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Les dirigeants européens avaient le visage grave à l'ouverture du sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE. Beaucoup semblent encore sonnés par le verdict du référendum britannique, à l'image du président du Parlement européen, Martin Schulz, qui a fait part de sa déception après le Brexit. Et il est revenu sur l'atmosphère qui régnait ce mardi à Bruxelles : 'En tant que président du Parlement européen, je n'ai jamais connu une telle atmosphère au Conseil. C'est assez compréhensible. La décision de Royaume-Uni vendredi dernier va certainement changer le caractère de l'Union européenne et le caractère du Royaume-Uni.' À l'instar des autres dirigeants européens, Martin Schulz exhorte Londres à entamer la procédure de sortie de l'Union européenne le plus vite possible pour éviter de prolonger l'incertitude.
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Isabelle Kumar : Une promesse non tenue, c'est lui-même qui l'a dit. Pour un nombre croissant d'Européens, l'Europe est devenue synonyme d'échec, qu'il s'agisse de la crise migratoire, de l'économie ou bien de la sécurité. Pour discuter de ces réalités, je suis avec le président du Parlement européen Martin Schulz, ici à Strasbourg. Président Schulz merci d'être avec nous dans The Global Conversation. Dans cette interview je vais vous demander de nous parler franchement sur l'état de l'Europe car nous sommes tous inquiets... Il semblerait qu'on assiste à un suicide lent et pénible lorsqu'on observe l'Europe en ce moment, mais atteignons nous un point de non-retour ? Martin Schulz : Votre description est absolument justifiée nous sommes dans un état lamentable à l'intérieur de l'Union européenne. Il y a les forces centrifuges (eurosceptiques) qui gagnent des élections, des référendums, si on met l'Europe et l'intégration en cause, on joue avec le sort de la prochaine génération parce que le 21e siècle est un siècle de la coopération et compétition des régions mondiales et pas des petits pays comme mon pays, l'Allemagne. 80 millions d'habitants, mais comparé à la Chine 1,4 milliard d'habitants. Comment survivre dans ce 21e siècle, seul ? Ceux qui nous racontent qu'il faut mettre fin à l'Europe et renationaliser jouent avec la sécurité et le futur de toute une génération. Biographie: Martin Schulz Martin Schulz est l'actuel président du Parlement européen. Il a débuté sa carrière politique à 19 ans au partie social démocrate allemand. Enfant, il rêvait de devenir footballeur professionnel. La rumeur dit qu'il pourrait être candidat au poste de chancelier lors des prochaines élections en Allemagne. Isabelle Kumar : Vous avez parlé d'intégration, un des gros dossiers en ce moment c'est bien sûr le Brexit. Pensez-vous qu'il est vraiment possible que la Grande-Bretagne décide de quitter l'Union Européenne ? Martin Shulz : C'est bien possible; on voit les sondages au coude à coude, j'espère que ça n'aura pas lieu mais ça n'est pas exclu. Le départ de la Grande-Bretagne de l'Union européenne serait un désastre pour l'union comme pour la Grande-Bretagne. Isabelle Kumar : Finalement la Grande-Bretagne n'est pas un membre qui respecte les règles selon certains, qui ne veut pas plus d'intégration... Pourquoi voulez-vous la Grande-Bretagne dans l'Union? Martin Shulz : C'est un pays G7, une puissance de veto membre permanent du Conseil de sécurité, c'est la deuxième économie de l'UE dans les marchés intérieurs. La Grande-Bretagne, nous en avons besoin. Isabelle Kumar : Il faut faire avec alors ? Martin Shulz : Oui. La Grande-Bretagne de l'autre côté doit comprendre, elle est un pays G7 parce qu'elle est la deuxième économie en Europe, parce qu'elle est un membre intégré dans les marchés intérieurs, ça veut dire rompre avec ça réduit l'importance et l'influence, et la puissance économique de la Grande-Bretagne. Isabelle Kumar : Alors vous serez prêts à faire encore des compromis pour la Grande-Bretagne ? Martin Shulz : Non. On a négocié avec la Grande-Bretagne un paquet sur lequel les Britanniques vont maintenant voter. Ce message de quelques uns, 'il faut voter non pour avoir un 'better deal' un meilleur accord', ça n'aura pas lieu. On a maintenant un accord, c'est maintenant aux Britanniques de dire oui ou non. Isabelle Kumar : Nous avons demandé à nos internautes de nous envoyer des questions pour cette interview. Armin demande si la Grande-Bretagne décide de quitter l'UE le 23 juin, quel sera le principal défi à relever après son départ ? Martin Schulz : Je pense que la zone euro doit tout de suite réagir. Nous avons dans la zone euro 19 états membres, une monnaie unique mais nous avons 19 différentes politiques économiques, du travail, des taxes, des impôts, il faut que nous mettions de l'ordre dans la zone euro, donc si la Grande-Bretagne quitte ou si elle reste je pense que la zone euro doit approfondir la coopération politique. Isabelle Kumar : Le plan d'action est-il prêt pour son départ ? Martin Schulz : Malheureusement, non. Je crois qu'un des problèmes de la zone euro est ce déséquilibre macro-économique comme nous l'appelons avec ce terme technique, c'est-à-dire, le développement très hétérogène au sein de la zone euro. Il faut y mettre fin si la Grande-Bretagne reste ou quitte. Mais je crois que les autres en Europe doivent se rendre compte que c'est maintenant le moment d'agir. De toute façon après le 23 juin, il faut qu'on discute de la future structure de l'Union européenne. Isabelle Kumar : Et le divorce à l'amiable serait-il possible ? Martin Schultz : Le divorce est toujours très difficile. Je crois que spéculer sur ce qu'il se passera après le 23 c'est trop tôt. Ce que je souhaite, c'est qu'on ne discute pas de ça, qu'on convainque la majorité des Britanniques de voter pour rester parce que c'est une 'win win situation'. Sortir est une situation ou tout le monde va perdre. Isabelle Kumar : Passons du Brexit au Grexit. La Grèce est à la Une de la presse quasiment tout le temps ces jours-ci. Pensez-vous que les nouveaux sacrifices que demandent les créanciers pour la Grèce, seront suffisant pour la sortir de sa crise et la garder dans la zone euro ? Martin Shulz : Trois réponses très brèves. Premièrement, lundi on a, à mes yeux, trouvé un bon chemin pour résoudre les problèmes actuels. Deux, je crois qu'on a besoin d'un aménagement de la dette, c'est pour la première fois qu'on a discuté ça... Isabelle Kumar : A l'encontre de la Commission européenne et l'Allemagne... Martin Schulz : La Commission n'est pas réticente de le débattre, et même l'Allemagne a accepté le débat. Moi, j'appartiens à un parti qui est au gouvernement en Allemagne, nous sommes tout à fait pour un tel débat et le ministre des Finances allemand ne l'a pas refusé et trois, il faut mettre fin à cette pensée qu'on pourrait encore demander d'autres sacrifices. On ne peut plus réduire les salaires, on ne peut plus réduire les pensions, les retraites. Ce dont on a besoin c'est une reconnaissance que la Grèce 2015 a fait un surplus dans son budget primaire. C'est-à-dire les sacrifices qu'on a demandé des Grecs portent maintenant, créent maintenant des résultats positifs. Isabelle Kumar : Vous pensez que les Grecs ont été poussés trop loin par les mesures d'austérité ? Martin Schulz : Vous savez très bien que je n'ai jamais été quelqu'un qui a soutenu ces mesures d'austérité. Assainir un budget, aménager la dette souveraine c'est nécessaire, mais sans croissance ou emploi qui augmente la partie revenu d'un budget on ne va jamais assainir à long terme un budget. Isabelle Kumar : Alors que la Grèce se bat contre ces forces économiques pour sauver son économie elle est aussi en premiere ligne lorsqu'il s'agit de la crise des réfugiés. Je voudrais parler de l'accord entre l'Union européenne et la Turquie, et là nous avons une question de Niko Kulik, bien détaillée et bien précise... 'Qu'allez vous sacrifier pour cet accord avec la Turquie ? Allez-vous fermer les yeux sur les violations des droits de l'homme ou au contraire faire pression sur la Turquie pour qu'elle les respecte, même si ça conduit à un échec de l'accord ?' Martin Schulz : Bien sûr. Ce que j'ai fait la semaine dernière, j'ai arrêté le projet pour la libéralisation des visas qui était soumis au Parlement par la Commission, parce que la Turquie n'a pas du tout accompli les 72 mesures demandées. Parmi ces mesures, une réforme du paragraphe anti-terroriste, une réforme de la protection des données, exactement ce que ce monsieur a mentionné. Si la Turquie continue sur cette route, de dire on ne réforme pas la loi anti-terroriste, on ne va pas commencer les délibérations ici sur la libéralisation des visas. Isabelle Kumar : Alors que pensez-vous du Président Erdogan lorsqu'il vous a dit 'nous irons de notre coté, vous du vôtre' ? C'est un partenaire fiable à long terme, parce que finalement vous en avez besoin si vous en êtes là ? Martin Schulz : Nous sommes des partenaires qui avons besoin d'une co-opération mutuelle. Je n'imagine pas que Monsieur Erdogan veuille sortir de cette coopération. Nous sommes prêts à coopérer mais la Turquie a promis de faire des réformes pour que nous commencions avec notre partie de l'accord. Isabelle Kumar : Vous allez attendre des mesures concrètes ? Martin Schulz : Au-delà du fait que la Turquie l'avait promis et disent maintenant non, nous arrêtons. C'est une situation nouvelle. Il faut donc discuter mais si la Turquie ne présente pas ses réformes nous ne pouvons pas légiférer ici au Parlement européen. De tout façon si Monsieur Erdogan considère l'accord comme suspendu, ce que je ne crois pas, ça serait dommage,on va trouver une solution dans le respect mutuel et dans la coopération mutuelle. Mais le respect mutuel ça veut dire, je veut être très clair là-dessus, il faut que nous respections la Turquie, mais aussi il faut que la Turquie respecte nos règles. Isabelle Kumar : L'Europe est-elle fidèle à ses principes de droits de l'homme lorsqu'elle travaille avec la Turquie ? Parce qu'il y a aussi la façon dont elle traite les réfugiés... Martin Schulz : Nous critiquons là où nous croyons que la Turquie ne respecte pas les règles internationales mais il y a aussi un élément où il faut être très très franc, c'est la raison pour laquelle je réponds à votre question. J'étais en Turquie, j'ai visité plusieurs camps de réfugiés en Turquie. Je souhaiterais que dans certains états membres, les réfugiés soient traités comme en Turquie. Ça c'est une critique qui n'est pas du tout justifiée. Dans les camps de réfugiés en Turquie, la Turquie fait le maximum pour accompagner les réfugiés. Isabelle Kumar : Mais un des effets de cette crise des réfugiés ce sont les murs qui s'érigent partout en Europe pour arrêter l'afflux de ces personnes. Est-ce que cela fait partie de notre paysage européen ? Que pouvez-vous faire contre ces murs ? Martin Schulz : On a besoin de protection de nos frontières extérieures, avec les règles qui s'appliquent en traitant tout les cas individuellement. Ensuite on a besoin d'un système de relocalisation parmi les 28 états membres de l'Union européenne. Isabelle Kumar : Dans l'état actuel des choses... Martin Schulz : Non non non... Attendez, ce n'est absolument pas l'état que nous avons. Si vous avez 1 million de réfugiés et vous le répartissez parmi les 28 état membres et 500 millions d'habitants ça ne pose aucun problème. Isabelle Kumar : Ça c'était le plan A qui n'a pas fonctionné... Martin Schulz : Parce que la majorité des états membres ne participent pas à la re-localisation pour ces états qui participent comme l'Allemagne, comme la Grêce, comme l'Italie. Ça pose pour eux problème. La question n'est pas l'Europe. La question est le nationalisme de quelques gouvernements. Et je reviens à votre premiere question, ça c'est exactement ce qui mène l'Europe dans la crise, quelques gouvernements qui ne participent pas à la re-localisation, qui posent le problème par leur action nationaliste ensuite disent l'Europe est incapable de résoudre la crise migratoire, c'est d'un cynisme sans précédent. Isabelle Kumar : Je reviens à ma question : ces murs sont là et ils vont rester pour l'instant parce que vous n'avez pas de solution à la crise migratoire ? Martin Schulz : Votre question est justifiée. Il y a, c'est vrai, visiblement une majorité, ou peut-être la moitié au moins des états membres qui disent que c'est un problème allemand, nous n'avons rien à faire avec ça. C'est lamentable parce que le prix n'est ni payé par vous, ni payé par moi. Il est payé par les réfugiés. Isabelle Kumar : Alors vous avez mentionné les forces eurosceptiques, nous avons parlé du paysage européen maintenant vous devez faire avec, vous devez travailler avec ces forces eurosceptiques car elles font maintenant parti du paysage traditionnel politique maintenant ? Comment travailler avec eux ? Martin Schulz : Traditionnel non. Isabelle Kumar : Ils ont quitté les marges et maintenant ils font partie de... Martin Schulz : Mais ce n'est pas la tradition européenne d'être xénophobe, raciste, anti-européen... Isabelle Kumar : Est-ce que ça le devient? Martin Schulz : Ils sont très audibles, ils font beaucoup de bruit mais ils ne représentent pas du tout la majorité. Vous avez quand même ici au Parlement européen, 650 députés, 650 je répète le chiffre, qui sont pro-européens, ça veut dire que l'écrasante majorité est pro-europénne. Je refuse que ceux qui font le plus grand bruit soient considérés comme la majorité. Isabelle Kumar : Il y a aussi des partis eurosceptiques qui gagnent des élections en Europe ? Martin Schulz : Non ils ne gagnent pas d'élections. Isabelle Kumar : Vous vous inquiétez pour ces chiffres croissants ? Martin Schulz : Si on laisse ouvert le créneau a ceux qui font le plus grand bruit, ça veut dire, que si la majorité silencieuse ne se mobilise pas, ils vont finalement arriver où ils veulent, gouverner les pays. Donc ma stratégie est tout d'abord de dire : vous n'êtes pas la majorité, et deuxièmement de mobiliser la majorité contre eux. Isabelle Kumar : Toutes ces crises sont liées. Est-ce que le terrorisme dit 'd'orgine intérieure', où les citoyens se retournent contre les leurs seraient une représentation physique de l'un des plus graves échecs de l'Europe ? Martin Schulz : Pourquoi c'est un échec de l'Europe ? Isabelle Kumar : Parce que ce sont des citoyens de l'Europe qui se tournent contre leurs concitoyens ? Martin Schulz : Je ne crois pas que c'est contre vous ou contre moi. C'est contre un système, contre un style de vie mais l'Europe n'est pas responsable pour les banlieues à Paris. L'UE n'a pas créé Molenbeek. Alors ils se tournent peut-être contre notre modèle de la vie européenne. Par ailleurs, Marine Le Pen fait la même chose. Elle dénie notre modèle européen. Il n'y a pas seulement ces gens qui sont contre l'Europe. On ne peut pas dire : tout ce qui fonctionne en Europe, c'est le gouvernement dans les capitales nationales. Ce qui ne fonctionne pas, c'est l'Europe. Non ce n'est pas un échec de l'union européenne mais peut-être une attaque contre la société européenne. Là je partage votre opinion mais encore une fois, cette société européenne est menacée de différents côtés. Isabelle Kumar : Nous venons de fêter la journée de l'Europe, c'est un gros mot pour certains. George Kozi pose cette question. 'Pourquoi, vous, les dirigeants européens, faites-vous un si mauvais travail de communication sur les bonnes choses qu'apporte l'UE ?' Martin Schulz : Je ne comprends pas la question. Je travaille du matin jusqu'au soir pour passer mon message constructif en Europe. Isabelle Kumar : Pourquoi votre message n'est-il pas entendu ? Martin Schulz : Je ne sais pas. Je ne peux pas vous répondre à ça. C'est une question que je trouve absolument injustifiée parce que mon message, c'est au moins mon sentiment, est reçu. Isabelle Kumar : Pourquoi vos arguments ne sont pas entendus ? Martin Schulz : Encore une fois je ne peux pas répondre à cette question par ce que je crois que cette question ne touche pas au noyau du problème. Le noyau dur du problème c'est que l'Union européenne n'est pas un état fédéral où la Commission est un gouvernement fédéral et moi le Président d'un parlement fédéral. Nous sommes une association, une union des états souverains avec des gouvernements nationaux. Et les gouvernements nationaux, en France, en Grande-Bretagne en particulier, ou en Allemagne, en Italie, ont toujours la même stratégie. En cas de succès, ils disent c'est nous. En cas d'échec, c'est l'Europe qui a échoué. Alors ça c'est un des plus grands problèmes pour passer un message positif parce que depuis 20 ans nous avons cette stratégie, le succès est nationalisé l'échec est européanisé. Et ça c'est peut-être ce pourquoi on me pose cette question. Isabelle Kumar : Passons à notre dernière question : nous avons étudié le futur de l'Europe... Et votre futur ? Vous allez terminer votre mandat qui est censé se terminer en 2017, coïncidence, c'est aussi l'année des élections fédérales en Allemagne... Friedel Koch vous demande : Martin Schulz : Qui ? Isabelle Kumar : Friedel Koch... Vous le connaissez ? Martin Schulz : Non non... Isabelle Kumar : Etes- vous prêt à devenir le prochain chancelier allemand ? Et je vous ai demandé de parler franchement en début d'interview, je vous le redemande... Martin Schulz : Tout d'abord je dois vous faire un compliment car je n'ai jamais entendu quelqu'un qui n'est pas Allemand qui propose le mot Koch d'une manière si précise... car c'est difficile. Donc je suis élu jusqu'en janvier 2017. Spéculer sur ce qui est en automne... Isabelle Kumar : Ce nest pas très loin ! Martin Schulz : Mais franchement ma réponse à votre question : nous discutons très vivement, c'est mon style, sur les problèmes graves de l'Europe. Je suis un président d'une institution européenne qui a pour devoir de sauver ce projet unique dans l'histoire de notre continent. Ma place est là pour sauver ce projet. Isabelle Kumar : 'Pour l'instant'... Alors ce n'est pas un non.... Martin Schulz : Ecoutez, dans la vie politique, vous le savez, comme Friedel Koch, une semaine aujourd'hui c'est comme une année dans le passé. Ma place est ici. J'ai travaillé toute ma vie politique dans la politique européenne. Isabelle Kumar : Merci.
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Le Premier ministre britannique a obtenu l'assentiment de ses 27 partenaires sur certaines réformes de l'Union européenne. Ce compromis est jugé suffisant par David Cameron pour soutenir le maintien du Royaume-Uni au sein de l'Union. Dans ce débat la crise des réfugiés pourrait avoir un impact considérable lors du référendum du 23 juin. Nous avons interrogé le président du Parlement européen, Martin Schulz. Euronews : " Ces négociations sur l'avenir du Royaume-Uni ont duré près de 30 heures. Est-ce qu'il fallait ces négociations marathon, alors que la crise migratoire frappe l'Union européenne? " Martin Schulz : " Je comprends très très bien cette question, surtout en voyant le désastre autour de toutes ces questions à propos des réfugiés. Mais, si un État membre de l'Union européenne qui est en même temps un membre du G7, membre avec un droit permanent de veto du Conseil de sécurité de l'ONU, dit - on veut en cas de non-accord éventuellement sortir de l'Union européenne - ce n'est pas rien. C'est une décision qui touche au noyau dur de la cohésion européenne, donc il faut prendre un peu de temps. Honnêtement, j'étais surpris que cela prenne seulement 30 heures! " Euronews : " La réponse est maintenant dans les mains des citoyens britanniques. Que va-t-il se passer si les électeurs britanniques votent non. Est-ce qu'on peut envisager une re-négociation de cet accord? " Martin Schulz : " Certainement pas. Cela est exclu, c'est exclu parce qu'il y a quelques États membres qui à la fin des négociations ont clairement dit que c'est une négociation pour la Grande-Bretagne. Si la Grande-Bretagne dit oui, c'est très bien et dans notre intérêt. Mais si la Grande-Bretagne vote non, il n'y a aucune re-négociation. C'est la décision de sortie. " Euronews : " La crise migratoire, l'avenir du Royaume-Uni au sein de l'Union européenne, est-ce que vous avez déjà rencontré une situation aussi difficile et dangereuse pour l'Europe? " Martin Schulz : " Jamais ! Je le répète et je l'ai dit à plusieurs reprises: l'Union européenne est profondément menacée. Jamais dans ma vie politique je n'ai vu une combinaison de problèmes si grave. Cela a créé vraiment un amalgame, même explosif et, encore une fois, c'est la raison pour laquelle il faut se rappeler que dans les moments de très grande tension, il ne faut pas devenir hystérique. Il faut rester calme et essayer de travailler un dossier après l'autre. "
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L'Union européenne a adopté différentes mesures pour répondre à la crise migratoire. Mais la mise en oeuvre de ces actions peine à se concrétiser. Euronews a interrogé le président du Parlement européen, Martin Schulz, afin de comprendre ces difficultés. *Martin Schulz* : " On a un défi global, il y a ceux en Europe, ici à Bruxelles, qui comme moi disent: il faut répondre à ce défi global, mondial, avec une réponse européenne et qui font des propositions très concrètes. Et il y a les autres qui disent: non, non, non, ce n'est pas l'Europe, c'est la nation, c'est l'État national qui doit répondre. Cela veut dire à un défi global on répond avec une mesure nationale. Prenons la Hongrie. Le Premier ministre hongrois lance un appel pour un référendum sur l'accueil des réfugiés, le chiffre réel pour la Hongrie est autour de 1 300 réfugiés. Il s'agit de 1 300 réfugiés et il dit : c'est trop, on ne peut pas l'accepter je fais un référendum. C'est une réponse populiste et nationaliste à un défi mondial. " Euronews : " Il faut trouver une autre réponse aux référendums nationaux ? " Martin Schulz : " Je vous donne un chiffre. Les 28 États membres de l'Union européenne comptent ensemble 508 millions d'habitants. Si vous répartissez un million de réfugiés parmi 508 millions d'habitants ça ne pose aucun problème. Si cela concerne seulement 1, 2 ou 3 pays alors ça pose des problèmes. Et ce que je trouve cynique, c'est ceux qui refusent de participer à la relocalisation, ils créent des problèmes pour les États. Et ensuite ils critiquent l'Europe d'être incapable de résoudre ce problème. C'est sans précédent dans la politique européenne. " Euronews : " A propos de la Turquie. Est-ce que selon vous Ankara applique comme il se doit le plan d'action commun qu'elle a signé avec l'Union européenne? " Martin Schulz : " Je ne suis pas sur place pour le vérifier. Mais les chiffres diminuent c'est un fait. La Turquie aide à mieux contrôler mais je crois qu'il faut renforcer les actions contre les trafiquants. De l'autre côté la Turquie a dû attendre un certain temps que l'Union européenne soit prête à mobiliser les trois milliards d'euros promis. Donc les deux côtés doivent se donner plus de peine pour appliquer les éléments de ce pacte. "
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David Cameron poursuit ses tractations en vue de renégocier les conditions d'adhésion du Royaume-Uni à l'Union européenne et ainsi éviter un 'Brexit'. A deux jours d'un sommet des 28 à Bruxelles, où il espère arracher un compromis, le Premier ministre britannique a rencontré ce matin le président du Parlement européen, qui devra se prononcer sur un éventuel accord. Martin Schulz se montre prudent : 'Je ne peux pas vous garantir que les négociations vont aboutir, dit-il. Cependant, il est tout à fait compréhensible que le Premier ministre britannique ait demandé au Parlement européen de coopérer autant que possible, et c'est la garantie que j'ai donnée à Monsieur Cameron que nous ferons le maximum pour trouver un accord équitable.' Hier David Cameron était à Paris où il s'est entretenu avec le président François Hollande. Des points de désaccord subsistent, en particulier sur la gouvernance économique. Le marathon diplomatique se poursuit pour David Cameron qui espère organiser dès cet été le référendum sur le maintien du Royaume-Uni dans l'UE.
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Le prix Sakharov a été remis ce mercredi au Parlement européen à l'épouse de Raif Badawi. Le blogueur saoudien est toujours emprisonné en Arabie Saoudite, il a été accusé d'atteinte aux valeurs de l'islam, et condamné à 10 ans de prison et 1000 coups de fouet. Martin Shulz a réclamé sa grâce.
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Athènes en a effet procédé à sa première relocalisation de migrants avec trente personnes parties au Luxembourg. Le président du Parlement européen et le commissaire européen à l'Immigration Dimitris Avramopoulos ont visité un camp de réfugiés installé en périphérie de la capitale grecque. 'Je crois qu'il est relativement facile de comprendre qu'il ne s'agit pas seulement d'un problème grec. C'est un problème commun et européen et on peut le résoudre en travaillant tous ensemble'. Pourtant, des manifestants proches de l'extrême-gauche grecque ont dénoncé cette visite et appelé à une véritable politique d'asile en Europe et à arrêter les guerres. Alors que le HCR a évalué à quelque 800.000 personnes le nombre d'entrées illégal dans l'UE cette année, la politique initiée par les Vingt-Huit prévoit de relocaliser sur deux ans 160.000 réfugiés syriens, érythréens et irakiens pour la plupart arrivés en Italie et en Grèce. En attendant, les réfugiés qui ont surmonté 'la périlleuse traversée en mer sont pris en charge par des bénévoles débordés dont la priorité est de leur fournir des vêtements et à manger' comme l'explique cette femme. Ces réfugiés afghans ont été installés dans un ancien complexe sportif ayant été utilisé lors des Jeux olympiques de 2004. 'La Grèce s'est engagée à accueillir plus de 50.000 réfugiés par an. Mais comme leur nombre augmente rapidement chaque jour, le gouvernement grec met en garde : si une solution n'est pas trouvée rapidement, il sera bientôt incapable de faire face à l'afflux des migrants depuis les rivages turcs, explique notre correspondant à Athènes, Stamatis Giannisis'.
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Martin Schulz, 57è lauréat du Prix Charlemagne, un prix attribué par la ville d'Aix-la-Chapelle aux artisans de l'unité européenne. Le Président du Parlement européen succède à l'ancien président du Conseil européen Herman Van Rompuy Le prix a été attribué à Martin Schulz pour ses efforts pour rendre le Parlement européen plus transparent, pour avoir renforcé le parlementarisme et la légitimation démocratique de l'Union européenne. Martin Schulz, président du Parlement européen : 'Je suis devenu président du Parlement européen parce que je voulais ouvrir ses portes et ses fenêtres pour que les gens puissent voir ce qui s'y passe, qu'ils comprennent ce qui s'y passe, qui fait quoi. Ce n'est qu'ainsi que nous pouvons regagner la confiance que nous avons perdu.' La remise du prix s'est déroulée devant un parterre de dirigeants européens, dont le président allemand Joachim Gauck et chef de l'État français François Hollande. Tous deux ont rendu hommage au récipiendaire, 'défenseur inlassable de l'idée de la démocratie'. Ils ont aussi lancé un avertissement face aux populistes qui, selon eux, menacent la construction européenne.
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En 2014, près de 900.000 demandes d'asile ont été faites dans les pays industrialisés, un record notamment dû aux conflits en Syrie et en Irak. Le Haut commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés, Antonio Guterres, était ce jeudi à Bruxelles pour appeler les Européens à ouvrir plus grand leurs portes. ' Je pense qu'il est important que l'Europe fasse plus pour offrir aux réfugiés syriens des opportunités de venir en Europe, a-t-il plaidé. Ce qui veut dire plus de réinstallations, plus d'admissions humanitaires, plus de flexibilité dans les politiques de visas et des programmes pour réunir les familles. Si l'on veut limiter l'activité des trafiquants, nous devons créer plus de couloirs légaux pour que les Syriens rejoignent l'Europe en toute sécurité. ' 1,6 millions de Syriens se sont réfugiés en Turquie. Plus de 200.000 vivent dans des camps comme celui de Tilis, une ville frontalière où s'est rendu le Président du Parlement européen, Martin Schulz. ' Ce qui me touche et parfois j'en ai honte, dit-il, c'est la façon dont la question des réfugiés est discutée dans nos pays, l'Allemagne et bien d'autres pays européens. Quand 30.000 ou 40.000 réfugiés arrivent dans un pays de 82 millions d'habitants et qu'ici vous avez 120.000 réfugiés dans une ville de 100.000 habitants, et quand je vois comment ils sont pris en charge, je tire mon chapeau. ' Quatre ans après le début de la guerre, plus de 3 millions de Syriens ont quitté leur pays, ce qui en fait la plus importante population de réfugiés au monde après les Palestiniens. D'après des chiffres du HCR datant de l'été 2014, l'Europe en a accueilli environ 130.000.
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Au lendemain de la décision de la Commission européenne de donner deux ans de plus à la France pour réduire son déficit, euronews a demandé au président du Parlement européen s'il y avait une différence de traitement entre la France et la Grèce. ' La France fait beaucoup pour réduire son déficit public. Il y a un programme de 50 milliards d'euros pour réduire les dépenses en France. Les gens qui manifestent dans les rues ne manifestent pas contre le gouvernement parce qu'il leur fait des cadeaux. La France est aussi sous surveillance budgétaire et il n'y a pas de différence de traitement ', a assuré Martin Schulz. Le social-démocrate allemand a ainsi rappelé que 240 milliards d'euros avaient été prêtés à la Grèce depuis 2010 et a évoqué le problème de l'évasion fiscale. ' La Grèce n'est pas un pays qui a été mal traité. Il y a eu beaucoup de solidarité envers la Grèce. Mais il n'y a pas eu de solidarité à l'intérieur du pays. Les citoyens ordinaires, les jeunes, les retraités, les employés ont payé la facture pendant que des milliards étaient sortis du pays par des gens très riches et transférés dans des paradis fiscaux. C'est cela le scandale ', souligne-t-il. Un problème qui touche de nombreux pays européens et sur lequel une commission spéciale du Parlement européen va enquêter dans les prochains mois. C'est le français Alain Lamassoure qui la présidera, un eurodéputé spécialisé dans les questions financières et budgétaires.
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Trois visites-éclair à Bruxelles auprès des responsables des trois institutions européennes... De cette étape du marathon d'Alexis Tsipras, pas grand chose n'a filtré, si ce n'est l'idée d'un plan sur quatre ans qui combinerait de profondes réformes en Grèce et un allègement de ses obligations budgétaires. ' Je suis très optimiste sur le fait que nous ferons de notre mieux pour trouver une solution viable et acceptable dans l'intérêt de notre avenir commun ', a tenté de rassurer le Premier ministre grec. Je sais bien que l'histoire de l'Union européenne est jalonnée de désaccords, mais au final elle est aussi faite de compromis et d'accords. ' Pour l'eurodéputé grec Dimitrios Papadimoulis, les scénarios catastrophe qui précédaient la victoire de Syriza sont et seront démentis. ' Dix jours après les élections grecques, plus personne ne parle d'une sortie de la Grèce de la zone euro. Le gouvernement grec n'est pas isolé du tout et notre but n'est pas de former une alliance anti-germanique, mais une alliance et un accord commun qui aideront la Grèce et toute la zone euro à gagner de la croissance. ' Le coup d'envoi des tractations sur la restructuration de la dette est bel et bien donné. Le test majeur, ce sera la semaine prochaine, avec la réunion de l'Eurogroupe et le premier sommet européenne d'Alexis Tsipras.
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STRASBOURG - 30 JAN 2015 - Afin de discuter de l'actualité et de l'avenir de l'Europe, François Hollande a rencontré Angela Merkel ce vendredi dans un restaurant strasbourgeois. Les deux dirigeants ont été invités à Strasbourg par le président du Parlement européen Martin Schulz. Initialement prévu le 11 janvier, le dîner avait été reporté du fait des attentats en France et de la marche républicaine organisée ce jour-là à Paris, à laquelle Mme Merkel avait participé. Le président et la chancelière devaient avoir un échange sur les perspectives européennes, la sécurité, le terrorisme, mais aussi l'Ukraine et la Grèce.
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Le président du Parlement européen était l'invité du Grand Jury ce dimanche. Interrogé sur un possible renforcement de l'espace Schengen, Martin Schulz a affirmé que "la réintroduction des contrôles aux frontières ne résout pas le problème" de la sécurité.
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Touché par une motion de censure, déposée par les europhobes après les révélations sur le scandale LuxLeaks, le président de la Commission Jean-Claude Juncker a vu le président du Parlement européen Martin Schulz le rassurer. "Elle ne trouvera certainement pas de majorité ici", a-t-il déclaré.
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Alors que certains politiques ont critiqué la visite du pape François à Strasbourg, où il a donné deux discours, le président du Parlement européen Martin Schulz a répondu aux attaques en pointant directement le député européen Jean-Luc Mélenchon.
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Martin Schulz, le candidat du Parti socialiste européen à la présidence de la Commission européenne, était l'invité de BFMTV vendredi 23 mai à quelques heures de la fin de la campagne pour les élections européennes.
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Martin Schulz, président du Parlement européen et candidat à la présidence de la Commission européenne, répond aux questions de Ruth Elkrief sur sa candidature à la présidence de la Commission européenne. Il est assez optimiste que le Parti socialiste va faire un score beaucoup mieux que dans les sondages.
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Interview de Martin Schulz, élu Président du Parlement européen, dans le cadre des élections européennes lors de sa visite à Brest.
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Cet social-démocrate allemand nous livre une analyse sur la Syrie et les difficultés des Européens à adopter une position commune et nous parle de la reprise de la croissance économique. Le...
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