32 % des hommes de plus de quarante ans sont concernés par des troubles de l'érection et seulement 25 % d'entre eux consultent. Ceux qui franchissent la porte d'un cabinet médical le font dans un délai compris entre six mois et deux ans. Pourquoi ? Et surtout avec quelles conséquences ?

Michel, Jean et le coup de la panne...

Pour mieux comprendre ces freins et ces réticences, les laboratoires Lilly ont mené une enquête en collaboration avec Ipsos. Cette enquête a été réalisée à partir d'une quarantaine d'entretiens individuels en face à face et d'une durée d'environ une heure et demie. Point commun entre tous les hommes interrogés : ils ont tous été confrontés à des troubles de l'érection et n'ont pas encore consulté.

Les conclusions de cette étude permettent de mieux appréhender les mécanismes de décision et de gestion ou, au contraire, de reniement et de repli sur soi des hommes exposés à ces problèmes sexuels. Deux profils majeurs en ressortent avec deux comportements différents d'hommes qui souffrent de troubles érectiles et ne sont pas parvenus à consulter. Appelons-les Jean et Michel. Maintenant, accompagnons-les le long des étapes qu'ils ont vécues...

Jean ne rit pas, Michel non plus...

Jean à cinquante-sept ans. Il vit maintenant, avec sa femme et sa dernière fille, dans une maison en banlieue d'une grande ville de province. Les plus grands ont quitté le "nid". Leur vie est tout à fait tranquille, celle de Jean tout autant. Travail, bricolage, télé. Les sorties sont rares.

Michel est plus jeune. Il a quarante-trois ans. Divorcé avec deux enfants, il vit en concubinage. Il est commercial, il habite en centre-ville, fait du sport, va régulièrement au cinéma et adore lire. Il se dit anxieux, nerveux. Il apparaît que son divorce difficile l'a rendu méfiant avec les femmes...

Côté intimité, Jean est introverti. Le couple qu'il forme avec sa femme est solide, avec une fidélité et une confiance réciproques et sans failles. Mais ils ont subi beaucoup de traumatismes et n'échangent plus beaucoup. Ils ne font plus beaucoup l'amour non plus, mais Jean trouve cela tout à fait normal. Il n'a d'ailleurs pas prêté une attention particulière à ses premières difficultés érectiles : "J'ai pensé que c'était passager". Cette première fois remonte à sept ans...

Michel, lui, a vécu sa première panne, il y a quatre ans, comme un choc : "J'ai eu peur pour la prochaine fois. Ma fierté a été mise à mal". Il a finalement mis cela sur le compte de son mal être. Sa sexualité est importante, il aime d'ailleurs en parler et raconter qu'il a eu beaucoup d'aventures.

Ceci étant, au bout d'un moment, nos deux amis ont ressenti le même mal être, individuel et conjugal. Jean déclare : "Depuis, il y a des frictions, ça gêne l'équilibre du couple". Il en souffre aussi pour sa femme. Mais sa timidité l'empêche de lui en parler, comme à son médecin traitant d'ailleurs. De son côté, Michel est dans le déni total... Il affirme qu'il consultera si le problème prend de l'ampleur, mais en repousse l'échéance, bien entendu.

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L'enquête ne nous raconte pas la suite. Mais Jean s'est senti moins isolé lorsqu'il a appris que beaucoup d'hommes avaient le même problème. Quant à Michel, sa prise de conscience s'est accélérée lorsqu'on lui a décrit l'évolution du processus et son aggravation en cas d'absence de traitement...
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