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Au lendemain du sanglant attentat au camion bélier, les enquêteurs poursuivent leurs investigations au coeur de Stockholm. Toujours aucune revendication, mais l'un des deux suspects arrêtés vendredi soir serait bien le chauffeur du véhicule. Il est soupçonné 'd'homicide à caractère terroriste'. Selon la presse suédoise, il s'agirait d'un Ouzbek de 39 ans, sympathisant de l'Etat islamique. Son signalement correspond à celui de l'individu filmé sur les lieux de l'attaque. Mais la police dit avoir encore de nombreuses zones d'ombre à éclaircir. 'Nous n'allons pas relâcher nos efforts, a déclaré le représentant de la police, Jan Evensson. Nous continuons avec la même détermination. Et nous demandons au public de ne pas se rendre dans le centre de Stockholm a moins que ce ne soit absolument nécessaire, pour pouvoir travailler sans entraves. Il y a encore une scène de crime sur laquelle nous avons beaucoup à faire.' Toujours d'après les médias locaux, des explosifs auraient été retrouvés dans le camion qui a fini sa course encastré dans la vitrine d'un grand magasin après avoir fauché des passants dans la principale rue piétonne. Cet attentat, le quatrième du genre en Europe, a fait quatre morts et 15 blessés. Neuf sont dans un état grave, parmi eux un enfant. La Suède, qui avait relevé le niveau de menace à quatre sur une échelle de cinq après un attentat en 2010, l'avait abaissé d'un cran il y a un an. Lendemain d'attentat. #Stockholm, 8 avril 2017 pic.twitter.com/0HMFLSvHlW- Thibault Malandrin (@tibomalandrin) 8 avril 2017
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Dans cette nouvelle carte postale d'Ouzbékistan, nous sommes à Kokand, une ville de l'est de l'Ouzbékistan pour découvrir le Palais Khudayar Khan qui fut un temps, le plus grand d'Asie centrale. Repères Avec une population de plus de 30 millions d'habitants, l'ex-république soviétique est devenue indépendante en 1991 Sa superficie totale est de 425 400 km2, les plaines recouvrant les 4/5èmes du territoire La température moyenne en hiver est de -6 Celsius et dépasse 32 l'été Près de 80 % de la population est d'ethnie ouzbèque et l'Islam est la religion majoritaire à 88 % Comme nous l'indique notre reporter Seamus Kearney, 'cet édifice fut construit entre 1863 et 1875 par le dernier khan [roi] de Kokand dont le nom signifie 'cité merveilleuse'. Il a été érigé sur les ruines d'anciennes citadelles,' précise-t-il par ailleurs. A l'extérieur, un travail de sauvegarde a rendu tout leur éclat aux mosaïques bleues, vertes et jaunes tandis qu'à l'intérieur, on imagine facilement l'opulence qui régnait autrefois dans ses lieux. Khudayar Khan Palace. Kokand, Uzbekistan, Silk Road.http://t.co/6SD8QFz39h #silkroad pic.twitter.com/SbBciiEMjs- Photos of Silk Road (@PicsSilkRoad) 31 octobre 2014 Restauration en cours Madina Abdullayeva, guide dans le palais, explique : 'Autrefois, on comptait 114 pièces et 7 cours intérieures. Mais aujourd'hui, quand vous visitez notre musée, poursuit-elle, vous pouvez accéder à 19 pièces conservées dans leur état d'origine et à 4 cours.' Les meilleurs artisans de la région, mais aussi de Boukhara participèrent à la construction de ce Palais, aujourd'hui en cours de restauration.
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L'Azerbaïdjan et les autorités séparatistes de la région disputée du Nagorny-Karabakh ont annoncé mardi avoir conclu un accord de cessez-le-feu après quatre jours d'intenses combats qui ont fait au moins 64 morts. La ligne de front Les interrogations demeurent concernant le sort des territoires conquis par les armées de l'Arménie et de l'Azerbaïdjan pendant les affrontements les plus violents qui ont opposé ces deux pays ces vingt dernières années. Les bombardements se sont arrêtés mardi après une nuit ponctuée par des tirs sporadiques d'artillerie, selon un photographe de l'AFP présent dans le village azerbaïdjanais de Terter, situé près de la ligne de front. L'Azerbaïdjan affirme avoir pris le contrôle samedi de plusieurs hauteurs stratégiques au Nagorny-Karabakh et a annoncé son intention d'y 'renforcer' ses positions. Pour leur part, les autorités séparatistes, soutenues par l'Arménie, n'avaient affirmé être prêtes à discuter d'une trêve que si elles récupéraient le terrain perdu dans la région, reconnue comme appartenant à l'Azerbaïdjan par la communauté internationale. Le président arménien, Serge Sarkissian, avait quant à lui estimé qu'un cessez-le-feu ne serait possible que si les militaires des deux camps retournaient aux positions qu'ils occupaient avant la reprise des hostilités. La diplomatie Les co-présidents du groupe de Minsk sur le Karabakh, constitué au sein de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) doivent se rendre 'dans les prochains jours' à Erevan, Bakou et dans le Nagorny-Karabakh. Ce conflit, dont les sources remontent à plusieurs siècles mais qui s'est cristallisé à l'époque soviétique lorsque Moscou a attribué ce territoire en majorité peuplé d'Arméniens à la république socialiste soviétique d'Azerbaïdjan, intervient dans une région du Caucase stratégique pour le transport des hydrocarbures, à proximité de l'Iran, de la Turquie et du Proche-Orient. Après une guerre ayant fait 30.000 morts et des centaines de milliers de réfugiés, principalement azerbaïdjanais, le Nagorny-Karabakh est passé sous le contrôle de forces séparatistes proches d'Erevan. Aucun traité de paix n'a été signé et après une période de calme relatif, la région a connu ces derniers mois une nette aggravation des tensions, Erevan estimant même fin décembre qu'on était revenu à la 'guerre'.
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La région du Nagorny-Karabakh va t-elle connaître un cessez-le-feu durable ? Le ministre de la défense de la région a annoncé une cessation officielle des combats, dans la matinée, mais la partie en face, l'Azerbaidjan, n'a pas encore confirmé un accord de fin des combats. La reprise de la guerre dans cette région entre l'Arménie et l'Azérbaidjan a fait une quarantaine de morts, et 200 blessés, civils et militaires, depuis 4 jours. Deux réunions doivent se tenir aujourd'hui, l'une en Autriche, sous l'égide de l'OSCE, et une autre à Téhéran, pour trouver les conditions d'une pacification de la région. L'Iran a aussi proposé son aide. Serzh Sarksyan, président arménien : 'Pour que l'on retrouve un nouveau cessez-le-feu, l'OSCE devrait venir ici avec des mesures concrètes visant à stabiliser la situation. Tout d'abord, il faut une enquête urgente sur les dernières reprises des combats, et une augmentation significative des moyens de surveillance pour le personnel de l'OSCE.' Cette région du Caucase reste stratégique pour le transport des hydrocarbures, près de l'Iran, de la Turquie et aux portes du Proche-Orient. Les sources du conflit remontent à plusieurs siècles, mais il s'est aggravé sous l'époque soviétique, quand Moscou a attribué ce territoire peuplé d'arméniens à l'Azerbaïdjan. Ce sont les affrontements les plus meurtriers depuis la fin de la guerre en 1994, qui avait fait 30 000 morts, et des centaines de milliers de réfugiés, principalement azerbaïdjanais. A l'époque, le cessez-le-feu était resté très fragile : aucun traité de paix n'a été signé . Le président turc Recep Tayyip Erdogan, allié de Bakou, a attisé les tensions. Multipliant les messages de soutien à Bakou, M. Erdogan a assuré que 'le Karabakh retournera un jour, sans aucun doute, à son propriétaire originel', l'Azerbaïdjan, renouvelant ses 'condoléances' aux proches des 'martyrs' azerbaïdjanais.
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Dans cette nouvelle carte postale que nous vous adressons d'Ouzbékistan, nous vous invitons à découvrir la vallée de Ferghana dans l'est du pays. C'est dans la ville de Richtan que l'on trouve l'un des plus importants centres de céramique d'Asie centrale. Repères Avec une population de plus de 30 millions d'habitants, l'ex-république soviétique est devenue indépendante en 1991 Sa superficie totale est de 425 400 km2, les plaines recouvrant les 4/5èmes du territoire La température moyenne en hiver est de -6 Celsius et dépasse 32 l'été Près de 80 % de la population est d'ethnie ouzbèque et l'Islam est la religion majoritaire à 88 % Les céramiques bleues de Richtan sont connues dans le monde entier. Les méthodes de fabrication reposent sur une tradition ancienne et les motifs ont traversé les siècles. Un artisanat qui remonte au VIIème siècle Nous découvrons l'atelier de Roustam Ousmanov, l'un des maîtres de la céramique. On peut y voir l'intégralité du processus de fabrication de la céramique à la main en commençant par la première étape : la transformation de l'argile rouge local. 'L'histoire de la céramique ici remonte ici au VIIème siècle, explique Damir Ousmanov, céramiste, nous utilisons uniquement des matériaux locaux.' La famille Usmanov a créé un musée à l'intérieur de son atelier dans un objectif de préservation de cet artisanat.
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Cette semaine, notre carte postale vient de l'ouest de l'Ouzbékistan, de la ville ancienne de Khiva. Dans l'enceinte de la forteresse qui entoure la vieille ville appelée Itchan Kala, se trouve le site de Kalta Minor, qui signifie 'petit minaret' - aussi connu comme le minaret bleu ou minaret inachevé. Repères Avec une population de plus de 30 millions d'habitants, l'ex-république soviétique est devenue indépendante en 1991 Sa superficie totale est de 425 400 km2, les plaines recouvrant les 4/5èmes du territoire La température moyenne en hiver est de -6 Celsius et dépasse 32 l'été Près de 80 % de la population est d'ethnie ouzbèque et l'Islam est la religion majoritaire à 88 % 'Il y a 18 minarets à l'intérieur de la forteresse, dont l'un est le plus élevé d'Ouzbékistan. Mais c'est vraiment le minaret bleu, près de l'entrée principale, qui est devenu l'emblème de Khiva', précise Seamus Kearney d'euronews. 'Le minaret est haut de 29 mètres, mais en réalité, il n'a pas été terminé. En fait, l'idée de départ était de construire un minaret d'une hauteur comprise entre 70 et 80 mètres', explique la guide Sohiba Mamedova. Ce devait être le plus haut minaret d'Asie Centrale. Les travaux ont commencé au début des années 1850, mais ont cessé quand le souverain à l'origine du projet fut tué au combat. En 1990, Khiva est devenu un site du patrimoine mondial de l'UNESCO.
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D'anciens forts, des mosquées éblouissantes et de nouvelles constructions qui le sont tout autant, les monuments du sultanat d'Oman illustrent la richesse de son passé et de son présent. Dans cette édition, nous explorons le patrimoine de ce pays de la péninsule d'Arabie, en commençant par un site classé à l'Unesco : le fort de Bahla qui se dresse au sein de l'oasis du même nom. Fort de Bahla, l'un des plus anciens d'Oman Ce chef-d'oeuvre de l'époque médiévale islamique bâti en pierre et en brique crue fut une place fortifiée prospère pendant plusieurs siècles. 'Ce fort est l'un des plus anciens que nous ayons à Oman, explique Masoud Al Yazidi, historien, Bahla a été la capitale d'Oman du temps de la dynastie des Nabahina qui a régné sur Oman pendant environ 500 ans.' A l'époque, une partie de la population vivait à l'intérieur de ces murailles. La plupart des habitations étaient reliées entre elles et l'intérieur était richement décoré. Nous y entrons avec Masoud Al Yazidi : 'Ces niches, on les appelle 'Rosanna', les gens y mettaient des parfums, des bougies ou des lanternes.' La couleur de Mascate : le blanc ! Nous quittons le fort de Bahla pour la capitale Mascate, bordée par l'Océan indien et par des montagnes escarpées. Avec son architecture de style oriental, la ville laisse entrevoir une fusion entre tradition et modernité. Une source d'inspiration unique pour la peintre Halima Albulushi qui appartient à une nouvelle génération d'artistes à Oman. 'Si je devais illustrer Mascate en couleurs, confie-t-elle, je pense que je choisirais d'abord le blanc parce que tout est blanc ici : les maisons sont blanches. Il y aurait aussi des couleurs marrons, ajoute-t-elle, car il y a du marron au niveau des fenêtres, des portes et des montagnes et je prendrais aussi du bleu à cause de l'Océan.' Les couleurs de la ville gagnent encore en éclat quand elles se reflètent dans le marbre de la Grande Mosquée Sultan Qaboos, l'une des plus grandes du monde. Ce bijou architectural qui peut accueillir vingt mille fidèles est l'un des plus beaux monuments de Mascate. 'La mosquée se distingue par un mélange d'architecture d'Occident, d'Orient et d'Asie centrale,' insiste le guide Badar Al Dhuhli. Parmi les trésors qu'elle renferme, un imposant lustre en cristal qui illumine la vaste salle de prière. Il mesure 14 mètres de haut et pèse huit tonnes. Plus de 1100 ampoules lui donnent toute sa splendeur. 'C'est un endroit dont nous sommes fiers, souligne Badar Al Dhuhli, cette mosquée est le symbole de l'identité omanaise.' Grande Mosquée Sultan Qaboos, souk de Muttrah Autre composante de cette identité : le souk du quartier de Muttrah, le plus célèbre de la ville et l'un des plus anciens du sultanat. Son dédale de ruelles invite à découvrir dans les senteurs d'encens, des pièces d'artisanat typiques. 'Le souk de Muttrah, insiste Akhtar Al Balushi, gérant d'un magasin, c'est un endroit où les gens font connaissance, où les jeunes et les vieux se rencontrent, boivent un café, discutent.' Changement de décor radical : nous pénétrons dans l'Opéra royal de Mascate qui a déjà accueilli de grands noms de l'art lyrique comme Jonas Kaufmann, Plácido Domingo et Renée Flemming. Une scène internationale pour l'art lyrique, mais pas seulement Sur la scène de cet exemple d'architecture contemporaine islamique ouvert en 2011 : des opéras, des ballets et des concerts de musique de tout style. 'Cet Opéra royal, indique son directeur général Umberto Fanni, contribue à faire le lien entre différentes cultures et à donner l'opportunité aux jeunes générations de s'intéresser à leurs traditions du passé, mais aussi de regarder vers l'avenir.'
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Dans ce premier volet d''Uzbekistan Life', nous évoquons l'héritage de la route de la Soie et découvrons comment sa légende influence encore aujourd'hui la ville mythique. Samarcande était idéalement située sur ce réseau de routes longues de 10 000 kilomètres. En plus de 2000 ans, des millions de marchands, mais aussi des diplomates, des pèlerins et des guerriers l'ont traversé, et y ont laissé leur empreinte. 'Le travail des marchands qui venaient ici de différentes parties du monde, à différentes époques a toujours consisté à apporter leurs meilleurs produits. Mais ils étaient aussi habités par un désir de connaissance, d'échange de nouvelles idées révolutionnaires, de cultures, de traditions, de religions et de langues', affirme la guide Armida Nazaryan. Parmi ces idées, il y a la tradition ancienne de la fabrication du papier, qui est originaire de Chine. La technique secrète a été révélée à Samarcande et des artisans locaux l'ont ensuite développé. Le fameux papier fait d'écorce de mûrier s'est ensuite répandu dans le monde entier. Zarif Muhtarov a réalisé son rêve en ravivant l'art perdu de la fabrication du papier. Dans son atelier équipé d'un moulin à eau, il utilise une recette vieille de plus de mille ans. 'Les gens pouvaient reconnaître le papier de Samarcande juste par son bruit', raconte Zarif. Le papier renommé pour sa magnifique qualité est aussi appelé 'papier de soie' à cause de sa surface brillante et lisse. Il a servi de support à de nombreux manuscrits arabes et persans du IXème et Xème siècle. 'Seuls les émirs, les sultans et les vizirs pouvaient s'offrir ce papier. C'est pourquoi ce papier est aussi connu sous le nom de 'papier royal'', explique Zarif. 'Quand je tiens ce papier dans mes mains, j'ai l'impression de tenir un trésor dans les mains, le trésor du monde. Les caravanes de la grande route de la Soie ont transporté des quantités énormes de ce papier et l'ont emporté vers leurs pays en Asie, dans l'Est et en Europe', précise le papetier. Les activités commerciales se concentraient dans les nombreux bazars autour de la ville. Aujourd'hui ils sont aussi animés qu'autrefois. Tous les ingrédients colorés qui arrivaient à Samarcande ont laissé leur empreinte dans la cuisine traditionnelle, reflétant la mixité culturelle de la ville. Une saveur ancienne flotte toujours dans l'air. 'La grande route de la Soie, nous a apporté des épices comme la noix de muscade, le clou de girofle et le poivre', explique un vendeur sur le marché. Il n'y a pas que les épices, la soie, la porcelaine, les tapis et les armes qui jouaient un rôle important mais on échangeait aussi la musique et les instruments... Le Rubab est un instrument qui ressemble à un luth. Il est fait de bois de mûrier, a cinq cordes et est recouvert d'écailles de poisson. 'Cet instrument s'est répandu via la grande route de la Soie vers les différents pays d'Asie Centrale', explique un musicien. Cela peut prendre jusqu'à douze mois pour sculpter cet instrument. Il est emblématique du patrimoine musical ouzbek. Le long de l'ancienne route de la Soie, nous sommes désormais en route vers Boukhara, un autre centre important situé sur l'itinéraire historique. Dans la prochaine édition d''Uzbekistan Life' nous visiterons l'ancienne ville caravanière et nous explorerons son riche héritage d'artisanal.
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Khiva fut un centre du commerce d'esclaves, une cité effrayante, au sortir de l'éprouvante traversée du désert. Aujourd'hui c'est une ville-musée accueillante où les 3.000 habitants de la vieille ville redonnent vie aux traditions. Aucun autre endroit ne restitue mieux l'atmosphère du désert qu'Itchan Kala, la ville intérieure de Khiva. L'ocre des briques de ses murs d'enceinte domine la vieille ville, située au sud du fleuve Amou Daria. Khiva fut autrefois une oasis, la dernière étape avant le désert pour les caravanes qui se rendaient en Perse. Nul besoin d'aller bien loin pour voir comment ses habitants entretiennent les vieilles traditions. Même la fabrication du pain a des éléments d'une des plus grandes religions des temps anciens, le Zoroastrisme. ' Les secrets de la fabrication du pain se transmettent de génération en génération. Nous l'enseignons à nos filles parce que c'est notre tradition nationale. Ma mère m'a appris comment faire et ma grand-mère l'a appris à ma mère, ' explique Zaynab Abdullaeva, qui réside à Itchan Kala. A Khiva, on cuit le pain en plein air dans des fours aux parois d'argile. On en trouve plusieurs sur l'une des principales places de la ville intérieure. ' Le pain, c'est tout pour les Ouzbèkes. Dans l'Avesta, le livre du Zoroastrisme, il est dit que le pain est sacré et qu'il peut vous rendre fort et sain. Dans notre tradition, il a longtemps été l'aliment principal, ' assure Kamiljan Khudayberganov, historien. Des spirales imprimées dans la pâte constituent le lien entre le pain et le Zoroastrisme. ' Les dessins que vous voyez sur le pain symbolisent le soleil, objet de culte dans le Zoroastrisme. C'était un symbole de paix, de bonne volonté et de bonheur, et on le retrouve sur les bâtiments religieux, ' précise Kamiljan Khudayberganov. On apprend vite à repérer les influences zoroastriennes sur les façades de Khiva. Même les mosquées et les écoles coraniques portent les symboles de différentes religions, comme pour rappeler que cette ville de la Route de la Soie était un carrefour des philosophies, des religions et des cultures. ' Il y a toujours eu un lien fort entre les gens du désert et les habitants de Khiva. Il y avait beaucoup de troc. Les Nomades avaient du lait, de la viande, les sédentaires de Khiva, du pain et d'autres produits qu'on ne trouvait pas dans le désert, ' nous apprend Kamiljan Khudayberganov. A à peine deux heures de route de Khiva, s'étendent dans les steppes arides du Khorezm. Cette région est considérée comme le berceau d'une des plus grandes civilisations d'Asie centrale. On y a retrouvé les vestiges de nombreuses cités et palais. Parmi les plus spectaculaires, on citera Ayaz-Qala, un complexe de trois forts, ou encore Toprak Qala. C'est là que nous nous sommes rendus avec un des tous premiers archéologues à avoir travaillé sur le site, alors qu'il était étudiant, Vadim Yagodin. ' Les fouilles ont duré de nombreuses années. Elles ont commencé avant la seconde Guerre mondiale, en 1938-1939, et ont continué après guerre. Selon une théorie scientifique actuelle, ces immenses ruines des temps anciens ont été la résidence des rois du Khorezm au troisième siècle après Jésus-Christ, ' nous éclaire-t-il. Aujourd'hui, il est possible d'explorer une vingtaine de forts aux murs de terre dans cette région dite des 'cinquante forteresses ' - ce nombre étant une approximation. Après les secrets de Samarcande, les marchés de Boukhara et les traditions de Khiva, notre aventure sur l'ancienne route de la soie se termine dans le désert de Kyzyl-Koum. Notre journal de voyage et les trois épisodes de notre série Uzbekistan Life sont disponibles en ligne.
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Monica Pinna, euronews : 'La Route de la soie était un carrefour de philosophies, de traditions, de religions, et par-dessus tout de marchandises. Sur cette route, Boukhara fut l'une des villes caravanières les plus riches. Elle a compté jusqu'à 50 bazars et 75 caravansérails. Boukhara s'est développée autour du commerce. Les quatre bazars qui subsistent donnent une idée de la façon dont le négoce a influencé le développement urbain au temps de la Route de la soie. Le centre-ville ressemblait à un hypermarché médiéval. 'La ville avait onze portes qui conduisaient au centre, explique l'architecte Klitshev Zoircho. Aux carrefours avaient été construits des passages commerciaux, qu'on appelle des Toks. Les routes entre ces Toks étaient recouvertes par des auvents pour faciliter les affaires.'' Les ruelles ombragées serpentaient à travers les étals, les caravansérails et les bazars pour former l'un des centres de commerce les plus colorés et les plus cosmopolites du monde islamique. 'Le carrefour principal était recouvert par un dôme central, souligne Klitshev Zoircho. Il y avait aussi des dômes plus petits qui recouvraient des ruelles. Ces constructions monumentales indiquaient et protégeaient les carrefours, permettant aux échanges commerciaux de durer plus longtemps.'' Entrer dans un caravansérail est une véritable expérience. Pas plus de dix édifices ont résisté au temps. Celui d'Ayoz, en plein centre, vient tout juste d'être restauré et il est toujours fermé aux visiteurs. Les caravansérails avaient un rôle clé pour le commerce. 'On pouvait à la fois y loger, stocker des marchandises et faire du commerce de gros, explique Klitshev Zoircho. Il y avait de grands entrepôts pour conserver les marchandises, les biens étaient vendus ici en gros pour être vendus ensuite au détail dans les rues. Tous ces caravansérails étaient entourés de l'extérieur par des boutiques. Les détaillants récupéraient leurs produits ici et les vendaient dans la rue.'' 'Les caravansérails sont un patrimoine culturel, ajoute Klitshev Zoircho. Ils ne sont pas aussi sophistiqués que les édifices religieux, car ils étaient destinés à un usage civil, mais ils avaient une importance historique.'' Il était possible de trouver toutes sortes de produits dans les bazars ; à Boukhara, les tapis locaux sont la marque de fabrique de la cité. Ils représentent encore aujourd'hui les motifs géométriques des douze anciennes tribus de Boukhara avec d'intenses nuances de rouge. Sabina Burkhanova est vendeuse de tapis : 'Le tapis de Boukhara est rouge, car les adeptes du Zoroastrisme, la religion dominante en Asie centrale avant l'arrivée de l'Islam, avaient l'habitude d'invoquer le feu et le soleil, donc quand ils étaient agenouillés sur les tapis, ils imaginaient qu'il y avait un feu sur le tapis'', Environ vingt jeunes filles se rassemblent ici le matin pour apprendre le tissage des tapis, suivant une technique millénaire. Il faut des mois voire des années pour terminer un tapis, cela dépend de la taille, du nombre de noeuds par centimètre carré et du design. 'Pendant deux semaines, elles vont apprendre à faire un noeud, car pour faire un noeud il faut bouger ses doigts de huit manières différentes'', explique Sabina. Pour être maître, cela dépend d'elles, de leur talent, de leur rapidité, de leur intelligence.'' 'Il m'a fallu deux semaines pour apprendre et trois ans pour devenir maître, et j'ai toujours des choses à apprendre'', souligne Rano, une tisserande. Le tourisme n'a pas empêché Boukhara de conserver son charme d'antan. Il est agréable de déambuler dans ses vieilles ruelles, où on perd facilement ses repères et le sens du temps. Monica Pinna, euronews : 'Il est temps de quitter les artisans et les bazars de Boukhara pour nous rendre vers la ville de Khiva. Ce sera dans le troisième et dernier épisode d'Uzbekistan Life.'
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Le conquérant turco-mongol Tamerlan a mis trente-cinq ans pour faire de Samarcande, une capitale légendaire de l'ancienne Route de la Soie. Dès 1370, la cité a attiré artisans et architectes de tout l'Empire mongol. Tamerlan et son petit-fils Ulugh Beg ont fait venir sur place les plus grands scientifiques et philosophes des XIVes et XVes siècles, plaçant cette ville au carrefour des connaissances, des religions et du commerce et laissant en héritage, un patrimoine précieux. Pour le préserver des altérations du temps et notamment du climat continental, des restaurateurs sont aujourd'hui à pied d'oeuvre. Nous rencontrons par exemple, l'équipe en charge de recréer l'un des tympans de la madrasa d'Ulugh Beg sur la place du Registan. 'C'est un travail très difficile et méticuleux,' nous explique l'un de ses membres, Davlat Khakimov, 'parce qu'on doit être sûr que chaque carreau s'intègre parfaitement en termes de couleur, de forme et de taille. Ensuite, on plâtre le tout sur un support,' poursuit-il, 'puis on le positionne à son emplacement final sur le tympan.' Chaque année, une armée d'environ 90 professionnels s'affaire à la restauration des sites de Samarcande. Certains se sont consacrés pendant une quinzaine de jours à la recomposition d'un tympan constitué d'environ 3 000 carreaux. Un véritable tour de force. D'ici la fin de l'année, cinq autres tympans auront été ré-assemblés. Par ailleurs, une attention particulière est donnée au respect des techniques anciennes comme pour l'élaboration des couleurs. 'Quand j'ai commencé à travailler ici en 1981,' se souvient Davlat Khakimov, 'tout était en mauvais état, le deuxième étage n'existait plus, la façade avait presque totalement disparu et ces dernières années, tout a été refait comme c'était auparavant.' Exemples remarquables d'architecture islamique, les façades des trois madrasas de cette place qui fut jadis le centre névralgique du commerce ont retrouvé leur splendeur, mais aussi leur pouvoir d'évocation : les inscriptions et les symboles font référence à des préceptes éducatifs. 'Les dessins de plantes sous la forme de branches qui n'en finissent pas - avec de magnifiques feuilles vertes - représentent les jardins du paradis,' indique par exemple l'historien Fazlidin Fakhridinov avant d'ajouter : 'les motifs en spirale symbolisent la vie éternelle.' Les mosaïques de tigres sur la façade de la madrasa Shir-Dor restent des énigmes : elles vont à l'encontre de l'interdiction islamique de représenter les êtres vivants sur les édifices religieux. Elles illustreraient la quête humaine de connaissance et la récompense de la lumière de Dieu. Fazlidin Fakhridinov nous présente un autre mur décoré : 'ici, on trouve des ornements géométriques dont on pourrait penser que ce sont juste des décorations de forme carrée ou polyèdre, mais en réalité, ce sont des lettres et des mots. Quand on les regarde un peu plus attentivement,' poursuit-il, 'on peut remarquer qu'il y a écrit : Mahomet, le nom du Prophète.' Non loin de Samarcande, nous découvrons un exemple moderne d'architecture islamique : le mausolée de l'imam al-Boukhârî, l'un des hauts lieux de pèlerinage musulman dans le monde. Le complexe a été construit en 1998 à l'emplacement du mausolée édifié au XVIe siècle en hommage à ce théologien, à l'origine du deuxième livre le plus important pour les musulmans. 'L'Imam al-Boukhârî a rassemblé environ 600.000 hadith : ce sont les actes et les paroles du Prophète Mahomet,' précise l'imam Zayniddin Eshonkulov, 'il les connaissait par coeur.' Aujourd'hui, Samarcande a choisi de préserver son passé pour envisager un avenir dédié au tourisme. En 2001, l'Unesco est venu saluer ses efforts en l'inscrivant sur la liste du patrimoine mondial de l'Humanité en tant que 'Carrefour des cultures.'
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Cité inscrite au patrimoine mondial de l'Humanité, Samarcande en Ouzbékistan est une ville hôte toute trouvée pour la 99e session du Conseil exécutif de l'Organisation mondiale du tourisme (OMT) qui dépend des Nations Unies. Pendant quelques jours en ce début octobre, elle accueille ce forum destiné à faire le point sur le développement de ce secteur en croissance de 5 % en nombre de visites de touristes étrangers à l'échelle de la planète sur les six premiers mois de l'année. Un essor qui va de pair avec la paix et la stabilité politique et économique, a rappelé le président ouzbek Islam Karimov lors de la cérémonie d'ouverture. 'Le tourisme est une activité très importante qui touche la vie quotidienne des populations,' souligne Taleb Rifai, Secrétaire général de l'OMT. 'On sous-estime son impact sur la vie des gens, en termes de bénéfices, de revenus, d'emplois qu'il crée,' poursuit-il, 'donc notre objectif dans ce forum consiste à ouvrir les yeux des responsables politiques pour qu'ils se préoccupent sérieusement de ce secteur.' Pour l'Ouzbékistan, ce forum est l'occasion de promouvoir ses atouts auprès des touristes et des investisseurs : 'l'organisation de cette conférence à Samarcande nous sert de vitrine en vue d'attirer plus de visiteurs en Ouzbékistan et notamment à Samarcande,' indique le ministre ouzbek du tourisme, Farrukh Rizaev, 'et de faire connaître au grand public, l'aura touristique de cette ville et sa signification pour la 'Route de la Soie' sur laquelle nous communiquons.' La Route de la Soie qui traversait l'ancienne Samarcande a permis pendant des siècles de relier la Chine à l'Europe. Un parcours à l'époque plein de dangers et de difficultés devenue aujourd'hui, un circuit emprunté par les touristes. L'Ouzbékistan, ainsi que d'autres pays de la région, s'efforcent de trouver comment ancrer ces routes anciennes dans la modernité dans l'espoir de faire découvrir à des millions de visiteurs, quelques-uns des trésors de notre patrimoine commun. Un art de vivre spécifique vaut aussi le détour : comme ailleurs en Asie centrale, le bazar est le centre névralgique de Samarcande où sont présentes des spécialités uniques : par exemple, le célèbre pain de Samarcande qui dit-on, reste frais pendant une semaine et le petit chapeau traditionnel ouzbek réalisé à la main, le 'tyubeteika'. Nous rencontrons sur place, un couple de Mexicains ravis de vivre un dépaysement total. 'Samarcande et les villes alentour, c'est une région très mystique,' fait remarquer ce touriste, 'il y a beaucoup de choses à voir et on espère avoir assez de temps et d'argent pour revenir.'
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