mais les derniers sondages donnaient le parti d'Angela Merkel, certes en tête mais menacé par les sociaux-démocrates, désormais emmenés par l'ancien président du Parlement européen, Martin Schulz. La CDU pourrait ainsi perdre cette région minière et ouvrière qu'elle dirige depuis 18 ans. D'autant que, même si le SPD arrivait en deuxième position, il pourrait, grâce à des alliances, être amené à diriger le Land. Martin Schulz s'est en effet dit ouvert à une coalition avec la gauche radicale Die Linke, ainsi qu'avec les Verts. L'extrême-droite représentée par l'AfD vise l'entrée dans son 11è parlement régional, sur les 16 que compte le pays. Les premières estimations sont attendues dans la foulée de la fermeture des bureaux de vote, à 18h h française.
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Bis repetita... Le président turc Recep Tayyip Erdogan a renouvelé dimanche, à l'occasion d'une réunion à Istanbul, ses attaques contre la chancelière allemande Angela Merkel. Pour la deuxième fois en dix jours, il l'a accusée d'user de sales pratiques en empêchant la tenue en Allemagne de meetings sur le référendum turc du 16 avril, destiné à renforcer son pouvoir présidentiel. 'Merkel, tu utilises actuellement des méthodes nazies, a-t-il lancé. Et contre qui ? Contre mes frères citoyens vivant en Allemagne et contre mes frères ministres.' Autre motif de mécontentement pour Erdogan, la manifestation du nouvel an kurde, qui a rassemblé samedi à Francfort (Allemagne) 30 000 personnes, au cours de laquelle ont été brandis des drapeaux du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Or, ce parti, considéré comme une organisation terroriste, y est interdit, de même d'ailleurs que dans l'ensemble de l'Union européenne. Le président Erdogan a par ailleurs de nouveau qualifié d''agent du terrorisme' le correspondant en Turquie du quotidien allemand Die Welt, Deniz Yücel, emprisonné depuis le début du mois. En Allemagne, des manifestants ont, au contraire, réclamé sa libération.
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La météo aura été prémonitoire... La rencontre entre Donald Trump et Angela Merkel, programmée mardi et reportée à vendredi en raison d'une tempête de neige, s'est déroulée dans un climat glacial. Divergences sur le fond - commerce, immigration, Europe, climat. Différences aussi sur la forme. Le président des Etats-Unis a ainsi, ostensiblement, refusé de serrer la main de la chancelière allemande, alors que les photographes puis Angela Merkel elle-même le lui avaient proposé voire réclamé. 'Merkel et Trump ne sont pas devenus les meilleurs amis lors de cette rencontre', a relevé avec malice, dans un tweet, la télévision publique allemande ZDF Le président américain a, plus généralement, été moqué sur Twitter. Au cours de la conférence de presse commune, une journaliste de l'agence de presse allemande DPA, Kristina Dunz, a interrogé Donald Trump sur ses positions protectionnistes - le fameux America first. Elle lui a aussi demandé pourquoi il 'craignait à ce point le pluralisme dans la presse, en reprochant à certains journalistes de mentir. Et pourquoi (il) assénait des choses improuvables, comme le fait que son prédécesseur, Barack Obama, l'ait espionné.' Non sans avoir auparavant, et ironiquement, salué une journaliste 'gentille et sympa', Domald Trump a répliqué être 'un homme de commerce, et je suis pour un commerce juste, équitable, pour tout le monde partout dans le monde. Je ne suis absolument pas un isolationniste. Je ne sais pas quels journaux vous lisez, mais je suppose que ce sont des exemples de journaux qui publient de fausses informations.' Le président Trump est ensuite parti en Floride passer le week-end dans sa résidence de Palm Beach, déjà rebaptisée la 'Maison Blanche secondaire'.
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La chancelière allemande Angela Merkel rencontrait pour la première fois Donald Trump à la Maison Blanche. Au sommaire de leurs discussions : l'immigration. Le président américain a estimé que c'était 'un privilège, pas un droit'. Sur ce sujet rappelons qu'il avait dénoncé dans le passé la politique d'accueil de Berlin concernant les réfugiés. Mais Il a cette fois salué l'implication d'Angela Merkel dans la lutte antiterroriste. Il a ensuite abordé un autre sujet, le commerce : "Je ne suis pas un isolationniste, je suis pour le libre-échange, mais je suis aussi un partisan du commerce équitable et notre libre-échange a entraîné de mauvaises choses. Regardez le déficit que nous avons et l'accumulation de dettes. ' Angela Merkel lui a répondu de manière conciliante : " Il est juste que les deux parties profitent des traités qu'ils ont conclus. Dans cet esprit, je serais heureuse si nous pouvions reprendre les discussions entre l'Union Européenne et les États-Unis. " Donald Trump a également dit son soutien à l'Otan, dont il avait pourtant critiqué l'utilité pendant sa campagne. En revanche, la question délicate du climat n'a pas été abordée. Ce sera pourtant l'une des priorités du G20 que l'Allemagne accueille en juillet. Avec agences
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L'Europe a traversé sa pire crise économique et financière des dernières décennies et elle s'en est finalement sortie. Mais les citoyens ont dû payer le prix fort et aujourd'hui, ils ont de moins en moins confiance dans le projet européen. Dans cette édition, nous interrogeons au Forum économique de Bruxelles un personnage-clé dans la gestion de cette crise, le directeur général du Mécanisme européen de stabilité (MES), Klaus Regling. Sur la situation de la Grèce, il indique que les évolutions positives ont été interrompues en 2015 quand le pays a inversé des réformes. Il estime par ailleurs qu'un Brexit serait 'une perte considérable pour l'Union européenne'. Enfin, il affirme qu'en 2011 et 2012, la zone euro est passée tout près d'un effondrement. Efi Koutsokosta, euronews : 'Vous dirigez un mécanisme créé au plus fort de la crise dans l'objectif d'accorder des fonds de sauvetage aux pays qui en ont besoin. Vous avez jusqu'à présent déboursé plus de 250 milliards d'euros. D'où vient cet argent ? Je vous pose cette question en lien avec toute cette rhétorique sur les contribuables français et allemands qui paieraient pour les pays en difficulté. Est-ce réellement le cas ?' Klaus Regling, directeur général du Mécanisme européen de stabilité : 'Oui et non. L'argent que nous accordons à ces pays provient des marchés. Quand nous effectuons un versement à la Grèce ou dans le passé, à l'Irlande ou au Portugal, ce n'est pas de l'argent qui vient des budgets nationaux de nos pays actionnaires. Cependant, l'accord prévoit que les budgets de nos actionnaires assument les risques parce que quand ils garantissent notre opération, ce sont des risques supportés par les budgets nationaux. Si cela tourne mal, ces risques peuvent entraîner des coûts qui sont bien réels.' Biographie: Klaus Regling Klaus Regling est un économiste allemand, il préside le Fonds de sauvetage de la zone euro (FESF, MES) depuis le début de la crise de la dette. Il est le fils de Karl Regling, un menuisier de Lübeck qui a été élu au Bundestag avec les sociaux-démocrates. Le FESF et le MES ont accordé 255 milliards d'euros sur les cinq dernières années à la Grèce, l'Irlande, le Portugal, la République de Chypre et l'Espagne. Il a joué un rôle-clé dans l'élaboration du pacte de stabilité et de croissance dans les années 90 alors qu'il était ministre allemand des Finances. Ce qui lui a valu de passer aux yeux de certains, pour un monétariste intransigeant et un néolibéral. Grèce : 'Les évolutions positives ont été interrompues en 2015' Efi Koutsokosta : 'La Grèce est un cas particulier car c'est le seul pays qui fait encore l'objet d'un plan et d'une supervision du MES. Quelle est sa situation aujourd'hui ? Une réunion de l'Eurogroupe a lieu ce jeudi. Que faut-il en attendre ?' Klaus Regling : 'La Grèce est effectivement un cas particulier. Les quatre autres pays qui sont tous sortis des plans avec succès n'en ont eu besoin que d'un seul. La Grèce en est à son troisième parce que la situation de départ y était la plus difficile, l'écart par rapport aux attentes était plus important et aussi parce qu'il y a eu un retour en arrière dans les réalisations grecques il y a un an. Pendant la première moitié de l'année 2015, elle a tenté une nouvelle approche, elle a inversé certaines réformes et donc, les évolutions positives que nous avions constatées également dans ce pays en 2014 ont été assez sérieusement interrompues.' Efi Koutsokosta : 'Voulez-vous dire que ce troisième plan aurait pu être évité ?' Klaus Regling : 'Je ne sais pas s'il aurait pu être évité complètement, mais il est certain qu'il aurait été beaucoup moins important. Toujours est-il qu'aujourd'hui, il y a ce troisième plan et que la coopération avec le gouvernement grec est à nouveau productive. Lors de la réunion de l'Eurogroupe, je crois qu'il y a de bonnes chances qu'une décision soit prise sur le prochain versement.' Grèce: l'Eurogroupe prêt à accorder un prêt de 10,3 milliards prochainement https://t.co/DlUwfGYsqp- Challenges (@Challenges) 8 juin 2016 Efi Koutsokosta : 'Il y a aussi ce grand débat sur l'allègement de la dette, la restructuration de la dette grecque. Lors de sa dernière réunion, l'Eurogroupe a évoqué le fait qu'un mécanisme pourrait être mis en place après le plan, si nécessaire. Qu'est-ce que ça veut dire 'si nécessaire' ? La dette est-elle soutenable ou non ?' Klaus Regling : 'Vu que ce plan est mis en oeuvre selon une perspective à très long terme, il s'achèvera à un moment donné, mais les prêts eux ne seront remboursés qu'à une échéance de 30 ou 32 ans. Nous voulons être sûrs que pendant cette période, la Grèce puisse de nouveau se tenir debout, on doit gérer les aléas qui peuvent survenir sur un laps de temps si long. Nous savons tous que les prévisions sont toujours hasardeuses, il y a une part d'incertitude même pour ce qui concerne l'année prochaine et comme nous nous inscrivons dans une période de trente ans, cela va de soi que l'incertitude est beaucoup, beaucoup plus grande. Donc, ce qu'ont dit les partenaires de l'Eurogroupe est plutôt approprié, à savoir qu'ils se tiennent prêts à aider la Grèce si elle mène des réformes de son côté. Je pense que c'est une très bonne chose parce que si on prenait toutes les décisions maintenant, elles seraient peut-être trop limitées ou insuffisantes et si ce n'est pas suffisant, la Grèce en souffrira ou si au contraire, ces décisions s'avèrent trop vastes, alors les pays membres de la zone euro ne seront pas très contents.' 'Une perte considérable pour l'Union si le Royaume-Uni la quitte' Efi Koutsokosta : 'Dans moins de dix jours, les Britanniques décideront s'ils veulent rester ou non dans l'Union européenne. S'ils se prononcent pour un Brexit, quelles conséquences pour l'Europe ? De quoi avez-vous le plus peur ?' Klaus Regling : 'Politiquement, ce sera une perte considérable pour l'Union si le Royaume-Uni la quitte et c'est pour ça que tous les gouvernements européens veulent son maintien. Je pense que d'un point de vue économique, cela aura un coût comme de nombreuses études l'ont établi. Le coût précis n'est pas clair parce qu'il dépendra beaucoup de ce qui se passera dans les années d'après et du genre d'accords que le Royaume-Uni pourrait passer avec l'Union. Il y aura des échanges bien entendu, il y aura du commerce, des relations, mais à quoi cela ressemblera-t-il exactement ? On ne le sait pas. On ne sait pas combien de temps cela prendra pour aboutir à un tel accord. Et donc, il est très difficile de prévoir exactement ce qui va se passer. Il est aussi possible que les marchés soient très volatiles.' Efi Koutsokosta : 'Cela pourrait-il générer une nouvelle crise dans la zone euro ou dans l'Union ?' Klaus Regling : 'Je ne sais pas parce que la volatilité sur les marchés ne signifie pas toujours qu'il y a immédiatement une crise. Mais la volatilité sur les marchés peut nuire aux évolutions économiques. En tout cas, je ne m'attends pas à ce qu'une crise se déclenche de ce fait.' La crainte du Brexit perturbe les marchés en Europe https://t.co/C9X83crehM pic.twitter.com/kWIB1w2bvc- Les Echos (@LesEchos) 13 juin 2016 Un pacte de stabilité plus flexible ? 'Une bonne chose dans une certaine mesure' Efi Koutsokosta : 'Comme vous êtes l'un des architectes du pacte de stabilité et de croissance tel que nous le connaissons aujourd'hui, Jean-Claude Juncker - le président de la Commission européenne - a été critiqué pour avoir donné une nouvelle fois de la latitude, du temps à la France pour atteindre l'objectif des 3% de déficit public. La France est-elle un cas à part ?' Klaus Regling : 'Je pense qu'il est important d'avoir des règles fiscales claires dans l'Union monétaire. Parce qu'au sein de l'Union monétaire européenne, il y a ces conditions inédites où la politique monétaire est totalement centralisée, il y a un seul taux d'intérêt, un seul taux de change. Les autres politiques comme la politique fiscale et les réformes structurelles sont mises en oeuvre dans les différents pays de manière décentralisée et il y a d'ailleurs, toujours eu des gens qui depuis des décennies, jugent que ça ne peut pas marcher ainsi. Nous avons toujours répondu en disant que ça peut marcher, mais qu'il faut agir en bonne coordination. Ces dernières années, nous avons aussi rendu le pacte de stabilité plus flexible pour s'adapter à différentes situations économiques et je pense que c'est une bonne chose dans une certaine mesure.' Efi Koutsokosta : 'Faudrait-il donner plus de temps à la France pour s'adapter ?' Klaus Regling : 'Tout dépend comment on analyse les choses et c'est la Commission qui le fait. Comme je l'ai dit, davantage de facteurs sont aujourd'hui pris en compte dans la décision d'accorder de la flexibilité, mais globalement, il faut une égalité de traitement entre les différents pays.' Sapin: l'objectif de ramener le déficit sous les 3% en 2017 est 'intangible' >> https://t.co/fGHWaKoPad pic.twitter.com/tP4CXbFNvW- LCP (@LCP) 6 juin 2016 Zone euro : 'Nous pouvons être fiers du résultat que nous avons atteint' Efi Koutsokosta : 'Vous êtes-vous dit un jour que la zone euro pouvait s'effondrer ?' Klaus Regling : 'Je pense que nous l'avons évité de justesse en 2011 et 2012. Mais avec toutes ces différentes initiatives de la part de la Banque centrale européenne, du Fonds européen de stabilité financière (FESF) / MES, mais aussi l'Union bancaire, l'ajustement dans les pays concernés, la situation était déjà en voie d'amélioration, donc aujourd'hui, a posteriori, il est très facile de comprendre pourquoi au final, cela ne s'est pas produit. Nous l'avons évité de justesse et je pense aussi que sans la création du FESF par exemple, certains pays auraient été probablement forcés de quitter la zone euro et je suis heureux que nous n'en soyons pas arrivés là. Donc nous avons traversé des périodes particulièrement à risque ces dernières années, mais je crois que nous pouvons être assez fiers du résultat que nous avons atteint.' Efi Koutsokosta : 'Ce qui veut dire qu'aucun pays ne risque de devoir quitter la zone euro à l'heure actuelle.' Klaus Regling : 'Non, pas du tout.'
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En Allemagne, une des dirigeantes du parti Die Linke, Sahra Wagenknecht, a reçu une tarte en pleine figure. C'était ce samedi lors du congrès du parti dans la ville de Magdebourg. L'agresseur a été rapidement maîtrisé. Il s'agit d'un militant anti-fasciste. Il aurait agi pour dénoncer la politique défendue par Sahra Wagenknecht, qui souhaite notamment limiter le nombre de réfugiés arrivant en Allemagne. Linke MP SWagenknecht gets cake in her face from people saying she's no better than AfD https://t.co/WDRp0fOtRd pic.twitter.com/Poy5XwfG0T- dwnews (dwnews) 28 mai 2016
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La disparition de Margot Honecker. La veuve de l'ancien dirigeant de la RDA Erich Honecker, s'est éteinte vendredi au Chili à l'âge de 89 ans. Selon les médias chiliens, son décès est survenu vendredi matin, des suites d'un cancer. Tod einer Dogmatikerin: Nachruf auf Margot #Honecker https://t.co/CsFfWMK7iQ pic.twitter.com/z3oCQyfUPY- Berliner Zeitung (@BLZonline) 6 mai 2016 Margot #Honecker - die stahlharte Frau. Ein Nachruf von ichgruessesiehttps://t.co/1dHuO9mQBJ- Der Tagesspiegel (tagesspiegel) 6 mai 2016 Communiste inconditionnelle, ministre de l'Education de RDA de 1963 à 1989, celle qu'on surnommait la sorcière violette avait introduit doctrine et entraînement militaire dans l'enseignement secondaire. Margot Honecker: Ministerin, First Lady und Kommunistin - Nachruf von Peter Burghardt https://t.co/mU5h03xBEi- Süddeutsche Zeitung (@SZ) 6 mai 2016 Lors d'une de ses dernières interventions publiques en octobre 2009, la femme la plus puissante d'Allemagne de l'Est avait défendu le bilan de son mari qui a dirigé la RDA de 1976 à 1989, avant d'être contraint à la démission trois semaines avant la chute du Mur. avec AFP
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Anti-euro, anti-réfugiés et désormais ouvertement anti-islam : dimanche, à l'issue de son congrès, l'Alternative für Deutschland (AfD), le parti de la droite populiste allemande, a clairement assumé son hostilité à l'égard de la religion musulmane. Au lendemain d'une manifestation des mouvements anti-racistes qui s'est soldée par de nombreuses interpellations, les adhérents du parti ont notamment voté pour l'interdiction des minarets et du voile intégral et ont adopté une résolution soulignant que l'islam ne faisait par partie de l'Allemagne. Congrès de l'AfD à Stuttgart: le parti populiste soudé autour de l'anti-islamisme https://t.co/hT4fLRFkm5 pic.twitter.com/8uMTL1UPin- RFI (@RFI) 1 mai 2016 Devant les caméras, le porte-parole de l'AfD a soufflé le chaud et le froid : 'La charia sur le sol allemand n'est pas autorisée. C'est le cas aussi pour le traitement des femmes tel qu'il est décrit dans le Coran, de notre point de vue ce n'est pas compatible avec la constitution allemande', a expliqué Jörg Meuthen, co-Leader du parti. Mais de préciser aussitôt que 'cela ne signifie pas que nous soyons contre les musulmans (vivant en Allemangne) qui sont se sont paisiblement intégrés.' Divisé quant à sa stratégie vis-à-vis de l'extrême droite européenne, l'AfD a finalement évité dimanche de se prononcer sur un éventuel rapprochement avec le Front national. Mais un député européen de l'AfD n'a pas hésité : il vient d'annoncer à titre personnel son ralliement au nouveau groupe d'extrême droite au Parlement européen où siège déjà Marie Le Pen qui s'en est réjouie sur twitter. 'J'ai la joie de vous annoncer l'arrivée depuis hier dans notre groupe du député allemand MarcusPretzell de l'AFD !" #1erMaiFN- Marine Le Pen (MLP_officiel) 1 mai 2016 Crédité de 13% d'opinions favorables selon un récent sondage, l'AfD vise désormais les prochaines élections législatives de 2017 en Allemagne. -Avec AFP et Reuters_
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C'est aux cris de 'Nazis, dehors !' que les membres du parti populiste allemand AFD ont été accueillis par leurs opposants à Stuttgart. La formation Alternative pour l'Allemagne y tient son congrès ce week-end, mais près d'un millier de manifestants en ont perturbé l'ouverture. Environ 400 d'entre eux ont été arrêtés par la police après avoir tenté de bloquer l'accès ou avoir jeté des projectiles sur les policiers déployés en masse. Les forces de l'ordre ont finalement eu recours aux gaz lacrymogènes et aux canons à eau pour disperser les militants de gauche. 'Nous sommes convaincus qu'on ne peut pas laisser l'AFD faire sans rien dire, a expliqué leur porte-parole Dominik Schmeiser, et que c'est un parti non seulement raciste, mais qui est engagé dans une politique d'exclusion et de division sociale.' Les membres de ce parti fondé il y a trois ans, planchent sur leur programme pour les législatives de l'an prochain. Actuellement représenté au Parlement européen et dans la moitié des parlements régionaux allemands, l'AFD compte bien faire son entrée au Bundestag. Profitant de la crise des migrants, il a récemment pris un virage islamophobe. Parmi les motions soumises au vote ; l'interdiction des minarets, des appels du muezzin et du port du voile. Avec AFP
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Les mosquées doivent-elles être contrôlées par l'État? Cela semble être l'avis du CDU, le parti au pouvoir en Allemagne, présidé par la chancelière Angela Merkel. Volker Kauder, président du groupe de Union chrétienne-démocrate au Bundestag, la chambre basse, s'est prononcé en faveur d'une intervention de l'État dans un entretien au quotidien régional Berliner Zeitung. Selon le député conservateur, des prêches donnés dans certaines mosquées ne sont pas conformes aux préceptes de l'Allemagne, où l'État a toujours eu l'ascendant sur la religion. Pour Aiman Mazyekm, président du Conseil Central des Musulmans d'Allemagne, 'c'est la première fois depuis l'Allemagne d'Hitler qu'un parti discrédite et menace une communauté religieuse tout entière', composée de quatre millions de personnes. Pour l'écologiste Konstantin von Notz, le CDU 'essaye de faire passer les musulmans pour des monstres afin de grappiller des électeurs'. Un sondage IFOP publié ce vendredi pointe du doigt une dégradation de l'image de l'Islam en France et en Allemagne
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Sourire aux lèvres, lunettes en forme de bandeau noir pour ironiquement masquer son regard, Lutz Bachmann arrive à son procès. Le fondateur du mouvement islamophobe allemand Pegida est accusé d'avoir comparé les réfugiés à du 'bétail'. Déjà condamné pour braquages, violences et trafic de cocaïne, détenu 14 mois en Allemagne après s'être enfui en Afrique du Sud, Lutz Bachmann doit être jugé, sous haute sécurité, par un tribunal de Dresde, dans l'est de l'Allemagne. Il encourt entre trois mois et cinq ans de prison pour 'incitation à la haine'. L'accusation reproche à Lutz Bachmann des propos postés en septembre 2014 sur sa page Facebook. ll décrit les 'réfugiés de guerre' comme du 'bétail' ou de la 'racaille'. Pour son avocate, ces messages n'ont pas été rédigés par le leader de Pegida. Elle parle d'un probable piratage du compte de son client. Foyers d'accueil attaqués, jets de pierre, passages à tabac, l'Allemagne fait face à une recrudescence des violences contre les réfugiés. Ce procès intervient ainsi dans dans un contexte de forte poussée de l'extrême droite.
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Demain s'ouvriront les régionales en Allemagne. Un test crucial pour les partis traditionnels, à commencer par l'Union chrétienne-démocrate (CDU) d'Angela Merkel et le parti social-démocrate (SPD). Près de 13 millions d'Allemands sont appelés à voter dans trois des seize Etats-régions. Deux sont situés dans l'ouest, le Bade-Wurtemberg, et la Rhénanie-Palatinat et la Saxe-Anhalt est quant à elle à l'est. Dans le riche et puissant Bade-Wurtemberg, où le taux de chômage est aux environs de 4%, les Verts, qui dirigent la région dans une alliance avec le SPD, sont les favoris du scrutin. Ils menacent de détrôner la CDU comme première force politique. Les Verts sont en faveur de la politique de Merkel envers les réfugiés. Cette question cristallise l'opinion allemande. En Rhénanie-Palatinat, la chef du SPD, la ministre-présidente sortante Malu Dreyer, approuve elle aussi cette politique d'accueil lancée par la chancelière. Les sociaux démocrates sont crédités dans cette région d'une courte avance sur la CDU, représentée par son étoile montante Julia Klöckner. Cette dernière, en revanche, s'est démarquée de la politique migratoire de Merkel. En Saxe-Anhalt, dans l'est du pays, la CDU dispose d'une confortable avance face à ses adversaires traditionnels. Mais elle doit compter avec la droite dure et la formation populiste anti-migrants Alternative pour l'Allemagne (AfD), qui pourrait même devancer les sociaux démocrates. Dans cette région, le parti d'extrême droite est crédité d'environ 19 % des suffrages. Il a de fortes chances d'être représenté dans les deux autre parlements régionaux, dans le Bade-Wurtemberg et en Rhénanie-Palatinat où on lui prédit des scores entre 9 et 12,5%. Avec AFP
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Parti nationaliste et anti-immigrés, l'AfD, l'Alternative pour l'Allemagne, devrait faire une percée ce dimanche lors d'élections régionales. Trois Länder sont concernés mais le scrutin a valeur de test national pour la chancelière Angela Merkel et sa politique migratoire. 'Nous critiquons le flux de migrants massif et incontrôlé', explique Sylvia Gross, candidate de l'AfD en Rhénanie-Palatinat. 'Ce ne peut pas être une bonne chose', dit-elle, 'mais ça ne veut pas dire que nous sommes hostiles aux étrangers'. 'Je ne voterai pas pour l'AfD, parce qu'ils sont racistes, qu'ils n'aiment pas les étrangers', explique pourtant cette électrice, 'et parce qu'ils sapent le travail d'Angela Merkel. Je ne suis pas fan de son parti, la CDU, mais je soutiens ce qu'elle fait'. 'A mon avis, beaucoup pensent la même chose, à savoir que l'AfD ne peut pas changer grand chose. Je ne suis pas convaincue à 100% mais on doit prendre une nouvelle direction', estime cette autre. Crée il y a seulement trois ans, l'AfD pourrait rafler jusqu'à 18% des voix dimanche dans l'Etat de Saxe-Anhalt, selon les sondages. En Rhénanie-Palatinat et dans le Bade-Wurtemberg, il est crédité de 9 à 11%. L'afflux de réfugiés dans le pays a largement monopolisé la campagne électorale.
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Les trois élections régionales de ce dimanche en Allemagne pourraient marquer un tournant dans le paysage politique. Sur fond de crise des réfugiés le parti populiste AfD, Alternative pour l'Allemagne, est en passe de faire son entrée dans les parlements régionaux. La ville d'Offenbourg vit les dernières heures de cette campagne. L'accueil d'un millier de réfugiés a occupé le coeur des débats. Les électeurs vont avoir l'occasion d'exprimer leur opinion sur la politique d'ouverture menée par Angela Merkel à l'égard des migrants. Ces scrutins vont donc servir de test politique pour la chancelière allemande. Avec l'arrivée l'année dernière de plus d'un million de demandeurs d'asile sur le territoire allemand, le parti Alternative pour l'Allemagne espère bien convertir dans les urnes son discours anti-immigration. Pour son candidat à Offenbourg le mouvement pourra peser davantage dans les débats. Selon Stefan Räpple " si nous entrons au Parlement alors nous serons vraiment dangereux pour le système. Et nous ferons progresser l'Allemagne ". Si le pays a accueilli l'année dernière les réfugiés à bras ouverts les agressions parfois sexuelles commises lors de la nuit de la Saint-Sylvestre à Cologne ont choqué les esprits. Certains responsables seraient en effet des demandeurs d'asile. Les partis traditionnels prennent au sérieux la progression de l'AfD. Dimanche dernier lors d'élections locales la formation populiste est arrivée en troisième position.
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Le ministre allemand des Affaires étrangères a effectué une visite en Iran, à la tête d'une délégation économique, pour la deuxième fois en à peine trois mois, depuis la levée des sanctions contre Téhéran. Frank-Walter Steinmeier a rencontré ce mercredi le président iranien Hassan Rohani, qu'il n'a pas manqué d'inviter en Allemagne. Le chef de la diplomatie allemande a déjà quitté l'Iran pour se rendre en Arabie Saoudite. Il tente en effet de jouer les médiateurs dans la crise entre les deux pays, qui inquiète les Occidentaux, à cause du rôle que jouent ces deux puissances régionales dans le conflit syrien. Même s'ils n'oublient pas le passé, les Iraniens sont plutôt optimistes au sujet de cette visite. 'L'Allemagne n'a pas été bonne avec nous. Elle a toujours agi contre nos intérêts, comme sur la question des armes chimiques vendues à l'Irak. Ce pays nous a toujours fait du mal. Mais désormais que l'accord a été conclu, compte tenu du fait que nous voulons développer nos relations avec les autres pays, celles-ci servent forcément nos intérêts', estime un Iranien. 'Je pense que renforcer ces liens est très important, parce que l'Allemagne est un pays très développé et industrialisé qui peut vraiment aider notre pays', considère un jeune Iranien. Le but de cette visite est avant tout économique. Deux groupes allemands doivent investir douze milliards d'euros dans le secteur gazier et pétrolier. 'L'Allemagne veut jouer un rôle de médiateur au Moyen-Orient pour stabiliser la région, même si les discussions entreprises par M. Steinmeier pour améliorer les relations entre l'Iran et l'Arabie Saoudite n'ont pas l'air d'être efficaces à court terme', affirme Javad Montazeri, notre correspondant à Téhéran.
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Ils provoquent un véritable tollé en Allemagne. Les tweets de la chef du parti populiste AfD. 'Les policiers devraient avoir le droit de tirer sur les réfugiés dans des cas extrêmes', voilà ce qu'écrit Frauke Petry, la présidente du parti 'Alternative pour l'Allemagne', pour empêcher les migrants d'entrer en Allemagne. Son parti est le troisième parti d'Allemagne, avec 13% des voix. La classe politique s'indigne, mais la question des réfugiés reste un sujet sensible dans le pays, et qui fragilise Angela Merkel. 'J'espère que pendant l'hiver, quand le nombre de réfugiés est plus bas, nous allons faire des progrès visibles, a déclaré la chancelière. Les chiffres doivent être encore réduits, et ils ne doivent pas augmenter à nouveau.' Décourager les migrants Car la coalition gouvernementale cherche à décourager les migrants. Elle a annoncé jeudi une nouvelle série de mesures destinées à rendre le pays moins attractif pour les migrants économiques et à canaliser les arrivées de réfugiés. Berlin va limiter le rapprochement familial pour certaines catégories de réfugiés et largement exclure Marocains, Algériens et Tunisiens de l'accès à l'asile.
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Sous pression en Allemagne et dans son propre camp politique, Angela Merkel à obtenu l'appui d'Ahmet Davutoglu pour endiguer l'afflux de migrants qui se rendent en Europe. La chancelière allemande et le Premier ministre turc, en visite ce vendredi à Berlin, ont convenu que l'immigration irrégulière, devait être traitée de toute urgence, notamment en mer Egée. 'Nous ne pouvons pas permettre que des trafiquants d'être humains, des passeurs fassent régner la loi, en mer, entre la Turquie et la Grèce', a déclaré la chancelière. Dans un communiqué, la Turquie s'engage à tout faire pour réduire l'afflux de migrants qui se rendent vers l'Europe depuis son territoire. Mais pour Ahmet Davutoglu cela ne suffira à régler cette crise : 'Nous pensons que les pourparlers de paix sur la Syrie, qui doivent débuter dans quelques jours, seront un élément clé pour endiguer le flux de réfugiés en Europe.' En marge de cette rencontre, une manifestation devant la chancellerie a réuni entre 300 et 400 militants de la cause kurde, venus protester contre la politique du gouvernement turc. Ils dénoncent notamment l'offensive militaire menée contre les rebelles du PKK, dans le sud-est de la Turquie.
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Les réfugiés syriens sont arrivés à Berlin devant la Chancellerie ce jeudi soir. Ils étaient partis de Bavière dans la journée à bord d'un autocar affrété par un élu de la région voulant interpeller la Chancelière allemande sur sa politique d'immigration. Peter Dreier, l'auteur de cette initiative controversée, a fait le voyage jusqu'à la capitale allemande lui aussi. 'Je suis en faveur d'un traitement humain pour ces gens, a t'il déclaré. Pas dans des abris temporaires, des mois dans un gymnase ou autre. Et nous ne pouvons fournir d'hébergement digne à autant de gens. C'est pourquoi nous devons y mettre un frein et nous avions besoin d'un geste symbolique'. L'idée du politicien bavarois a fait polémique, entre instrumentalisation des réfugiés et montée des mouvements xénophobes. Katarina Barley, Secrétaire générale des Sociaux-Démocrates : 'De tels geste sur le dos de gens dans le besoin et qui cherchent à se loger est indigne et populiste'. Très déçu qu'aucun représentant d'Angela Merkel ne vienne à sa rencontre, Peter Dreier a promis de loger temporairement à ses frais les réfugiés qui choisiraient de rester à Berlin. Mais certains, ecoeurés, ont choisi de rentrer en Bavière.
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La jeune Palestinienne qui avait fondu en larmes face à Angela Merkel en juillet dernier, vient de recevoir une autorisation de séjour en Allemagne. Une autorisation temporaire, valable jusqu'en octobre 2017. Les sanglots de Reem Sahwil, 14 ans, étaient devenus le symbole de la détresse des migrants. Elle avait commencé à pleurer lorsque la chancelière lui avait expliqué que l'Allemagne ne pouvait accepter toutes les personnes qui voulaient s'installer sur son sol. La vidéo était devenue virale, et Angela Merkel accusée de maladresse. Mais après cet épisode, elle avait notamment annoncé l'ouverture des frontières allemandes aux réfugiés. Et en bonne partie pour cette raison, elle été nommée personne de l'année à la fois par le magazine américain Time et le magazine britannique The Financial Times. L'Allemagne qui a expulsé deux fois plus de migrants cette année que l'an dernier, a annoncé qu'elle en accueillerait un million en 2015.
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Angela Merkel désignée 'personnalité de l'année 2015' par le Time. Au classement, elle a coiffé au poteau le chef du groupe Etat islamique Abou Bakr al-Baghdadi, ainsi que Donald Trump. Elle est seulement, la quatrième femme à être ainsi distinguée par le magazine américain. Radhika Jones, une des responsables du journal, souligne à quel point la chancelière s'est positionné en chef de l'Europe à travers la crise de la dette. Et surtout dit-elle, 'elle a ouvert la voie aux politiques européennes pour les réfugiés et les migrants venus de Syrie et d'autres zones de conflit du monde. Elle a été un exemple de leadership moral, c'est ce que nous avons voulu souligner'. Angela Merkel inaugurait ce mercredi une nouvelle ligne de train à grande vitesse dans l'est de l'Allemagne. Elle n'a pas commenté cette distinction. Mais dans les rues de la capitale, certains ne cachent pas leur fierté. 'Je pense que c'est super', dit ce Berlinois, 'j'ai voté pour elle et je pense qu'elle arrive bien à se faire une place dans ce monde d'hommes et elle parvient à défendre ses intérêts politiques à travers le monde'. L'attitude intransigeante de la chancelière tout au long de la crise de la dette grecque n'a pas été appréciée par tous. A Athènes, les réactions sont amères. 'Elle est peut-être la femme de l'année pour l'Europe et le monde en général mais pour la Grèce, elle est le désastre de l'année. Pour nous, ce n'est pas une personne digne d'être honorée', estime cette passante.
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La ''Power Frau'' de l'Europe, la chancelière allemande Angela Merkel, a brandi le pouvoir de son pays pour lutter contre une crise financière dévastatrice, une crise des réfugiés et une crise dans l'Union européenne même. Mais sa popularité est en baisse, alors que la crise des réfugiés s'aggrave et que l'industrie automobile allemande est aux prises avec le scandale des émissions. Pendant ce temps, l'extrême droite progresse. Les troubles internes pourraient réduire son influence politique, alors que le sommet sur le climat à Paris approche et que le Royaume-Uni se demande s'il doit sortir ou non de l'UE. Si celle que les Allemands surnomment 'Mutti' est en difficulté, l'Europe l'est-elle également ? Il y a même une rébellion à l'intérieur de son propre parti. Et si Merkel n'est pas le leader de l'Europe, qui dirige alors ? Désormais connecté à cette édition de The Network, ici au Parlement européen à Bruxelles avec : Jo Leinen, membre de la commission des Affaires étrangères, ici au Parlement européen, et membre du Parti social-démocrate qui fait partie de la grande coalition en Allemagne. Pieter Cleppe de Open Europe, un think-tank politique non-partisan et indépendant. Stephen Brown, rédacteur en chef adjoint chez Politico Europe, un hebdomadaire en ligne. Les jours d'Angela Merkel sont-ils comptés ? Combien de temps, encore, peut-elle rester au pouvoir, vu la façon dont les choses se passent en ce moment ? Jo Leinen : il y a le chaos au sein du Parti chrétien-démocrate (CDU). Il y a deux partis en un. L'un veut fermer les frontières, l'autre cherche un moyen d'intégrer des centaines de milliers de réfugiés dans notre société. Il est donc difficile pour Merkel de gérer cette situation. Chris Burns : Mais va-t-elle survivre à cette situation ? Jo Leinen: C'est une question ouverte. Je pense que l'hospitalité que nous avons montrée est une bonne chose, mais il y a des limites. Si nous devons accueillir un million de personnes supplémentaires durant l'hiver pour les intégrer dans nos villes et villages, cela pose un vrai problème pour son parti d'accepter cette situation, de s'adapter. Chris Burns : C'est une grande question. J'aimerais souligner que nous avons invité la CDU, l'Union chrétienne-démocrate, mais ils ne pouvaient pas participer à cette émission, donc nous avons parmi nous un membre de la coalition gouvernementale, du côté social-démocrate. Peter, qu'en pensez-vous ? Combien de temps, pensez-vous, qu'Angela Merkel va tenir ? Pieter Cleppe : Eh bien, on voit bien qu'elle a un problème en terme de soutien populaire. Sa politique clé, cet été, concernant le plan de sauvetage à la Grèce, n'est pas soutenue par la majorité du peuple allemand. Chris Burns : Stephen, qu'en pensez-vous ? Stephen Brown : Personnellement, je crois que vous ne devriez pas sous-estimer la capacité de Merkel à surmonter cela. Je crois qu'elle suscite énormément d'admiration à l'étranger pour ce qu'elle a fait. Elle a connu des moments difficiles pour convaincre l'opinion publique allemande, les électeurs, les contribuables, que cela vaut la peine d'aide la Grèce. Chris Burns : Concernant la crise des réfugiés. Merkel, dans un premier temps, s'est vu reprocher d'être trop dure avec les réfugiés. Puis, on lui a reproché d'être trop souple. A-t-elle échoué à trouver le juste milieu ? Mais peut-on vraiment le trouver, Jo? Joe Leinen : Elle a ouvert la bouteille mais elle ne sait pas à l'heure actuelle comment la refermer. Donc le message 'Venez en Allemagne, il y a une culture d'accueil' s'est répandu dans tout le Moyen-Orient, et il est évident que nous ne pouvons pas intégrer des millions de personnes en Allemagne. Sa grande mission est donc d'obtenir la solidarité européenne, de convaincre les dirigeants européens à agir. Et c'est un test pour sa capacité à diriger cette politique. Chris Burns : Elle estime que si on ferme les frontières trop vite, cela pourrait faire exploser les Balkans. Qu'en pensez-vous Stephen ? Stephen Brown : Je pense que c'est l'un des risques. Mais elle pourrait avoir repéré une opportunité. Il y a cet argument, probablement optimiste que, comme les Etats-Unis, quand ils ont connu les grandes vagues d'immigration, cela a donné un énorme coup de pouce à la croissance. Cela pourrait être le cas de l'Allemagne, qui est confrontée actuellement à une pénurie de main d'oeuvre chronique. Ce sont peut-être les réfugiés qui permettront de combler ce vide après plusieurs années, le temps de les intégrer, de leur apprendre l'allemand puis de les amener sur le marché du travail. Chris Burns : Mais à quel point cela fait-il le jeu de l'extrême droite, Peter ? Pieter Cleppe : Eh bien, fondamentalement, je pense que l'immigration est une très bonne chose, bien sûr. Mais aujourd'hui, je crois que les limites ont été atteintes et que la politique allemande a été perturbée par un ensemble de tabous. Tout d'abord, l'Allemagne n'a pas voulu déclarer la Turquie comme un pays sûr. Aujourd'hui, elle refuse d'évoquer des options comme l'approche australienne, alors que cela sauve des vies. Donc, aussi longtemps que cela ne change pas, il ne sera pas possible de protéger les frontières extérieures de l'espace Schengen. Chris Burns : Restons sur cette question de l'extrême-droite. Jo, comment l'extrême-droite va-t-elle profiter de la situation et à quel point cela peut-il menacer la grande coalition ? Joe Leinen : Heureusement, nous n'avons pas une extrême-droite comme celles que nous pouvons voir dans d'autres pays. Chris Burns : Mais elle progresse dans les sondages. Joe Leine : Elle a déjà atteint dans les sondages le niveau de Die Linke, le parti de gauche, et bien sûr, cela va continuer et cela affecte en premier lieu le Parti chrétien-démocrate, le parti au pouvoir. Chris Burns : Cela va-t-il les pousser vers la droite ? Joe Leinen : Nous avons un test en mars. Deux élections majeures dans le Bade-Wurtemberg et en Rhénanie-Palatinat. On verra alors quelle orientation prend la politique en Allemagne. Chris Burns : Je me tourne vers Stephen. Si les chrétiens-démocrates prennent un virage à droite, cela pourrait-il diviser le gouvernement? Stephen Brown : Je pense, comme l'a souligné Sigmar Gabriel, que ces personnes ont besoin d'une sorte de représentation. Les gens de l'aile droite avec un sentiment anti-immigrant. C'est difficile, à l'heure actuelle, pour la CDU de les absorber, car leurs opinions sont repoussantes pour beaucoup d'électeurs ordinaires. Donc, je crois - et c'est à mons avis ce qui va se passer - que l'AFD a l'opportunité, une opportunité unique, de leur faire une place. Chris Burns : L'AFD, l'Alternative pour l'Allemagne ? Stephen Brown : L'Alternative pour l'Allemagne, le parti de droite, oui. Chris Burns : Sans transition. Passons maintenant au scandale des émissions de Volkswagen. Peter, à quel point cela impacte Merkel ? Ou bien est-elle blindée contre cela ? Pieter Cleppe : Je pense que c'est vraiment injuste de reprocher cela à Merkel, c'est un problème qui concerne une entreprise en particulier. Chris Burns : Mais c'est son gouvernement qui est responsable de la surveillance de l'industrie ? Pieter Cleppe : C'est une erreur de surveillance, certes, mais c'est tellement loin de la chancelière, que je ne pense pas que cela va la mettre en difficulté, pour être honnête. Chris Burns : Jo, à quel point cela impacte Angela Merkel? Joe Leinen : Ce n'est pas bon pour l'Allemagne. Nous avions une bonne réputation et maintenant, cette réputation est un peu fragilisée. Et si cela se répand dans toute l'industrie automobile, cela aura des répercussions sur les dirigeants politiques, sur la vie politique en Allemagne. Chris Burns : Cela peut nuire à sa stature, quand elle ira au sommet mondial sur le climat à Paris ? Stephen Brown : Je pense que oui. Alors qu'elle a pris une position de principe, sur l'immigration, une décision importante sur le nucléaire, elle est fragilisée par le fait que la transparence de la technologie allemande, sur une question aussi importante, a été ébranlée par une entreprise privée. Chris Burns : A quel point ressent-on cela aujourd'hui au niveau européen, en terme de leadership européen. Car tant de personnes attendent de la chancelière qu'elle règle des problèmes. Jo, qu'est-ce que vous observez sur le terrain ici à Bruxelles ? Joe Leinen : Donald Tusk, le président du Conseil européen, vient de dire que l'Allemagne est le plus grand pays, qu'il doit avoir beaucoup de leadership, et c'est pourquoi ce serait bon pour l'Europe que le gouvernement allemand reste fort, qu'il ne se disloque pas, car nous avons tellement de gouvernements qui sont faibles, qui luttent pour continuer à exister. Chris Burns : Merkel affaiblie. Quel impact cela a-t-il à un niveau européen, Peter? Pieter Cleppe : Eh bien, au final, si le gouvernement allemand s'effondre prématurément, plus probablement, si la crise des réfugiés venait à dégénérer, cela conduirait à un changement, je pense, à un niveau européen. Et ce ne serait pas nécessairement pour le pire. Je pense que c'est une bonne chose que certains des tabous, qui ont perturbé une politique efficace pendant des années, soient finalement jetés par-dessus bord. Et également, dans le débat européen, par exemple, l'ordre du jour britannique de Cameron, cela pourrait vraiment être quelque chose, qui réponde à certains des problèmes en France, avec l'extrême-droite. Donc, je ne pense pas que ce sera nécessairement une mauvaise chose. Chris Burns : Voyez vous les choses comme cela Stephen ? Stephen Brown : Je crois que le problème, c'est qu'il n'y a pas d'autres candidats pour diriger l'Europe en ce moment. David Cameron va probablement quitter l'Europe. Le dirigeant espagnol, Rajoy, va probablement quitter le pouvoir. Francois Hollande a des restrictions sur son pouvoir pour diriger l'Europe de toutes façons. Qui d'autre va le faire ? J'ignore si ce sera quelqu'un à Bruxelles. Chris Burns : Qui d'autre Jo ? Joe Leinen : Je ne pense pas qu'il y ait de tabous. Si on met en danger le système de Schengen, si on met en danger le système monétaire, que reste-t-il ? On se retrouve avec une Europe des Nations, on ferme les frontières, on renationalise les politiques. Est-ce la réponse adéquate à la mondialisation, l'Europe dans un monde mondialisé ? Donc, j'espère que nous pouvons encore résoudre cette crise des réfugiés, aussi difficile soit-elle, comme on a pu le faire avec la crise financière. Chris Burns : J'aimerais remercier nos invités : Jo Leinen, Pieter Cleppe et Stephen Brown. Je suis Chris Burns. A bientôt, merci de vous être connecté à The Network.
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En Allemagne, la question des réfugiés sème toujours la discorde dans la coalition de la chancelière Angela Merkel. L'un de ses plus proches collaborateurs, son ministre de l'Intérieur Thomas de Maizière veut changer les règles : il souhaite réduire le droit au regroupement familial pour les réfugiés, notamment syriens. 'Le nombre, spécialement de Syriens, a augmenté à un point tel, que personne n'avait pu prévoir en octobre et novembre 2014, dit Thomas de Maizière. Les circonstances nous forcent à des ajustements.' L'Allemagne attend quelque 800.000 demandeurs d'asile cette année mais 760.000 personnes sont déjà arrivées depuis janvier. Parmi elles 240.000 Syriens. Une situation qui coûte cher à la popularité des conservateurs allemands qui chutent à 34% dans les sondages.

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