Le président géorgien Edouard Chevardnadze, au pouvoir depuis 1992 a finalement cédé à la contestation populaire. Dimanche 23 novembre, il a annoncé sa démission au terme d'une crise politique sans précédent, lancée par l'opposition depuis trois semaines.

Par ici la sortie, Mr Chevardnadze!

Massé dans les rues, le peuple géorgien a fermement demandé la démission de M. Chevardnadze suite aux dernières élections législatives jugées frauduleuses. Officiellement et selon des résultats encore provisoires, le parti du président arriverait en tête. Mais, selon d'autres, le principal parti d'opposition aurait largement remporté ces élections.

Edouard Chevardnadze a été depuis l'indépendance en 1991 le véritable homme fort de la Géorgie, mais n'a pu pour autant en assurer la prospérité. En effet, on estime actuellement que 53% des Géorgiens vivent en dessous du seuil local de pauvreté, fixé à 50 dollars par mois. L'endettement du pays est tel que l'Etat ne peut payer les impôts.

Surnommé le "Renard blanc du Caucase" en raison de sa chevelure blanche et de son habileté à se maintenir au pouvoir depuis si longtemps, cet homme de 75 ans n'a pas su gérer la sortie du communisme, laissant la corruption s'implanter en Géorgie.

Publicité
Né le 28 janvier 1928, Chevardnadze est entré à l'âge de 20 ans au parti communiste. En 1972, il accède au poste de premier secrétaire du parti en Géorgie et s'oppose alors à la rigueur du régime soviétique. Treize ans plus tard, cet ex-ministre de l'intérieur géorgien accompagne la perestroïka lancé par Mikhaïl Gorbatchev en acceptant le poste de ministre des Affaires étrangères de l'URSS. Fin négociateur et principal artisan du désarmement, le "renard blanc" contribue pleinement à la fin de la guerre froide et à l'effondrement du communisme.