La maladie de Parkinson (MP) garde bien des mystères. Pourtant cette maladie neurologique fait l'objet de nombreuses recherches et bénéficie de nouveaux traitements pour en réduire les symptômes et ralentir l'évolution. Le point avec le Dr Etienne Hirsch, neurologue et chercheur à Paris.

Parkinson : le combat n'est pas fini

"Et puis il y a la toute vieille / Qu'en finit pas de vibrer..." chantait Brel dans "Ces gens-là" ; un tableau clinique qui se fait aujourd'hui de plus en plus rare, grâce à des traitements qui réduisent les principaux symptômes de la maladie de Parkinson (MP) : tremblements, troubles de la marche, rigidité.

Touchant entre 80 000 et 120 000 personnes en France, cette maladie neurologique débute en général au cours de la cinquième décennie. L'augmentation de l'espérance de vie et les progrès thérapeutiques qui ralentissent l'évolution de la maladie devraient accroître rapidement le nombre de personnes souffrant de ce type de pathologie neurodégénératives.

"Les causes de la MP restent mystérieuses", reconnaît le Dr Etienne Hirsch, neurologue. Certaines études épidémiologiques ont rapporté une augmentation du nombre de malades parkinsoniens dans certaines régions rurales, laissant suspecter un rôle des pesticides dans la survenue de cette maladie.

L'injection de certaines substances chez des toxicomanes a pu aussi déclencher un syndrome parkinsonien, renforçant l'hypothèse que des substances toxiques pourraient contribuer au développement de la maladie. Des traumatismes crâniens à répétition, comme chez les boxeurs, peuvent aussi favoriser la survenue de la maladie. Enfin il est établi désormais que des facteurs génétiques interviennent aussi dans certaines formes familiales de la MP.

Le suicide des neurones

Que sait-on aujourd'hui du mécanisme physiopathologique de la MP au niveau cellulaire? " Des études retrouvent un excès de production de substances toxiques au sein de cellules cérébrales, les neurones, situées dans une région particulière du cerveau, la substance noire" explique le Dr Hirsch.

L'accumulation de protéines à l'intérieur de ces cellules par défaut d'élimination pourrait aussi rendre compte de leur mauvais fonctionnement. Enfin l'activation d'un programme de suicide cellulaire conduisant à la mort du neurone a été mise en évidence quand la cellule est encombrée par trop de substances toxiques.

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Les hypothèses actuelles pour la survenue d'une MP suggèrent donc une interaction entre les gènes de susceptibilité à cette maladie (terrain héréditaire) et des facteurs environnementaux favorisant l'intoxication de ces cellules neuronales. En quoi le suicide et la mort de ces neurones expliquent-ils la symptomatologie de la MP ?
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