4 300 km de volcans, de déserts, de côtes, de forêts, de fjords et de glaciers essaimés jusqu'au Cap Horn. Cette destination d'exception convient à tous les types de voyageurs en quête d'expériences inédites, de rencontres et de paysages singuliers. De richesse culturelle aussi. 

Le désert d'Atacama / ©Jean-François Guggenheim

De l’extrême sud à l’extrême nord

C’est le voyage d’une vie. Sur une mappemonde, juste une bande de terre qui s'étire entre la Cordillère des Andes et l'océan Pacifique pour une largeur moyenne de 200 km. Mais à l’approche de Santiago, la capitale, l’immensité de la montagne enneigée et omniprésente captive déjà. Le Chili est saisissant. Au nord comme au sud.

Santiago

Le centre-ville est situé à 30 min de l’aéroport. Une fois les valises posées, c’est l’appel du premier Pisco sour, cocktail mythique à base d’alcool de pisco, de citron vert, de sucre, d’angostura et de blanc d’œuf. Dans le quartier branché de Lastarria, le República del Pisco est l’adresse incontournable pour le déguster et débuter le voyage. De là, à pied, on peut partir à la découverte de la ville. Se promener dans les rues aux façades couvertes de tags, mettre le cap sur le Museo de Bellas Artes (plus ancien musée de peinture d’Amérique du Sud), déambuler dans le quartier arty Bellavista ou encore visiter l’inénarrable maison de Pablo Neruda, La Chascona.

Gastronomie chilienne

Les allées du verdoyant parc Forestal le long du fleuve Mapocho mènent au Mercado Central. Dans les petites échoppes du marché aux poissons, sous une halle inaugurée à l’occasion de l’Exposition nationale de 1872, c’est l’heure de déguster une cazuela de congre (bouillon agrémenté de maïs, potiron et pomme de terre) ou un plateau de fruits de mer, dont l’indispensable araignée de mer géante, très savoureuse. Enfin, le soir, autre ambiance, avec un apéro dans le bar du W, en rooftop. Une vue imprenable plonge sur la capitale illuminée. Et pourquoi pas, se rendre ensuite au restaurant gastronomique sino-péruvien Qaray, au 1er étage.

L’âme chilienne

La capitale du Chili, nichée au pied de la Cordillère des Andes, est une porte d’entrée passionnante pour comprendre l’histoire complexe de ce pays et son foisonnement artistique. Une promenade à la Place d’Armes, la cathédrale et le centre culturel de La Moneda s’impose, mais c’est surtout dans l’émouvant Musée de la Mémoire et des Droits humains, qui retrace 17 ans de dictature, que l’esprit chilien devient palpable… Et puis, selon la durée du voyage, une escapade d’un ou deux jours dans la pittoresque Valparaiso au bord de la mer, à une bonne heure de route, ne décevra pas.

Patagonie, le bout du monde

Vient le départ pour l’extrême sud, entre Patagonie, détroit de Magellan, Cap Horn. C’est le pays des romans tempétueux de Francisco Coloane. De Luis Sepúlveda aussi, qui écrit : "Le chemin a deux bouts et aux deux quelqu'un m'attend." Le Chili est le pays des extrêmes, des infinis, des rencontres, quelles qu’elles soient. Les routes qui mènent de l’est à l’ouest, du nord au sud, sont toujours plus spectaculaires. L’accueil, toujours plus étonnant. Après l’atterrissage à Punta Arenas, les options sont nombreuses. Mais séjourner au cœur du parc naturel Torres del Paine, la Mecque des randonneurs en Amérique latine, est une expérience unique. Lacs, forêts, végétation endémique, parois comme jaillies de la terre, glaciers bleus indigo, troupeaux de guanacos, pumas tapis dans l’ombre d’un rocher, flore colorée se découvrent au fil de trekkings de tous les niveaux, de balades en bateau ou à cheval. Les ciels au lever du jour sont stupéfiants. Nuages circulaires, en spirale, étirés, entortillés, striés peuplent l’espace d’un maelstrom d’oranges, de roses, de rouges.

Atacama, la route du désert

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L’arrivée en avion à Calama est aussi superbe que le survol des Andes. Immensité ocre et salée, champs de panneaux voltaïques, d’éoliennes, gisements de cuivre, volcans majestueux, lagunes bleutées. San Pedro d’Atacama est une petite ville authentique des hauteurs andines. Presqu’une cité de Far-West. On y trouve des hébergements pour tous les budgets. De là, on part à l’aventure à bicyclette, à pied ou en 4X4. Les sites naturels lunaires, irréels, s’étendent à perte de vue. Valle de la Luna, Valle de la Muerte, lagunes de sel, geysers, lagunes altiplaniques, dégradés de verts, de bleus, de dorés, canyons aux parois griffées de dessins millénaires, cactus, flamands roses… Sous le ciel d’Atacama, la nature est à son comble. Un ciel unique au monde, qui accueille les plus grands centres astronomiques du monde, dont le fameux ALMA (visites à programmer très en amont). Et où les étoiles n’ont pas fini de nous en apprendre sur nous-mêmes.