Ce mercredi, le négationniste Vincent Reynouard a été condamné à deux ans de prison ferme pour la diffusion de vidéos contestant l'extermination des juifs d'Europe.

Ce 11 février, le tribunal de Coutances, dans la Manche, a condamné Vincent Reynouard à une peine de deux ans de prison ferme pour la diffusion sur Internet de vidéos remettant en cause les crimes contre l'Humanité de la seconde guerre mondiale. Déjà condamné en 2007 pour des faits similaires, cet ancien professeur de mathématiques a été, ce mercredi, astreint d'une peine deux fois supérieure à celle souhaitée par le parquet.

Récidive

Les penchants négationnistes de Vincent Reynouard ne sont pas récents. Radié de l'Education nationale il y a 15 ans pour ses habitudes à nier la Shoah devant ses élèves, l'ancien professeur avait également été condamné en 2007. 10 000 euros d'amende avaient été retenus à son encontre pour avoir diffusé une brochure contestant l'Holocauste.

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En l'espèce, début 2014, l'homme avait mis en ligne via un site d'extrême droite une vidéo de 45 minutes dénonçant la "propagande" faite lors des 70 ans du Débarquement. Un film dans lequel il s'insurgeait également contre deux associations de mémoire et déplorait les voyages pédagogiques à Auschwitz. Au tribunal de Coutances, la défense n'a pas contesté l'idéal national-socialiste du prévenu. Alors qu'il ne souhaitait pas "transformer le tribunal en tribune", rapporte France 3, celui-ci a cependant usé de tout l'argumentaire habituel des négationnistes, notamment la remise en question de la loi Gayssot. Loi de 1990 qui, en son article 9, prévoit l'interdiction de contester un crime contre l'Humanité reconnu.

On ne nie pas !

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S'il semblait sûr de ses propos, le prévenu a écopé de deux ans de prison ferme, soit deux fois plus que ce que le procureur de la République préconisait. Il a par ailleurs été tenu de verser 3500 euros à la Licra ainsi que 500 euros aux deux associations de mémoire. Une sanction lourde du tribunal correctionnel de Coutances, que le procureur a d'ores et déjà jugé excessive. Il a interjeté appel, un second procès se tiendra donc à la cour d'appel de Caen.

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