Le compte à rebours pour Michel Fournier est en stand by. Dépendant des conditions météorologiques, cet officier retraité de 58 ans attend pour réaliser un exploit : un saut en chute libre à 40.000 m d'altitude. Aucun homme, simplement vêtu d'un scaphandre, n'a jamais sauté d'aussi haut..

Michel Fournier, le parachutiste de l'espace

La France et le Canada se sont alliés autour de cet incroyable projet : permettre à un homme seul d'atteindre la vitesse supersonique, et d'effectuer ce que certains qualifient de « véritable vol spatial ». Michel Fournier devra donc s'élancer, depuis la mésosphère, à plus de 40.000 m de hauteur. Une chute libre en piqué, le corps incliné à 58° pour décrocher 4 records du monde : le record d'altitude de saut en chute libre, le record d'altitude de vol humain sous un ballon, le record du temps en chute libre et enfin le record de vitesse en chute libre. En septembre 2002, deux tentatives ont échoué pour cause de conditions météorologiques instables... Depuis, de nombreux tests ont pu être réalisés. Des ajustements et des améliorations ont d'ailleurs été apportés au scaphandre de Michel Fournier. Finalement, le Grand Saut, ce sera pour le 1er juin 2005. Tout le monde est sur le qui-vive quand la nouvelle tombe : le plongeon ne se fera pas... Encore une fois, tout est reporté. Le mois d'août 2005 est alors évoqué pour un prochain rendez-vous.

Fin juillet, cette date-là est à son tour balayée par une information bien étrange publiée en une du site www.legrandsaut.org : ''Suite a des évènements non prévisibles, nous sommes dans l'obligation d'ajourner le Grand Saut. Michel Fournier a été victime d'une escroquerie financière par un pseudo sponsor qui a effectué un faux virement bancaire sur la banque du Grand Saut. Les moyens financiers n'étant plus réunis pour assurer une parfaite sécurité de ce vol stratosphérique, il a été décidé du report à une date ultérieure que nous ne pouvons prévoir à l'heure actuelle.'' Et depuis no news...

L'homme volant Le héros en question a 62 ans. Michel Fournier, ancien officier parachutiste, est un sportif multidisciplinaire de haut niveau dont l'ambition ne se résume pas à décrocher des records. Par ce saut extrême, il veut démontrer la possibilité d'un auto-sauvetage des astronautes en cas d'avarie au moment du lancement. Cette expérience servira aux astronautes pour éviter de mourir dans une explosion similaire à celle de la navette américaine Challenger en 1986 à 20 Km d'altitude.

Mais au-delà de la performance, son projet en lui-même est une remarquable prouesse !

Michel s'y investit sans relâche depuis 20 ans. Initialement prévu par l'Europe en 1985 autour de la navette Hermès, le projet a été plusieurs fois repris pour être définitivement abandonné en 1992 pour une question de budget.

Cet officier de réserve le reprend alors à son compte. Pour pouvoir racheter le matériel, il sacrifie tout : maison, bien, retraite... Il lui faudra attendre 2000 pour avoir l'appui logistique nécessaire : l'aide viendra du ministère des transports et de l'état-major de l'armée canadienne. Jean-François Clervoy, astronaute français de l'Agence Spatiale Européenne, deviendra également le parrain de cet exploit.

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Une fois le compte à rebours lancé, Michel Fournier devra commencer sa dénitrogénation en inhalant pendant 4 h de l'oxygène pur et éliminera ainsi 91 % du taux d'azote contenu dans son sang pour éviter une aéroembolie analogue à la maladie d'un plongeur en apnée irrespectueux des paliers de décompression. Il commencerait alors son ascension en ballon à bord de sa nacelle, un tube d'à peine 3 m de hauteur et d'1m10 de largeur. Au programme : 2h30 d'un lent voyage vers les étoiles.

Une utlime aventure qu'on attend avec beaucoup d'impatience... A suivre !

Pour le site officiel de Michel Fournier, cliquez ici !