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*Le Brésil traverse un moment inédit de son histoire, la destitution de Dilma Rousseff et son remplacement par le vice-présient Michel Temer qui prend la tête du pays, au moins le temps du procès en destitution de la Présidente. Michel Dos Santos a contacté au Brésil celui qui était le bras droit de Dilma Roussef, l'ancien ministre-chef de cabinet, Jaques Wagner, qui a laissé son poste au gouvernement pour Lula da Silva en mars dernier.* Est-ce qu'il y a un coup d'Etat au Brésil ? Jaques Wagner: 'Effectivement, ce que nous vivons au Brésil, c'est un coup d'Etat. J'appelle ça un coup d'Etat parce qu'ils ont eu recours au dispositif constitutionnel de destitution pour véritablement faire une élection indirecte. Le monde a assisté aux sessions de la chambre et du Sénat sur la recevabilité de cette procédure et personne ou très peu ont parlé de d'actes criminels, parce que la Présidente n'a commis aucun crime. Donc, ils ont utilisé ce dispositif constitutionnel contre quelque chose de sacré en démocratie, une élection par les urnes, pour tenter artificiellement d'usurper le pouvoir à un Président élu par 54 millions de voix. Depuis la fin des élections, ils ont tout fait pour tenter de les annuler et d'organiser cette espèce de troisième tour de l'élection. Ils ont remis en question le scrutin, puis la légitimité de la campagne présidentielle en allant jusqu'à la Cour suprême fédérale et pendant 18 mois, ils ont fabriqué de toutes pièces cette destitution, cherchant des raisons qui n'existent pas et qui n'existeront pas pour la dépouiller de son pouvoir.' Y a-t-il des intérêts géostratégiques derrière cela ? Y a-t-il des forces extérieures derrière ce coup d'Etat ? Jaques Wagner : 'Sans aucun doute, des intérêts conservateurs sont en jeu. C'est une stratégie qu'on constate dans certains pays, en ayant recours à l'éthique, on cherche, artificiellement, à prendre le pouvoir au gouvernement qui ont une légitimité populaire.' Qui sont ces mouvements conservateurs externes ? Pourrait-il s'agir d'un pays en particulier ou de plusieurs pays ? Jaques Wagner : 'De toute évidence, il existe des forces conservatrices aux Etats-Unis, en Europe, et même en Asie, qui préféreraient un autre type de gouvernance en Amérique latine, parce qu'en Amérique latine, pas seulement au Brésil, on a vu l'avènement de gouvernements populaires qui ont été systématiquement attaqués. Je préfère cibler d'ailleurs les secteurs conservateurs des marchés financiers, qui dans le monde entier, s'oppose aux mouvements sociaux et aux gouvernements à caractère populaire ou progressiste.' Sera-t-il possible d'inverser la situation au Sénat ? Jaques Wagner : 'Oui, il est possible de renverser la situation au Sénat, je n'en doute pas. Ils ont eu seulement 55 voix pour enclencher la procédure, si on gagne seulement deux de ces voix, on barrera la route à la destitution et nous avons déjà 22 ou 24 voix que je considère sûr. Et je pense que pendant l'exercice du mandat intérimaire, beaucoup de contradiction vont surgir. Je suis convaincu qu'avec les mouvements sociaux dans la rue, plus ce mouvement au congrès, nous avons tout pour échafauder le retour de la démocratie et que Dilam Rousseff puisse reprendre son mandat.' Plusieurs pays et organisations d'Amérique du Sud ont réagi négativement à l'évincement de Dilma Rousseff. Croyez-vous que l'Union européenne devrait avoir la même attitude ? Jaques Wagner : 'Je crois que tous les démocrates, de l'Union européenne et du monde entier doivent s'inquiéter quand, dans un pays comme le Brésil, une des plus grandes démocraties du monde, survient un processus qui n'est pas transparent, un processus de destitution artificiel, je crois que c'est une source de préoccupation pour nous tous. Et en interne, nous allons continuer à résister et nous comptons sur la solidarité internationale.'
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Au Brésil, Dilma Rousseff est sur le point de céder le pouvoir. Le Sénat est en ce moment réuni pour une session marathon afin de décider ou non de destituer la présidente brésilienne, accusée de maquillage de comptes publics. Et la balance ne penche pas en sa faveur. Depuis hier matin, les sénateurs s'expriment à la tribune à tour de rôle pendant 15 minutes pour défendre ou accabler Dilma Rousseff. Ils vont ensuite prendre part à un vote. Si une majorité des 81 sénateurs souhaite sa destitution, la présidente devra céder le pouvoir à son vice-président Michel Temer pour une durée maximale de 180 jours. Elle devra être soumises à un procès en destitution. Ce procès sera organisé par le Sénat. Cette fois, si deux tiers de ses membres votent en faveur d'une destitution, Dilma Rousseff sera définitivement écartée du pouvoir et ne pourra pas se représenter avant 8 ans. Le vice-président Michel Temer sera alors confirmé dans son intérim pour gouverrner jusqu'à la fin du mandat, le 31 décembre 2018. A l'extérieur du Sénat à Brasilia, la tension reste vive. 5 000 manifestants, anti et pro-Dilma Rousseff sont présents. Face à la foule, un dispositif policier impressionnant a été déployé. Les supporters de la présidence dénoncent un coup d'État. Le camp d'en face l'accuse de corruption. Le Brésil semble aujourd'hui profondément divisé. Selon les derniers sondages, environ 60 % des Brésiliens souhaiteraient le départ de Dilma Rousseff.
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Dilma Rousseff, présidente du Brésil, pour encore quelques heures...une probabilité qui se rapproche un peu plus. Mercredi, le Sénat se prononce sur la procédure de destitution. Sur les 81 membres de la Chambre, une cinquantaine ont déjà annoncé leur intention de voter contre la Présidente. Alors Dilma Rousseff tente de rassembler ses troupes. Lors d'un rassemblement, mardi, elle a assuré qu'elle ne démissionnerait jamais de son poste. Après une journée de lundi riche en rebondissements juridiques, l'avocat général du Brésil, Eduardo Cardozo, a annoncé avoir déposé une requête en annulation de la procédure de destitution devant la Cour suprême du pays. Il estime la décision des députés, prise le 17 avril, politiquement motivée. En attendant la réponse, la société brésilienne reste profondément divisée sur le sujet. A Brasilia, les 'anti-Dilma' occupent les avenues de la capitale au cri de 'dehors Dilma', tandis qu'à Rio, ses supporters dénoncent un coup d'état. Selon les médias locaux, les équipes du palais présidentiel auraient déjà commencé à préparer le départ de Mme Rousseff du 'Palacio Planalto'.
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