C'est un coup dur pour le célèbre grand reporter américain Peter Arnett. A 68 ans, ce vétéran du reportage de guerre vient d'être licencié de la chaîne NBC pour laquelle il couvrait le conflit en Irak, en accordant une interview à la télévision d'Etat irakienne critiquant le plan de guerre américain

Peter Arnett, "freedom of speech"

Et voilà ce qui arrive à qui ose critiquer les us et coutumes de ce cher gouvernement américain ! Heureusement il n'aura pas fallu longtemps à Peter Arnett pour se remettre sur les rails. En apprenant la nouvelle, le quotidien britannique "The Daily Mirror", le seul quotidien anti-guerre du pays, l'embauche sur-le-champ. Une aubaine pour le tabloïd qui en fait sa promotion sur sa Une du 1er avril en titrant "Viré par l'Amérique pour avoir dit la vérité... Embauché par le Daily Mirror pour continuer à la dire".

Loin d'être rancunier, Peter Arnett a toutefois avoué à la nation américaine "être embarrassé" pour avoir semé la discorde aux Etats-Unis, mais ne compte pas s'excuser pour ces propos qui, selon lui, relevaient plus d'une analyse du conflit que d'un témoignage personnel prônant la paix plutôt que la guerre.

Grand professionnel de l'information, la réputation de Peter Arnett n'est plus à faire. En 1966, le Prix Pulitzer lui est décerné pour ses reportages sur la guerre du Vietnam auprès de l'agence de presse Associated Press. En 1991, il est envoyé par CNN rapporter couvrir le conflit de la guerre du Golfe. Saddam Hussein en personne lui accordera même une interview.

Publicité
Conscient de qualités journalistiques, le National Geographic avait profité de sa présence en Irak, ces derniers jours, pour lui commander un reportage. Il vient d'en être congédié au même titre que de la chaîne NBC.

En attendant, Peter Arnett n'en finit pas de faire parler de lui, et du même coup réveille la langue de bois des médias américains...

Publicité