La Banque de France a récemment recommandé un baisse du taux du Livret A à 1,25%, alors qu'il devrait mécaniquement tomber à 1%. Le gouvernement reste encore divisé sur l'ampleur de cette baisse, pris en étau entre raison politique et économique. Explications.

Vendredi dernier, la Banque de France a annoncé qu'elle recommandait d'abaisser le taux du Livret A à 1,25% à partir du 1er août 2013, contre 1,75% actuellement. Le placement préféré des Français pourrait alors atteindre son plus bas niveau historique.

Pourtant, il aurait dû reculer à 1% si la formule prévue par la loi avait été appliquée à la lettre. Mais le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, a donné son feu vert vendredi dernier pour que le pouvoir exécutif déroge à l'application de la formule mathématique, qui "conduirait à une forte variation et à un niveau inédit de la rémunération du Livret A", à savoir 1%.

Il a recommandé de fixer le taux à 1,25%, "ce qui permettrait de maintenir au cours des prochains mois une rémunération très largement positive de l'épargne réglementée, tout en diminuant d'une façon significative le coût du financement de l'économie", a-t-il expliqué.

Un choix difficileLa décision devra maintenant être tranchée par le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici, qui avait assuré qu'il veillerait à ce que "le pouvoir d'achat du Livret A soit préservé". Selon Le Monde, il pencherait plutôt pour un taux de rénumération de 1,25%, sans y être totalement "accroché", tandis que l'entourage du chef de l'Etat prônerait 1,5%.

Mais la situation est épineuse. "1,25%, c'est un plancher historique", rappelait-on vendredi dans l'entourage de Bercy. Et d'un autre côté, si le gouvernement voulait donner un coup de pouce au Livret A en fixant sa rémunération à 1,50%, "les conséquences sur le financement de l'économie seraient lourdes", souligne une source proche du dossier selon des propos rapportés par Les Echos.

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Alors 1,25% ou 1,5% ? Les discussions se poursuivent entre le ministère de l'Economie et l'Elysée. "Cela ne devrait plus tarder, mais le point n'est pas tranché", indiquait ce lundi matin au Monde une source gouvernementale.

© AFP

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