Vidéos A la une
Pour l'heure, il n'en est qu' "au stade du diagnostic". Mais dans les semaines qui viennent, Emmanuel Macron va multiplier les consultations. Chefs d'entreprises, syndicalistes ou même parlementaires... "Un mouvement prospectif" que le ministre de l'Economie souhaite poursuivre jusqu'au mois de décembre, avant de présenter son "Macron 2", aussi attendu que redouté, début 2016. Ce texte, Emmanuel Macron le résume ainsi : "Faire réussir l'économie française dans une société d'innovation qui va beaucoup plus vite". Allusion à tous ces pans de l'économie bousculés par les nouveaux usages, à commencer par l'hôtellerie (avec l'irruption d'Airbnb), les taxis (Uber) ou les auto-écoles (Ornikar). "Plan d'action global" "Macron 2" sera débattu au Parlement... mais pas complètement. "Il y a des actions publiques qui ne nécessitent pas forcément une forme législative", explique Jean-Marie Le Guen à LCP. Plutôt que de parler de "loi Macron 2", le ministre des relations avec le Parlement préfère évoquer un "plan d'action global." Mais pas question de donner le sentiment de mettre en place une usine à gaz. L'entourage d'Emmanuel Macron assure qu' "il y aura bien un projet de loi en 2016". "Le texte traitera de nombreux secteurs, précise-t-on. Certains sujets seront présentés dans le cadre de la loi, d'autres feront l'objet de mesures règlementaires" comme l'adoption de décrets ou la modification d'arrêtés, minimise-t-on. Réunion à Bercy A droite, on reste sur ses gardes. "Soit on va vers des mesurettes, et ce ne sera pas Macron 2 mais Macron 1,3 ; soit on aura droit à des mesures importantes et personne ne comprendrait que le ministre se passe du Parlement !", tonne Jean-Frédéric Poisson, le député Les Républicains des Yvelines et vice-président de la Commission des Lois. Le député se rendra à Bercy le 6 octobre, à l'invitation d'Emmanuel Macron. "Nous ne sommes pas des voyous, explique-il. Si le ministre souhaite nous consulter pour élaborer un texte à partir de mesures que l'on défend, ce serait une initiative plaisante. A condition que ce soit pour une réunion de fond, pas pour du théâtre !" On se souvient que l'examen de la première loi Macron avait été houleux : 450 heures de débats, 9 600 amendements déposés, plus de 300 articles, pour aboutir, au final, à une adoption sans vote, le 10 juillet, à l'aide de l'article 49-3 de la Constitution, en raison de la fronde de nombreux députés socialistes... Une issue que le gouvernement ne souhaite pas voir rééditer. Visiblement, la leçon a été bien retenue. (Interview de Jean-Marie Le Guen par Marion Lefebvre-Becker et Elisa Bertholomey).
Publicité